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Psy : l'homme derrière "Gangnam Style"

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Derrière l'effet tube de l'été, le contrat avec Universal et la sortie imminente d'un nouveau single (possiblement en anglais), Psy, c'est qui en fait ? Pas celui qu'on croit, en tous cas...

A moins d'avoir passé l'été et l'automne dans un sous-marin au large de la côte bretonne, vous avez forcément entendu/vu/dansé sur "Gangnam Style", le premier titre du millénaire de pop coréenne à s'être simultanément classé au sommet des charts en Asie, aux Etats-Unis et en Europe. A l'origine de ce succès totalement imprévisible : un clip coloré et décalé dans la grande tradition K-pop, une chanson saveur LMFAO pile dans l'air du temps, et Psy, un gars rondouillard auquel tout le monde peut s'identifier.
 

Un électron libre
Le clip est déjà entré dans la légende : son esthétique, parodiée et détournée jusqu'à plus soif aux quatre coins du globe, en a fait la vidéo la plus aimée de l'histoire de YouTube. "Daebak !", comme disent les coréens ("Victoire !"). Pourtant, le chanteur ne correspond pas aux standards de la K-pop, et il le sait bien : il profite alors de son succès pour composer des titres pour d'autres et surfer sur son image de trublion déglingo, comme dans "Champion", sample du thème du "Flic de Beverly Hills", ou des reprises échevelées de Lady Gaga et de Beyoncé que le public adore. Un de ses succès récents s'appelle notamment "Right Now" (2010). Mais ironiquement, il ne fait pas (encore) le poids face aux groupes d'idols ultra-calibrés qui inondent le marché et rencontrent un succès phénoménal.

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Bizarre, mais poli
Un sourire omniprésent, une allure de bon vivant et un goût prononcé pour l'humour limite : Psy ne s'est jamais pris au sérieux, ce qui détonne particulièrement dans le monde policé de la K-pop, à tel point qu'on l'a surnommé, à l'époque de ses débuts, "Bizarre Singer". Le rappeur est également un pur produit asiatique, où l'humilité est vue comme une vertu cardinale. Ainsi, lors de ses premiers pas aux Etats-Unis suite au buzz Gangnam Style, les spectateurs découvrent un homme poli, à cheval (sic.) sur les convenances : invité au Ellen DeGeneres Show, il demande la possibilité de se présenter au public avant d'expliquer la fameuse danse.

Et lorsque les paparazzis indélicats de TMZ l'apostrophent dans la rue à coups de "Hey Psy, do the dance, come on !", le chanteur fait preuve d'une classe et d'une gentillesse que peu d'autres stars auraient montré dans la même situation.
 

 

Triomphe d'un outsider
En 2003, Psy part faire son service militaire, un devoir toujours obligatoire pour les hommes coréens, en guerre avec leurs voisins du Nord. Expérience en demi-teinte : il est sommé, pour cause de "manquements" (traduction : glande, détente et cigarette qui font rire), de rempiler pour deux ans de plus. Aujourd'hui, conscient de son laxisme relatif, ce papa de jumelles explique ressentir le besoin d'être un bon père de famille. On l'a pourtant aperçu dans la piscine de Scooter Braun, le manager de Justin Bieber et l'artisan des multiples apparitions de Psy dans les médias américains...

Contre toute attente, signe des temps, Psy-le-chanteur-normal est devenu porte-drapeau de son pays à travers le monde, entre Samsung, le kimchi et le cinéma d'auteur. Et si Nagui passe sa chanson dans son émission, c'est qu'il a définitivement touché le cœur du Français moyen.
 



"On m'a décrit souvent comme un artiste de seconde catégorie. J'adore cette définition !", ironise le chanteur. Car Gangnam, c'est son bébé. Il a tout pensé : le concept, une satire de la vie du quartier le plus huppé de Séoul (le sud de la rivière Gangnam), où le bling-bling et la chirurgie esthétique font florès et où certaines filles se nourrissent exclusivement de pâtes à l'eau pour pouvoir se payer de la fringue de marque ; la célèbre chorégraphie du jockey sur son cheval est aussi l'œuvre de Psy.

En bonus, Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l'ONU himself, a avoué être fier du succès de Gangnam Style. Et Psy d'enfin devenir une star en son pays, subjugué par le retour de l'enfant prodige. Finalement, cette chanson composée comme un tube léger, estival et très pittoresque est un succès à l'échelle planétaire.

En Corée, c'est le retour en terre promise, avec concerts maousses à la clé. A l'université de Kyonggi, la voix de Psy est couverte par les chants des fans. Le 4 octobre, la circulation en ville est arrêtée et le parterre du Seoul Plaza tremble sous les cris des 80 000 spectateurs hystériques qui reprennent "Gangnam Style" en choeur.



Tube de l'été ou carrière internationale ?
Le succès a laissé des traces dans le petit monde de la K-pop : un ancien collaborateur de Psy a lâché une série de tweets amers en expliquant que son pote lui avait tout piqué. Il a depuis quitté le pays sous la vindicte populaire : pas touche au nouveau héros national. JY Park, le fondateur de la troisième agence musicale du pays, a lui pris un congé sabbatique en Israël pour comprendre comment Psy a réussi où lui a échoué (son groupe Wonder Girls a passé deux ans aux Etats-Unis pour tenter de percer, sans succès). Et peut-être digérer d'avoir eu l'idée de parodier un quartier de Séoul un an avant Psy...
 

Psy, lui, semble avoir quelques pistes pour expliquer cette fièvre planétaire : "Je ne suis pas beau, je ne suis pas grand, je ne suis pas musclé, je ne suis pas mince... Mais je suis là". "Gangnam Style" n'est-il que la Macarena des années 10 ou le symptôme d'un changement de perspective de l'industrie musicale mainstream ? Est-ce le début de la globalisation de la kpop, ou une simple aubaine pour les Occidentaux de se moquer d'un petit gros qui chante dans une langue qu'ils ne comprennent pas ?

Les prochaines semaines, avec en point d'orgue les MTV Europe Music Awards pour lesquels Psy est nominé dans la catégorie "Meilleure vidéo de l'année", ne manqueront pas de nous éclairer...

A voir aussi sur Glamour.fr : "10 raison de découvrir la K-pop".
 

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Mélanie Wanga
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