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Musique : 6 chanteuses qui se réinventent

Quand la folkeuse devient chanteuse orientale ou diva jazzy, la rockeuse une pop star en puissance… Après nous avoir séduites sous une première identité, elles reviennent transformées – pour le meilleur.

Emily Loizeau, crédit : Micky Clement

Emily Loizeau, l’envol vers la comédie enchantée

Il y a quelques mois, la française s’isolait en résidence au 104, à Paris, pour y écrire son nouveau projet. Ni un album, ni une pièce de théâtre, Mona est un mélange des deux. L’héroïne est née avec le “masque de la vieillesse et qui flétrit à vue d’œil?“, façon L’Etrange Histoire de Benjamin Button, et, tandis que son propre corps se remplit d’eau, un bateau subit les bombardements durant la Seconde Guerre Mondiale dans un récit parallèle... En résulte un disque surprenant, qui s’ouvre sur la mélancolie de “Sombre printemps“ et de “8 weeks old“ (l’anglais et le français se mêlent facilement chez Emily) pour laisser place à la lumière sur “Fond de l’eau“ ou “Who’s in on the phone ?“ Les treize titres ont été réalisés sous la houlette du génial Renaud Letang, qui a collaboré avec Feist, Alain Souchon, Emilie Simon ou encore les Naive New Beaters. Après l’avoir présenté avec succès au début de l’année au 104, Emily Loizeau jouera Mona sur la scène de la Cigale le 10 novembre prochain.

Emily Loizeau, Mona (Polydor), sortie le 27 mai



Yelli Yelli, crédit : Alexandra-Reghiou

Yelli Yelli, retour aux sources orientales

Quand elle était enfant, son grand-père l’appelait “yelli“ : “la fillette“. Elevée en banlieue parisienne sans faire trop de démonstrations sur ses origines (kabyles du côté de sa mère, tchèques du côté de son père), Emilie Hanak choisit très vite la musique et se lance sous le nom de Milkymee, entre électro, pop et rock. Lorsqu’elle aborde la trentaine, le désir de revenir aux sources la saisit. Et voilà que sous le nom de Yelli Yelli, elle signe Terre de mon poème, son plus bel album à ce jour, dont le folk polyglotte est tricoté de mélodies et paroles kabyles et co-produit avec le multi-instrumentiste anglo-italien Piers Faccini. C’est aussi son plus personnel puisqu’elle y parle de sa famille (“Yemma évoque sa mère), et, surtout de son rapport au pays de ses ancêtres (“L’Algérie“, “Land and Country“). On danse sur “Achnou“ ou “No One Ever Returns“, malgré la mélancolie des textes, on rêvasse sur “Azzad“ et “Terre de mon poème“… Beau mélange !

Yelli Yelli, Terre de mon poème (Beating Drum), disponible.

Las Aves, le phénix pop

Il était une fois un groupe de rock toulousain qui s’appelait The Dodoz. Il y a deux ans, ils décident de s’auto saboter pour mieux se reconstruire sous l’identité de Las Aves : “après 10 ans, 2 albums et plus de 200 concerts, on est désolés de vous annoncer que The Dodoz n'existe plus. Ce fût la meilleure et la plus folle expérience qu'on n'ait jamais eue, et on est extrêmement heureux de l'avoir partagée avec vous. Merci. Du fond du cœur. See you soon“, annonçait à l’époque le quatuor. Qui avait déjà son idée en tête, celle d’exploiter une pop multicolore et protéiforme.
En résulte ce faux premier album, Die in Shanghai, où on redécouvre la voix de Géraldine Baux, la chanteuse de The Dodoz qui, pour Las Aves, devient une véritable icône pop moderne. “Leo“, “First Aid Blanket“, “Gasoline“, on ne compte plus les tubes qui font danser dès les premières secondes notes. Le tout est produit par la moitié de The Do, le surdoué Dan Levy, et l’identité visuelle confiée à des pointures du domaine comme Ferry Gouw (Major Lazer) et Focus Creeps (Arctic Monkeys).

Las Aves, Die in Shanghai (Cinq 7 /Wagram), sortie le 27 mai.

Rosemary Standley, crédit : LoLL WILLEMS

Rosemary Standley, révélation d’une diva

Voici enfin le disque concluant trois ans de tournée, durant laquelle la chanteuse de Moriarty s’est entièrement immergée dans un nouveau rôle : celui d’une star de music-hall reprenant les plus grandes chansons du monde. Mis en scène par la metteur en scène d’opéra Juliette Deschamps, A Queen of Heart offre un hommage vibrant au songwriting qui a façonné le XXe siècle, de Nina Simone à Alain Bashung en passant par Peggy Lee, The Beatles et Nancy Sinatra. Un tour de chant d’un chic fou, où l’on découvre que miss Standley assure très bien sans sa fine équipe… et exploite au maximum sa double identité, française et américaine. Via des versions ultra épurées façon piano-voix, on redécouvre donc les puissances émotionnelles de “Porque Te Vas“, “La Nuit je mens“ ou encore “India Song“. Ou comment passer du folk collectif de Moriarty à une démonstration solo jazzy, sans avoir l’air d’y toucher…

Rosemary Standley, A Queen of Hearts (Jazz Village), disponible.

Kristin Control, crédit : Jimmy Fontaine

Kristin Kontrol, retour dans les eighties

Si son nom ne vous dit rien, c’est normal. Jusqu’ici, on la connaissait sous le patronyme de Dee Dee, flamboyante meneuse du groupe de rock garage les Dum Dum Girls. Or, vu qu’elle s’ennuie vite, celle qui est née Kristin Gundred et qui s’est mariée avec Brandon Welchez (du groupe Crocodiles) a décidé de se lancer en solo pour un projet nettement plus pop. Fini les rugissements à la Courtney Love. Bien que la guitare prenne toujours beaucoup de place, on pense ici à la Madonna des années 80, à Janet Jackson, à Debbie Harry ou à Cyndi Lauper. De “Show Me“ à "Smoke Rings" en passant par le tube en puissance "X-Communicate", on évolue dans une atmosphère eighties sous influence new wave et R‘n’B assez sexy et encanaillée. Et, malgré le total look black tendance gothique de Kristin, ça roule comme sur des roulettes. Voilà une transformation réussie !

Kristin Kontrol, X-Communicate (Sub Pop / Pias), sortie le 27 mai.

Mohini Geiweiller, de l’électroclash à l’électrochic

On l’avait découverte en 2011 avec Event Horizon, sublime album d’électro-folk contemplative, avec son drôle de minois et son étrange prénom indien (Mohini Geisweiller a grandi dans une secte survivaliste). Aujourd’hui, elle revient sans avoir changé de prime abord – on reste dans une musique synthétique, mélodique et onirique – mais sa voix est plus affirmée, ses beats plus radicaux, ses atmosphères plus cinématographiques encore.
Mohini a mûri, et sait nous faire voyager encore plus loin en conjuguant ce qu’elle a toujours aimé : les rythmes électro du clubbing berlinois et les ritournelles du folk américain. Elle nous offre de vraies merveilles pop comme “Nigthclubbers“, “Sleepless Eyes“ et “Element“, qui, chacune à leur manière, retracent le chemin parcouru par cette nomade solitaire qui, après s’être exilée à Los Angeles, a enregistré ce second album à Copenhague. Entre soleil et brume, Sidération porte bien son nom : il nous épate.

Mohini Geiweiller, Sidération (Sony Music/Columbia), sortie le 27 mai

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Sophie Rosemont
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