• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Sixto Rodriguez : on était au concert de "Sugar Man" au Zénith

sixto rodriguez

Suite au succès mondial du documentaire "Searching for Sugar Man" de Malik Bendjelloul, Sixto Rodriguez est remonté sur scène quelques quarante ans après les enregistrements de ses chansons folks. Pour son premier concert parisien au Zénith, on était là.

Le management de Sixto Diaz Rodriguez avait décidé d'annuler les concerts de la première semaine de la tournée européenne du chanteur et guitariste américain, révélé en 2012 par le film documentaire Searching for Sugar Man, de Malik Bendjelloul, afin de "préserver la santé" de ce dernier. Idole en Afrique du Sud pendant quarante ans, "Sugar Man" sortait enfin de son anonymat à 70 ans pour offrir au public ses titres folk aux faux airs de Dylan. Hier soir lundi 3 juin, quand on arrive au Zénith de Paris pour la première de ses trois dates parisiennes, c'est une salle comble déjà conquise par la bande originale du documentaire, disque d'or en France, qui l'attend patiemment.

Ceux qui l'entourent sont malins : arrivés tous ensemble sur scène, on ne s'est pas tout de suite rendu compte que déjà, ils tenaient le chanteur Sixto Rodriguez par le bras tant il semblait avoir des difficultés à marcher. Pantalon en cuir, chapeau noir, lunettes de soleil en toutes circonstances, c'est bien Rodriguez qui est là devant nous. Mais en quelques minutes, chantant avec peu d'entrain et d'intimité ses balades folks, on a le sentiment que Rodriguez est pressé, et on essaie de se raccrocher à la magie du documentaire qui a fait de lui une idole ex nihilo, ou presque. Malgré une retransmission catastrophique de la part du Zénith qui montre Rodriguez sur écran géant avec quelques micros secondes de retard, qui suffisent hélas à donner un sentiment de play-back, Rodriguez est content d'être en France et de chanter devant un public français. Vacillant, il entame alors une reprise en anglais de notre fameux La vie en rose avant de raconter, en américain à peine articulé, une blague sur Minnie et Mickey. Comprend qui peut !

Autour de lui, ses excellents musiciens tentent tant bien que mal de rattraper ses accords. En attendant, Rodriguez a soif et veut du vin, on lui apporte ; et c'est reparti pour quelques autres chansons, avec des reprises (une de Elvis, Blue Suede Shoes, peut-être pour chauffer un Zénith tiède et enfin Love Me or Leave Me de Nina Simone, si catastrophique qu'on en était mal à l'aise…). Au-delà de sa prestation moyenne peut-être due à son âge, ou au fait que sa vie n'a pas été faite de scènes, on peut reprocher la production du concert, avec une structure ultra perfectionnée pour un interprète-musicien qui l'est moins. Hésitant au milieu des lumières et des professionnels, on se surprend à rêver de lui en unplugged, où au moins ses maladresses et approximations pourraient avoir du charme en acoustique… Même lorsque son crew entame la fameuse ligne de basse qui donne toute sa théâtralité au documentaire, signant le grand retour de Rodriguez en Afrique du Sud en 1998, au Zénith de Paris la référence fait pâle. Il en faudra plus pour faire vibrer le public français…

Mais Sixto a chanté jusqu'au bout, nous a donné des conseils ("la haine c'est trop d'énergie dépensée pour quelqu'un qu'on n'aime pas, et "ne soyez pas des amants silencieux") et il a même osé le rappel (toujours escorté par deux personnes à chaque entrée et sortie de scène), un joint à la main. Rendant un ultime hommage à Bob Dylan avec une reprise machée de Like A Rolling Stone, le concert prend fin. Finalement, en sortant, on se dit qu'on ne peut pas lui en tenir rigueur. Car comme on a pu entendre derrière nous dans la foule, en sortant : "Franchement, c'était pas mal, pour un mec de 70 ans complètement déchiré !" Et ce n'est pas faux.

LIRE LA SUITE
Bethsabée Krivoshey
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.