• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Olivia Ruiz : "Il faut savoir laisser son public respirer"

Olivia Ruiz 2012

A l’occasion de la sortie de son quatrième album, "Le Calme Et La Tempête", on a interviewé la jolie brune de Carcassonne dans un troquet du 18ème arrondissement. Rencontre réchauffante autour d’un café.

J’ai lu quelque part que tu avais laissé passer du temps avant de sortir cet album "par peur de saouler les gens". Tu avais vraiment cette appréhension ?
C’est vrai que ces dernières années, j’ai été très présente. Je trouvais que c’était plutôt sage de m’éclipser un temps pour repartir du bon pied avec des choses nouvelles. Je voulais éviter à tout prix le côté : "Je suis là pour être là, pour qu’on ne m’oublie pas". Je pense que c’est aussi bien de laisser son public respirer. Et puis j’avais besoin de me retrouver, de ressortir dans mon coin des choses qui dormaient depuis trop longtemps dans les tiroirs. D’écrire, de voyager, bref, de vivre un peu finalement ! Je suis allée à Cuba, à Bogota, à Los Angeles…

Les studios, la scène, ça t’a manqué ?
Pas vraiment, aussi parce que ces choses-là n’ont pas eu le temps de manquer : j’ai tourné le film Un jour mon père viendra (une comédie de Martin Valente avec Gérard Jugnot et François Berléand), j’ai joué avec un big band, j’ai tourné à l’étranger avec mon groupe… J’ai aussi écrit mon nouvel album pendant tout ce temps. En réalité, je n’ai jamais perdu le contact avec la scène durant ces deux ans.

Ton single s’intitule "My Lomo & Me (Je Photographie Des Gens Heureux)". C’est vrai ça, tu traques le bonheur avec ton appareil photo ?
Oula, non ! Rassurez-vous, je ne loue pas des chambres d’hôtel (comme dans son clip, ndlr.) pour aller épier des gens dans leur intimité. La fille qui photographie ces gens heureux, c’est en fait un personnage que j’avais depuis très longtemps en tête, celui d’une voyeuse, mais dans le "joli sens du terme". Je me suis aussi inspirée de ma passion pour la photographie au Lomo, mais dans la réalité, je photographie plutôt des objets, des textures…

La Lomographie, c’est donc une autre de tes passions ?
Oui, j’adore ça. Ca fait à peu près 7 ans que je m’y suis mise. Petit à petit, j’ai trouvé le modèle de Lomo qui me correspondait le plus. J’adore travailler les superpositions, jouer avec les couches, faire ressortir les ambiguïtés d’une image. Et c’est à force de travailler avec mon Lomo que j’ai eu envie de parler de cette voyeuse attachante et pas simplement "vicieuse". Dans mes chansons, je reviens très souvent sur cette proximité entre les notions de Bien et de Mal. C’est peut-être à force de trop regarder des séries comme Dexter ou Luther, dans lesquelles les personnages principaux sont des gentils-méchants, ou l’inverse ! J’aime les choses qui ont l’air très moche et qui finalement recèlent une vraie beauté. On comprend que cette voyeuse a tellement peur d’être aimée qu’elle trouve son bonheur dans celui des autres. Sauf que le bonheur, ce n’est pas forcément deux personnes qui se tiennent la main ou qui se sourient dans la rue. Un couple qui se fera la gueule au restaurant est peut-être dix fois plus heureux qu’eux ! J’aime rappeler qu’il faut mettre de la distance entre sa perception des choses et la réalité. On est tous aimés par quelqu’un et on est aussi tous le con de quelqu’un !

