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Interview : Brigitte, le retour du duo chic et choc

Interview : Brigitte, le retour du duo chic et choc

Brigitte revient avec un 2ème album nommé "A Bouche que veux Tu". L’occasion pour nous d’aller découvrir qui se cache derrière ce mystérieux prénom. Aurélie Saada et Sylvie Hoarau, sont à l’image de leur musique : brillantes, glamour et ultra-féminines.

Brigitte, pourquoi avoir choisi ce prénom ?

Aurélie : On l’aime, car c’est le prénom de la boulangère, de la dame de la cantine ou d’une tante. Mais il évoque aussi des femmes comme Brigitte Bardot, Brigitte Lahaie ou Brigitte Fontaine. C’est un prénom magique, extrêmement féminin, très français. Brigitte, c’est toutes les femmes. Brigitte, c’est la maman et la putain.

Le titre de votre nouvel album (et d’un des morceaux) A Bouche Que veux Tu, est aussi sensuel que vos chansons. Comment l’avez-vous choisi ?

Sylvie : Au départ, on devait appeler l’album Bouche, car on a beaucoup utilisé ce mot dans tous nos textes. Mais quand on est tombée sur cette expression qui signifie "abondamment", on l’a trouvée très belle, très sensuelle, très parlante. Elle s’est donc imposée à nous.

Lorsqu’on a eu autant de succès avec un premier album, on compose le deuxième avec une grosse pression, non ?

Aurélie : Déjà, on ne réalise toujours pas qu’on a vendu autant de disques et que nos concerts étaient aussi pleins. On n’en revient pas. Et si tu te mets la pression, cela signifie que tu as envie de plaire, que tu te plies au désir des autres. C’est donc la fin de la liberté. Mais nous, on tient trop à notre liberté. Donc on a juste cherché à écrire des choses qui nous plaisaient à toutes les deux avant tout.

Justement, on ressent une grande liberté dans ce nouveau disque…

Aurélie : Oui, c’est vrai. Il y a des morceaux qui durent plus de six minutes, certains qui commencent en slow et qui se terminent en disco. On a aussi mélangé des sonorités africaines avec des cuivres et des cordes. Bref, si on avait demandé la permission, on nous aurait dit que cela n’était pas faisable !

Ces sonorités disco sont très présentes dans l’album et le clip de "A Bouche Que Veux-Tu" fleure bon le rétro, le vintage. Etes-vous des nostalgiques des seventies ?

Sylvie : Oui, clairement. Le disco, c’est notre enfance. Et s’il est très présent sur cet album, c’est aussi parce que c’est la suite logique du précédent. Déjà, le morceau "Oh la la"  présent sur le dernier disque était disco et dansant. Et puis on adore danser, sur scène, mais aussi avant et après la scène… On met la musique à fond dans les loges et on s’éclate sur Michael Jackson ou Diana Ross. On a fait la musique qu’on avait envie d’écouter.

"Oh la la" extrait de l'album Et vous, tu m'aimes de Brigitte, Wagram.

C’est aussi un album extrêmement féminin…

Aurélie : Oui, on l’a fait en imaginant les femmes des photos d’Helmut Newton, hyper sexy, fortes et belles, les personnages féminins de films de Brian De Palma, ou encore les créatures qui débarquaient au Studio 54 en 1980 avec leurs grandes boucles d’oreilles et leurs tenues strassées… On a aussi pensé à la force et la beauté des nanas qui s’abandonnent et se marrent sur un dancefloors. Donc cet album se balade dans pleins de styles musicaux et correspond à la vision qu’on a de la femme, et qu’on avait déjà quand on était petite.

Quelle était cette vision de la femme que vous aviez, enfants ?

Aurélie : Donna Summer par exemple, que l’on regardait à la télévision Ou ma mère, à la fois psychanaliste et reine des dancefloors…  On avait déjà cette image du féminin, en même temps très puissant et merveilleux. On adore les femmes, et je pense que cela s’entend sur ce disque.

Les histoires  que vous nous racontez dans des morceaux comme "Echappée Belle" ou  "Le déclin", c’est du 100% vécu ?

Sylvie : (Rires) A ton avis ?...

Aurélie : On n’a jamais été capables d’inventer quoi que ce soit… (Rires)

Racontez-nous votre rencontre…

Sylvie : C’est un ami musicien qui nous a présentées. Il se trouve qu’Aurélie et moi habitons dans le même quartier autour de Pigalle. On s’est d’abord retrouvée autour d’apéros, nous allions voir les concerts de l’une et de l’autre. Puis on a travaillé ensemble sur l’album d’Aurélie, ça s’est très bien passé. Et un jour, elle m’appelle et me propose un déjeuner. Je me doutais qu’elle allait me demander quelque chose… Je ne m’étais pas trompée, puisqu’à la fin du repas, comme une demande en mariage, elle m’a lancé un "Est-ce que tu veux faire groupe avec moi ?" (Rires) Je n’ai même pas eu besoin que l’information monte à mon cerveau, j’ai dit oui.

Comment se sont passés les débuts de Brigitte ?

Aurélie : On avait envie de se débrouiller toutes seules, vraiment. Et on l’a fait. On a installé tous les logiciels, on s’est mises à des instruments que l’on connaissait peu et on a tout composé, enregistré, arrangé. Dans le premier album, sur des titres comme "Battez-vous", si on écoute bien, on entend les cris de ma fille car il nous est arrivé de  faire des prises de voix dans mon salon. Parfois même pendant que j’allaitais.

