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Keren Ann, des synthés et des pistolets

Keren Ann

La chanteuse israëlo-néerlandaise revient avec un sixième album pop et illuminé, un peu plus encanaillé.

Ca faisait 4 ans qu'on attendait ce nouvel album solo. Ca fait du bien de se recentrer sur soi-même ?
Oui, même si j'ai fait énormément de choses pendant ces dernières années (un projet, Lady & Bird, avec l’islandais Bardi Johannsson, l’écriture et la réalisation d’albums pour Emmanuelle Seigner et Sylvie Vartan, ou encore la bande-originale du film Thelma, Louise et Chantalsorti en 2010). En réalité, quand je fais un album, c'est que j'ai une envie de son. Bien sûr, des chansons, j'en écris tout le temps, ne serait-ce que des petits fragments que je mets de côté. Mais pour aller en studio et faire un album, il faut que j'ai un projet d'un point de vue production, que je vois les tons, les couleurs, les pigments de ce que j'ai envie d'entendre. Alors ces derniers temps, à chaque fois qu'on me demandait pour quand était prévu mon prochain album, je répondais : "Je ne sais pas, il faut je me mette la tête dans mes machines, que je trouve le son !".

Comment as-tu procédé pendant tout ce temps ? Les choses que tu composais pour toi, tu les mettais de côté ?
Quand je compose, il est clair que je savais d'avance quand tel ou tel morceau me sera destiné, tout simplement parce qu'ils sont parfois très personnels, comme All The Beautiful Girls, Blood On My Hands ou Strange Weather, ou qu'ils sont vraiment conçus en fonction de ma voix. Quand j'écris pour les autres, c'est pour des personnes en particulier, je ne cherche pas dans mes tiroirs en me disant : "Tiens, ce truc collerait bien avec elle". Oui, je peux dire que j'ai composé des morceaux pour moi seule au même titre que j'ai composé pour Sylvie Vartan et personne d'autre.
 


Keren Ann - My name is trouble
envoyé par EMI_Music. - Regardez d'autres vidéos de musique.
 

On a quand même l'impression qu'avec 101, tu as pris un tournant, autant musicalement qu'esthétiquement...
D'un point de vue de la production, il y avait plein de choses que j'avais pu faire pour les autres mais que je n'avais jamais fait pour moi. Bien sûr, j'ai mon style d'écriture et une tessiture qui me  correspont, dans laquelle je suis à l'aise. Avec 101, j'ai voulu essayer des choses, m'aventurer vers d'autres horizons vocaux. Pour justifier le côté plus pop de l'album, je crois que j'avais aussi une envie de chansons catchy, qui certes existaient déjà sur d'autres albums mais qui n'avaient pas ce petit coté "gangster au féminin".  Esthétiquement, là aussi j'avais des envies très précises.  Je voulais vraiment créer ce personnage iconique, entre femme fatale et bandit. Et même si elle tient ce revolver, ce très bel objet romancé par le cinéma, elle reste une gangster tendre dans le regard. Pour le clip, là aussi j'avais une idée de départ. Je voulais quelque chose de très sectaire, de très robotique. Et de très mode aussi. Car même si je m'intéresse à la mode depuis des années, j'ai toujours préféré dépenser une grosse somme pour un compresseur ou une guitare plutôt qu'une robe. Là, pour une fois, j'ai carrément demandé à un créateur, Alexandre Vauthier en l'occurrence, de me créer une robe spécialement pour le clip, très proche de son univers.

Et parle-nous un peu de cette coupe au bol que tu portes dans le clip.
C'est une coupe de cheveux que j'ai eu plein de fois et que j'adore. Je voulais exactement celle-ci pour le clip, mais j'ai mis tellement de temps à avoir à nouveau les cheveux longs que j'ai opté pour une perruque. Je ne voulais plus les faire couper, c'était trop triste (rires).

Toi qui bouges et compose partout à travers le monde, quel est le parcours de cet album ?
C'est marrant parce que finalement, je crois que j'en reviens toujours à New-York. Je peux dire que celui-ci aussi s'inscrit dans un environnement très urbain. Je l'ai composé entre mars et septembre dernier, à chaque moment de libre que j'avais, entre Tel-Aviv, Paris et Reykjavik, dans mes studios.
Un peu comme d'habitude, finalement !
 

Et pourquoi "101" ?
101 a toujours été mon chiffre fétiche. D'abord, en hébreu, mes initiales équivalent au chiffre 101. Dans la Bible, dont je suis une grande admiratrice d'un point de vue fictionnel, j'aime aussi particulièrement le psaume 101, qui est un psaume de chant et de justice et qui parle de l'empathie pour les gangsters. Graphiquement, il m'intrigue et va bien avec ma vie : ces deux barres droites séparées par cette rondeur du zéro. En fait, je crois que je suis assez "101" dans le relationnel (rires). A l'origine, "101" était uniquement le titre de la chanson dont j'ai eu l'idée en descendant du 101ème étage du Tapei 101, un building de Tapei. Finalement, ce morceau représente tellement l'état d'esprit dans lequel j'ai conçu cet album que je ne pouvais pas ne pas l'appeler comme ça.

Sur ton site internet, tu as mis à la disposition des internautes les pistes de My Name Is Trouble pour qu'ils puissent en faire des remix. Pourquoi cette démarche ?
J'avais une idée très précise de cette chanson, qui existe finalement telle que moi je la veux. Je trouve ça super de pouvoir être en interaction avec les gens qui s'intéressent à ma musique. Ca me permet aussi d'en avoir des lectures différentes, et de partager avec ce public autre chose que des concerts. Jusqu'à présent, une cinquantaine de remix ont été postés, et je dirais qu'il y en a au moins 10 que j'adore.

Et en ce moment alors, dans quel endroit du globe tu vis ?
En ce moment, je reviens enfin dormir dans mon lit à Paris ! Officiellement, je partage mon temps entre Paris et Tel-Aviv, même si en vrai, je dois passer autant de temps à New-York qu'à Tel-Aviv.  Mais l'opéra que j'écris actuellement avec  Bardi (Red Waters) et prévu pour 2011 me demande d'être plus souvent à Paris ces jours-ci. Je crois que j'ai autant de besoin de ces trois villes dans ma vie. Quand je suis à New-York, j'ai envie d'être à Paris, quand je suis à Tel-Aviv, j'ai envie d'être à New-York, etc. C'est toujours la même chose...


Et qu'y a-t-il dans l'Ipod de Keren Ann ? Pour le savoir, cliquez ici.

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Marine Benoit
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