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Il est comment le nouveau Kanye West ?

Il est comment le nouveau Kanye West ?

Le rappeur est de retour avec Yeezus, un opus sombre et bouillant. Serait-ce l’effet de la paternité ? En tout cas, Kanye n’a jamais été aussi hot. Explications.

Yeezus, c’est la contraction du surnom du rappeur "Yeezy" et du nom du Christ. Rien que ça. Comme à son habitude, