L'album de la semaine : "Super Welter" de Raphaël

A 36 ans, le chanteur au visage d’ange sort aujourd’hui un 6ème album, "Super Welter", réalisé avec l’un des membres des Shoes. Décrit comme son meilleur disque par la critique, on vous donne les ingrédients de ce retour en force.

Raphael
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De la sueur et des tatouages
Après les coureurs olympiques ringards du clip de "Jersey" des Naïve New Beaters, et, plus récemment, les méchants bikeurs de "Ride" de Lana del Rey, on dirait bien que les activités physiques old-school ont le vent en poupe. C’est au tour de Raphaël de réhabiliter un sport pittoresque : la boxe, fil d’Ariane de ce nouvel album, qu’il pratique aussi dans la vraie vie depuis plusieurs mois dans la catégorie "Super Welter" (tiens, tiens), soit celle des moins de 69 kg. Exit le couvre-chef de Gavroche et la guitare sur l’épaule, dans le clip de "Manager", Raphaël se fait tatouer à l’arrache et porte une casquette estampillée du groupe punk-rock "Ramones". "Un boxeur et un chanteur vivent des parcours parfois assez similaires, avec des tops et des flops", a-t-il déclaré dans une interview accordée au Parisien. Une comparaison parlante pour ce chanteur qui n’a jamais su dépasser le succès de son premier album Caravane et briser l’image de minet qu’il traine depuis. Les ambiances prolos, nouveau chic ?

Un collaborateur en vogue
Quoi de mieux qu’un bon copain musicien qui a la côte pour donner un nouveau souffle à sa musique ? Pour cet album, Raphaël s’est entouré de Benjamin Lebeau, moitié du groupe électro-pop de The Shoes. Avec lui, pas de pression en studio, mais plutôt de la bidouille et des bonnes bouteilles jusqu’au petit matin. Super Welter sonne définitivement barré par moments, avec ses nombreuses (et étranges) ruptures rythmiques et ses touches électro dignes des tubes les obscurs des années 80. Alors que Raphaël confiait vouloir au départ "un disque folk, comme un truc dans une cabane au fond des bois avec juste une guitare où on entendrait le chant des oiseaux et le sabot des chevaux", on est plutôt ravies d’entendre ce résultat surprenant.

Du cocooning
Après cinq albums enregistrés dans les conditions optimum des studios pros, Raphaël a confié avoir voulu s’affranchir d’un certain confort pour revenir à une musique plus spontanée et primitive. Pour la première fois, c’est à la maison, ou presque (dans un petit appartement à deux pas de chez lui) qu’il a travaillé, avec "un petit micro", "dans une pièce avec des fenêtres", autrement dit dans des conditions "interdites en enregistrement". La voix, plus posée, suave et moins chevrotante, nous semble aussi plus proche. Paroxysme du côté intimiste de cet album : il se refuse à le jouer en public. "Il faut partir pour 60-80 dates et je n'ai pas trop envie de ça". On l’aura compris, avec Super Welter, Raphaël s’abandonne et se fait plaisir, au point d’invoquer l’un des fantômes de la chanson française qu’il respecte le plus, sans peur de la comparaison : Alain Bashung.
 



Super Welter de Raphaël, EMI, paru le 22 octobre.