• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

On y était : le concert de Lana Del Rey

Lana

Lundi soir, le premier concert français de Lana Del Rey, chanteuse controversée de la génération Facebook, avait lieu au Nouveau Casino à Paris. Retour sur cette performance furtive.

21 heures, les projecteurs s'allument, Lana va entrer en scène. La salle est bondée, à tel point qu'on grimpe sur les tables et les fauteuils pour espérer voir quelque chose. Pour ce premier concert en France, tout le monde attend la jolie (fausse) rousse au tournant.

Il faut dire qu'on en a dit des choses sur Lana Del Rey ces dernières semaines. D'abord sur ses lèvres, botoxées, devenues la marque de fabrique de cette New-yorkaise de 25 ans qui n'hésite pas à les exhiber fièrement en faisant la moue dans ses clips home-made. Ensuite sur le personnage en lui-même, prénommé encore Lizzy Grant il y a quelques années et dont le premier album relativement insignifiant sortait grâce à un producteur douteux. Aujourd'hui, Lizzy Grant est bien enterrée. Mais Lana, elle, est devenue une véritable star dont les places de concert valent de l'or, une héroïne du Web grâce à deux morceaux bien rodés : Blue Jeans et Video Games.

Moulée dans une robe blanche sexy et méticuleusement permanentée, elle s'avance timidement dans la lumière. Elle est très belle, même avec ses lèvres retouchées qui paraissent finalement plus naturelles que sur les vidéos. Plusieurs fois elle tire sur le bas de sa robe, comme si elle était gênée qu'elle soit si courte. Lana n'est pas très loquace. Elle enchaîne les morceaux en prononçant uniquement leurs titres. On découvre China Doll, Born To Die, Radio, et le très bon Million Dollar Man, réussite vocale du concert où ses habituels sauts de voix (tantôt très suave, tantôt très enfantine) se justifient. Pas mal de faussetés tout de même, mais au fil du show, on la sent plus assurée, en tout cas bien plus qu'à la télévision britannique, chez Jools Holland le 13 octobre dernier (vidéo ci-dessous). A un moment, elle s'aventure même à enchainer plus de trois mots : "Je suis vraiment heureuse d'être ici, à Paris. Cette ville m'a beaucoup inspirée pour mon album. C'est vrai." Etrangement, quand elle ne chante pas, sa voix se rapproche plus de celle d'une fillette timide que celle d'une "Gangsta Nancy Sinatra". (suite page suivante)
 

Lana est souvent agaçante, certes, mais se montre tout aussi souvent touchante. Quand les premières notes de Blue Jeans et Video Games retentissent et que la foule l'acclame, elle ne peut s'empêcher de sourire. En réalité, c'est quand on lui montre qu'on l'aime qu'elle semble prendre le plus de plaisir. Un "Lana, we love you !" s'échappe, elle rougit et ne répond pas grand chose, satisfaite.

Au dessus de sa tête, pendant tout le concert, des écrans diffusent des images furtives d'une Amérique filmée en Super 8 : des palmiers de Beverly Hills, la devanture du Château Marmont, des attroupements de paparazzis, les étoiles des trottoirs d’Hollywood Boulevard, des jeunes en culotte courte qui batifolent... Bien sûr, on retrouve aussi ces images controversées de Lana qui minaude devant sa webcam, et, comme un manifeste, beaucoup d'extraits où se dandinent les pin-ups des cartoons, comme Jessica Rabbit. Lana nous fait un peu penser à Jessica Rabbit finalement, chanteuse de cabaret irréelle à la voix rauque, à la chevelure rousse et à la bouche pulpeuse, personnage de fiction inaccessible dont le but ultime est d'être une star et un objet de fantasme.

Après 25 minutes de concert seulement, Lana sort de scène avant la fin de son dernier morceau, laissant ses musiciens en plan sans même les saluer. Ils continuent à jouer tandis que le public rappelle désespérément sa star. "Love you guys", a t-elle dit avant de nous abandonner trop tôt. On croit au rappel, mais les lumières se rallument. On reste sur notre faim. Car même si Lana est comme un beau gâteau industriel un peu trop sucré, on en aurait bien mangé encore un peu.

Lana Del Rey, premier album à paraître en janvier 2012 (Polydor). En concert mardi 8 au Silencio.

LIRE LA SUITE
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.