Ton album s’intitule Le Calme Et La Tempête. Encore des opposés qui s’attirent ?
Oui, c’est un peu ça. Pour moi, c’était évident de rattacher ces deux notions. On peut trouver de la sérénité dans des choses très violentes et du désespoir dans des choses très gaies. Le Calme Et La Tempête, c’est la vie en général. (Voir page suivante)                                                                                                                                                                                                                    

Dans le clip de "My Lomo & Me", on peut apercevoir un couple de personnes âgées qui s’embrasse à sa fenêtre. Quand on repense à certains de tes morceaux  (Pas si vieille, Les vieux amoureux, J'traîne des pieds…), on se dit que tu as un amour tout particulier pour les "petits vieux", non ?
C’est vrai que j’ai un truc bizarre avec les petits vieux. Et les gosses. Je ne sais vraiment pas pourquoi mais j’ai comme une espèce de connexion avec les personnes âgés ou au contraire très jeunes. Je me suis par exemple fait des amis d’abord parce j’avais un rapport particulier avec leurs enfants. Je ne sais pas, c’est peut-être parce que je suis quelqu’un d’assez "coquin", et qu’à ces âges-là, on est plus malicieux. Je suis aussi assez maternelle et les anciens doivent le sentir. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi, mais il se passe quelque chose, c’est sûr !

Tu te sens en accord avec ton âge ?
Oui, totalement. Mais vous savez, tout dépend des moments : quand je me lève et que j’ai picolé la veille, je me sens très vieille ! Quand je suis avec des enfants, je peux totalement régresser, et quand je suis avec des anciens, je peux me sentir aussi très jeune, très inexpérimentée…

Tu penses que tu seras quel genre de grand-mère ?
J’ai l’impression que je serais une grand-mère copine. Quand je vois ma mère, ça me donne une petite idée. Je serais probablement un peu plus sévère qu’elle, car elle nous a toujours laissé très libres mon frère et moi. C’est une femme très moderne, pas vraiment attachée aux règles. J’hériterai probablement de son côté maternel et rassurant, de son sens de la famille. Je ris beaucoup avec elle, c’est la première personne dont j’attends le coup de fil le 1er avril pour voir encore quelle connerie elle va me sortir ! Elle vanne aussi tout le temps mes potes… Bref, j’imagine que je serais un peu comme elle : déconnante, enveloppante, affectueuse.

Et dans un peu moins longtemps, disons 10 ans, tu te vois où ?
Je n’en ai aucune idée et j’aime l’idée de n’en avoir aucune idée ! Aujourd’hui, je suis capable de vous dire ce que je vais faire jour par jour jusqu’en… juin 2013. Et j’ai les grandes lignes de mon agenda jusqu’à la mi-2014. Je déteste ce manque de spontanéité. Je suis obligée de me dégager coûte que coûte du temps libre durant lequel je sais pas ce qu’il va se passer. Il le faut, sinon ça m’angoisse terriblement. J’aime partir en voyage à l’improviste, seule, sans savoir où je vais passer la nuit. Le meilleur moment, c’est quand je me retrouve dans un aéroport inconnu avec cet espèce de vertige.

Tu pars donc souvent seule ?
Oui, ça m’arrive régulièrement depuis quelques années. Déjà parce que j’aime ça mais aussi parce que mes potes bossent. Quand je pars, c’est toujours à la dernière minute car je ne peux pas trop savoir quand mes plages temps libres vont arriver. Il suffit que mon batteur soit malade ou que quelque chose s’annule pour que je puisse sauter dans l’avion. La plupart de mes copines travaillent et sont mamans, donc ce n’est pas évident…

Tu sais déjà quelle est ta prochaine destination ?
Le Brésil ! J’y vais en janvier pour voir ma belle-sœur et mon petit frère qui réalisent un documentaire sur le thème de la folie autour du monde et des soins qu’on y apporte selon les pays. Ils sont psychothérapeutes tous les deux, et s’intéressent aussi bien aux médecins qu’aux chamanes ou guérisseurs en tous genres. Je ne peux pas passer un an sans voir mon frère. Et cette fois, j’embarque aussi mes parents ! Je nous ai trouvé un appart très chouette au milieu d’une forêt de bambous. C’est ma petite carotte en ce moment, j’ai hâte...

Si tu devais faire la bande-originale de ta vie, quels artistes tu choisirais ? Attention, pas plus de 5 !
Oh, c’est dur ! Dyonisos, Patti Smith, Les Têtes Raides, Noir Désir et le tandem Bregovic-Kusturica.

Le Calme et La Tempête d'Olivia Ruiz, Polydor/Universal, à paraître le 3 décembre.

LIRE LA SUITE
Marine Benoit
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.