"Battez-vous" extrait de l'album Et vous, tu m'aimes de Brigitte, Wagram.

Sur cet album, vos voix ne font plus qu’une, à tel point qu’on a du mal à les dissocier…

Sylvie : Mais nous non plus on n’arrive parfois pas à savoir qui de nous deux chante ! Il nous arrive d’écouter un enregistrement et on ne sait plus à qui appartient la voix, c’est dingue.

Vous faites donc tout ensemble, jusqu’à devenir jumelles dans le look. Arrive-t-il que ce soit compliqué ?

Aurélie : La force de Brigitte, c’est qu’on s’aime. On adore ce que fait l’autre. On sait la chance qu’on a de s’être rencontrée. On s’est rendue plus forte, plus jolie, plus indépendante l’une et l’autre.

Sylvie : Quand il nous arrive d’avoir des idées divergentes, très souvent, on change d’avis au même moment et on se le dit en même temps. On s’est choisie toutes les deux, donc non, ce n’est jamais compliqué.

Pourquoi jouer à fond cette carte de la gémellité ?

Sylvie : D’abord parce que ça nous fait rire ! Et puis on en avait marre d’être désignée comme "la brune et la blonde" à longueur de temps.

Aurélie : Brigitte c’est un groupe. Du coup ça nous fait marrer d’aller encore plus loin dans cette idée de ne faire qu’une.

Après "Battez-vous", on retrouve aujourd’hui un titre comme "Embrassez-vous" ; c’est  donc l’album de la réconciliation ?

Aurélie : Complètement. L’album précédent, c’était un combat, il fallait sortir de l’eau. A Bouche Que Veux Tu, lui, est épicurien, apaisé.

Vous êtes toutes les deux mamans ?

Aurélie : Oui, on a deux enfants chacune.

Sans être militantes, vos chansons incarnent un certain féminisme, notamment dans "Plurielles", le titre qui clôt cet album…

Sylvie : Ah bon, tu le ressens comme ça ? C’est vrai qu’on a envie d’être épanouies, et dans le travail, et en amour, et en famille… Mais on a été élevée comme ça par nos mamans, qui n’ont jamais cessé d’être des mères, des femmes, des amantes, des travailleuses, tout ça en même temps. Donc pour nous c’est normal.

Aurélie : Oui, et en plus de s’épanouir professionnellement, sentimentalement et en tant que mère, il y cette notion de désir féminin qui est important. Ca m’évoque le livre de Catherine Millet La vie sexuelle de Catherine M. ou les films de Breillat qui montrent ce désir féminin qui a été si longtemps étouffé, caché, retenu. Ces femmes osent en parler. Mais, dans le féminisme, il y a cette notion de se positionner "contre"; nous, on se positionne "pour".

Que pensez-vous de ce soi-disant nouveau courant féministe incarné par des artistes telles que Beyoncé ou Miley Cyrus ?

Aurélie : C’est très bizarre. J’ai l’impression que tout cela est très marketé. J’aime beaucoup Beyoncé, mais on dirait que c’est un prétexte, un ticket pour se mettre à poil. Mais fous-toi à poil parce que ça te plaît avant tout ! C’est ça qui est important. Elle semble dire "je fais des bêtises, mais avec mon mari donc ça passe". Donc cela veut dire que nous ne sommes pas si libre que ça, encore une fois. Madonna, elle, était vraiment provocante.

Le titre "Le Perchoir" semble avoir plusieurs niveaux de lecture. Mais de qui parlez-vous vraiment ?

Aurélie : Dans ce titre, on a voulu parler d’hommes qu’on a rencontré dans nos vies professionnelles et sentimentales et qui étaient très, très fiers. Des sortes de rois, des coqs, dont l’orgueil nous a fait marrer. Un jour, un journaliste nous dit que cette chanson lui évoque une figure paternaliste. Là, ça a fait tilt dans nos têtes car toutes les deux, on a une histoire particulière avec nos pères. On a compris qu’inconsciemment, cette chanson était en fait une "spéciale dédicace" pour eux… (rires)

Quels sont vos coups de cœur musicaux du moment ?

Aurélie : Je me suis acheté l’album d’Adrien Gallo le jour de sa sortie. Je trouve que ce mec a un talent fou.

"Crocodile" extrait de l'album Gemini d'Adrien Gallo, Warner.

Sylvie : J’ai le sentiment que cet artiste va compter. J’ai ressenti la même chose lorsque j’ai découvert Camille pour la première fois.

Hormis la tournée qui arrive, quels sont vos projets ?

Aurélie : On monte un projet qui s’appelle Suivez Cette Fille, qui rassemblera une compil' et des petits films pour présenter chacune d’elle. On y retrouvera des artistes que l’on aime beaucoup comme Ornette, Chat, Juliette Armanet, Natalia Moscou, Pepper Island et le groupe Junior.

Aurélie, c’est toi qui a réalisé le sublime clip de "A Bouche Que Veux Tu" ; tu vas aussi t’occuper de ces vidéos ?

Aurélie : Oui, en effet. C’est ma passion undercover depuis un moment … (Rires)

"A Bouche que Veux Tu" du groupe Brigitte, Columbia, 15,99 €.

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Julie Pujols Benoit
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