L’album de la semaine : "Shields" de Grizzly Bear

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Grizzly Bear
© Grizzly Bear/Pitchfork/DR -

Consacré en 2009 avec leur troisième album (Veckatimest) comme l’un de groupes pop les plus brillants du moment, Grizzly Bear, tout droit sorti du bouillonnant Brooklyn, est assurément le rendez-vous musique de cette semaine.

Après une belle programmation en première partie de Radiohead, une signature chez le prestigieux label Warp, de multiples apparitions sur les plateaux-télé les plus populaires des Etats-Unis et une bonne réputation auprès du tout-puissant Jay-Z, ces quatre musiciens à l’humilité touchante et à l’imagination débordante étaient largement attendus au tournant avec ce quatrième album, Shields. Et la stupeur est grande : Shields relève encore le niveau. On le devine rien qu’à l’écoute du titre d’ouverture, Sleeping Ute, délire pop schizophrène qui tire de nombreuses ficelles en même temps.

Les guitares et les claviers sont raffinés, la voix plus claire et plus puissante, les références assumées ; on pense bien sûr aux Beatles, mais aussi aux compos en clair-obscur d’Elliott Smith ou, plus récemment, de Zach Condon de Beirut. Grizzly Bear nous balade plus gaiment qu’à l’accoutumée dans son univers surpeuplé de fantômes qui ne font pas bien peur. Il aura fallu trois ans pour finaliser ce dernier opus, entre des projets solos à achever, des retrouvailles au Texas, et une bonne remise au travail dans la maison de Cape Cod, celle de la mère d’Ed Droste, le chanteur.

Finalement, le travail, surtout quand il est réalisé par des orfèvres, a payé. Un album à écouter sans plus attendre, au moment du coucher et sans modération.

Shields de Grizzly Bear, Warp/Differ-Ant, paru le 17 septembre.