Interview : Julia Stone se livre

By The Horns, second album solo de l'Australienne Julia Stone, est sorti le 31 mai dernier. Au programme, un duo avec Benjamin Biolay, de l'amour et beaucoup d'introspection. Rencontre avec cette artiste douce et sensible.

Julia Stone
© Bec Parsons et Bartolomeo Celestino -

Comment s'est faite cette collaboration avec Benjamin Biolay ?
Je voulais vraiment faire un duo avec un artiste français. Comme j'avais beaucoup chanté avec Angus auparavant (quand elle formait le duo Angus & Julia Stone avec son frère), j'étais plus tentée par les collaborations avec des filles pour By The Horns. Au début, je me disais : "Oh, il y a tellement de Françaises talentueuses... Comment choisir ?" L'un de mes amis qui je crois avait déjà travaillé avec le manager de Benjamin Biolay m'a envoyé un jour un lien vers le clip de l'un de ses morceaux, celui où une femme danse d'une manière très émouvante (La Superbe, ndlr.). Et je me suis dit : "Mmm... Il est beau !" Et je sentais que nos deux voix, vraiment extrêmes, allaient se marier à merveille. J'ai dit à mon ami que je voulais travailler avec lui. Benjamin a accepté, on s'est envoyés quelques mails... Et quand on s'est enfin rencontrés à Paris, il m'a montré ce qu'il avait composé. Le soir suivant, on allait en studio l'enregistrer. J'adore ces rencontres entre personnes de cultures différentes, qui parlent une langue différente. Il y a toujours quelque chose de touchant, de magique. En tous cas, j'adorerais savoir parler français. Chanter en français a été un pur plaisir pour moi.  
 



Parle-moi de ton nouvel album, de ce qu'il raconte, et de l'état d'esprit dans lequel tu étais quand tu l'as enregistré...
Ca a été très excitant pour moi d'enregistrer mon premier album solo, The Memory Machine. Pour By The Horn, ça a surtout été moins stressant. Je l'ai écrit en deux-semaines et demi. Pour l'enregistrement, ça a pris une semaine. Je crois qu'à cette période, où je vivais néanmoins plein de jolies choses, j'ai eu plusieurs fois un sentiment de fatigue intense. Comme si malgré si toute la beauté du monde autour de moi, ma seule envie était de m'endormir profondément et de ne plus réfléchir. Je suis restée très longtemps en couple avec le batteur de mon groupe. On était ensemble depuis l'âge de 16 ans, donc autant dire qu'il fut ma grande histoire d'amour jusqu'à présent. Il est parti, et pour la première fois de ma jeune vie, je me retrouvais seule. Je n'avais pas envie de connaitre autre chose, je voulais juste m'enfuir loin. J'ai commencé à m'enfermer dans mes rêves, à me couper un peu de la réalité. J'étais tout le temps dans la lune, même quand je rencontrais quelqu'un de nouveau, dans ma vie privée ou dans mon travail. Et puis je me suis dit qu'il fallait que je me sorte de ce sommeil constant, que je commençais vraiment à me perdre.