L’album de la semaine : “Push And Shove” de No Doubt

Onze ans après leur dernier album, le groupe mythique des années 1990 mené par la belle Gwen Stefani revient gonflé à bloc. Mais musicalement, ça donne quoi ?

Cover No Doubt
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Onze ans de silence, ça fait long. Mais Gwen Stefani, épuisée après un énième album avec le groupe en 2001, deux albums solo, deux tournées et deux bébés, avait bien besoin de ce temps-là. Aujourd’hui, elle le concède, se remettre au travail - et surtout trouver l’inspiration - n’a pas été chose facile. Co-écrit avec son bassiste, Tony Kanal, Push And Shove est né doucement, lentement, presque laborieusement : "On se retrouvait vers 16h, rien ne se passait avant le coucher du soleil, mais on faisait semblant, on essayait quelques trucs. Et puis vers 21h, pendant 15 minutes, quelque chose de magique se produisait. C'était vraiment lent", raconte-t-elle. Débutée en 2010, l’écriture de ce nouvel album aura donc duré de longs mois. Et ça se ressent.

Soyons honnêtes : le titre éponyme et single de l’album qui n’arrive qu’en quatrième position ("Push And Shove"), composé avec Major Lazer (MIA, Santigold et Beyoncé...), est une épreuve pour nos oreilles avec ses rythmes ska-ragga dance hall et ses cuivres hésitants. "Easy" s’apparente un peu à de la soupe réchauffée, et "Gravity" à la même soupe servie le surlendemain. Heureusement, d’autres morceaux évoquent le No Doubt qu’on a aimé et nous font inexorablement bouger la tête (et le booty, un peu) : "Settle Down", en ouverture, tient ses promesses, tout comme "One More Summer" et ses guitares west-coast, même si le morceau démarre mieux qu’il ne finit.

Après tout, si tout dans Push And Shove n’est pas du meilleur goût, on se réjouit en écoutant de nouveau, après tant de temps, la voix de Gwen qui a bercé l’adolescence d’un bon nombre d’entre nous. Et on peut dire que la personnalité d’un tel groupe, contrairement à celle de l’album, quasi inexistante, sauve les meubles. Surtout celle de Gwen, en fait.

Push And Shove de No Doubt, Polydor/Universal, paru le 24 septembre.