L’album de la semaine : "Girl On Fire", d’Alicia Keys

Après un mariage et un bébé en 2010, l’une des soul-girls les plus puissantes des Etats-Unis est de retour avec un cinquième album très attendu. Verdict.

Alicia Keys
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Depuis son dernier album, The Element of Freedom, sorti quelques mois à peine après son entêtant duo avec Jay-Z, “Empire State of Mind”, Alicia Keys avait fait apparemment le choix (gagnant) d’enchaîner les duos à gros budget, comme avec le chanteur canadien Drake pour le titre Un-Thinkable (I'm Ready) ou encore avec Beyoncé pour Put It in a Love Song.

Terminés les featuring et les couches-culotte, la diva soul revient en force avec Girl On Fire, un album aux allures de bulldozer, comme le laisse présager son single éponyme, un duo bien léché avec la rappeuse aux cheveux roses Nicki Minaj sur lequel Alicia donne tout vocalement. Assurément, celui-là, on le chantera cet hiver à tue-tête sur la route des sports d’hiver. Pourtant, à notre grande surprise, l’album s’ouvre sur un délicat instrumental au piano, qui nous rappelle qu’Alicia est d’abord une pianiste de talent. S’en suit un titre plutôt touchant, "Brand New Me", qui ne tombe pas encore dans le sirupeux, et un "When it’s all over" qui nous fait relativement opiner du chef… jusqu’à ce qu’on arrive à la fin du morceau : tout s’écroule quand la diva devient une mère-gaga qui peut s’empêcher de faire ânonner à son jeune fils des "I love you" et autres niaiseries qui nous mettent un peu mal à l’aise.

Puis viennent les sans intérêt "Listen To Your Heart", pseudo bande-son de film érotique arrangée à la mauvaise sauce soul, "New Day", qui ressemble à du Beyoncé bon marché, et "Fire We Make", concentration ultime de gémissements et de vibes fatigantes. Heureusement, Alicia nous rattrape in extremis avec "Tears Always Win" et "Not Even The King", deux ballades qui invoquent avec humilité les fantômes de la vraie soul music. Inutile de s’étendre plus : jusqu’à la fin de l’album, nos oreilles seront promenées entre les terres du mauvais goût et de plus jolis paysages. Bon point, le dernier morceau, piano-voix poignant, nous laisse une agréable sensation.

Un disque inégal pour cette diva nouvelle génération donc. Si sa voix est très fréquemment noyée dans des reverbs dignes de la cathérale de Reims, elle reste d’une pureté et d’une puissance incontestable. Et même si Alicia n’aura pas su nous convaincre sur toute la ligne, on est certaines que pour les amateurs du genre, Girl On Fire tiendra ses promesses.



Girl On Fire d'Alicia Keys, Columbia/Sony, paru le 26 novembre.