Un apéro à Calvi avec The Shoes

The Shoes aka Guillaume Brière et Benjamin Lebeau, est un duo électro rémois discret, mais déciment épatant. On les a rencontré au festival de Calvi on the Rocks, le temps de boire une ou deux Pietra, la bière locale.

Leurs visages ne nous sont pas familiers et pourtant, les Shoes ont rempli à l’aise l’Olympia le 13 juin dernier, ont produit des tubes pour Shakira, le prochain album de Raphaël, et dernièrement celui du dernier prodige dans le vent, Woodkid. Entre deux bières corses et une partie de pétanque, on a réussi à se faufiler et à leur poser quelques questions, face à la mer.

Comment vous vivez ce festival de Calvi ? C’est comme des vacances, pas trop dur la mer et le soleil ?
Benjamin : Non, les vacances c’est quand on ne touche pas un instrument. Mais c’est vrai que l’ambiance est super ici : l’avantage c’est que tu croises les artistes dans un autre contexte, le cadre est différent. On sympathise avec des mecs qu’on n'a pas l’habitude de croiser, à la caisse au supermarché !

C’est votre deuxième festival de Calvi on the Rocks... Quel est votre meilleur souvenir de Calvi ?
Guillaume : Moi j’en sais rien, la dernière fois je venais de me faire opérer, j’étais shooté à la codéine, donc j’en ai un souvenir très agréable, mais très diffus !
Benjamin : Moi c’était avec Lionel (Bensemoun, l’un des organisateurs du festival, qui s’occupe entre autres du Baron à Paris avec André), il m’avait ramené à la fin d’une soirée sur son quad, on était cinq dessus, on a bien rigolé, il prenait les marches du village et tout… C’est le Mac Gyver de Calvi !

C’est quoi pour vous la chanson qui représente le plus Calvi on the Rocks ?
Guillaume : Dj Muvrini ! (rires). Non, plutôt J’aime regarder les filles de Patrick Coutin !

Quel est votre coup de cœur musical du moment ? 
Dernièrement c’est Kindness, et le dernier album de Para One, absolument génial. On adore ce qu’il fait, il est chic et talentueux.

Vous venez de produire l’EP de Woodkid… Cela fait quoi d'avoir un tel succès ?
Benjamin : On ne savait pas qu’il allait si bien marcher... On a simplement produit l’album et le premier EP.
Guillaume : Je corrige toujours mais il faut préciser : avec Woodkid, on coproduit, il a déjà beaucoup d’idées, il sait exactement ce qu’il veut, on a un cahier des charges assez précis et il nous ramène des super démos, c’est un surdoué… Alors nous on s’occupe d’ajouter des harmonies, de peaufiner, mais fondamentalement on travaille vraiment ensemble.

Depuis combien de temps vous formez The Shoes ? 
Guillaume : Depuis très longtemps, on se connaît depuis qu’on a dix ans, on a commencé la musique à 18 ans, après un petit groupe de punk quand on avait 14 ans… Les Napas.
Benjamin : On s’appelait les Napas parce qu’on n’avait pas de nom. Une fille nous avait demandé notre nom, et le batteur avait répondu "n’a pas". C’était resté.

Et The Shoes, ce nom, il vient d’où ?
Guillaume : On n’aime pas notre nom, il date de l’époque de Myspace, cette préhistoire, on avait mis ce nom-là en attendant d’en trouver un mieux, avec une photo de nos chaussures, mais le buzz s’est lancé avant qu’on ait le temps de changer de nom. On ne voulait pas montrer nos têtes, alors on a pris nos Vans en photo.
Benjamin : Et pour l’anecdote, en fait The Shoes, c’est aussi le premier nom des Beatles. Ils avaient hésité entre les Beatles et The Shoes… Donc c’est un peu chic quand même !
Guillaume : Oui, il y a une vidéo de Paul McCartney où un présentateur, alors qu’ils sont très jeunes, leur demande pourquoi ce nom des Beatles, et ils répondent qu’il avaient hésité avec The Shoes.

Et c’est quoi pour vous un concert réussi ?
Guillaume : C’est un concert où les gens dansent ! C’est trop bizarre quand ils nous regardent, stoïques. Le pire, c’est que ça ne veut pas forcément dire qu’ils n’aiment pas, au contraire, mais on préfère quand même quand ça bouge.

Parlons un peu de votre dernier buzz, le clip Time to dance, avec Jake Gyllenhaal en killer. Comment c’est possible, ce casting ?



Guillaume : Daniel Wolfe a toujours voulu faire un court-métrage avec une star hollywoodienne, Jake –ouais, on l’appelle Jake ! le connaissait et était d’accord, alors il est venu à Londres tourner le clip, tout simplement.
Benjamin : Ca reste surréaliste pour nous ! Aujourd’hui encore, on a l’impression qu’on a mis notre musique sur un court-métrage, on oublie que le clip a été fait spécialement pour nous.

Et comment s’est passée votre collaboration avec le chanteur Raphaël ?
Benjamin : On a voulu lui faire un son disco frenchy de type Beau Bizarre, l’album culte de Christophe. Ca va être surprenant, on l’a fini. Mais là, on arrête un peu la production pour faire notre deuxième album. On vient de produire The Aikiu aussi… (Dont le dernier clip, Pieces of gold, vient de buzzer sur internet, ndlr.)

Sinon, vous partez où cet été ?
Benjamin : C’est indiscret comme question ! On va prendre une voiture avec ma chérie et partir je ne sais pas où. Guillaume, il veut louer une maison mais là c’est mort, il ne va pas trouver… Je sens qu’il va finir à l’arrière de notre voiture ! Vaut mieux pas.

C’est quoi les chansons incontournables d’une bonne playlist de voiture ?
Benjamin : Une chanson de Belle and Sebastian.
Guillaume : Ah oui, tu m’as fait pleuré l’autre jour en mettant ça.
Benjamin : Puis un Pixies.
Guillaume : Et un bon vieux Al Green.
Benjamin : Ah oui ! mais il faut une décapotable pour Al Green, obligé.
Guillaume : Et un bon vieux morceau de rap un peu sale, genre Kris Kross.

Et vous vous voyez comment dans 10 ans ?
Guillaume : Je me pose la question tous les jours ! Déjà, pas sur scène, c‘est sûr, on produira les autres mais on se produira plus.
Benjamin : Moi, je me vois bien éleveur de chèvres à faire du bruccio, du fromage corse.
Guillaume : Elle m’a angoissé ta question, ça me fait flipper ! On était pourtant bien, là, sous le soleil de Calvi !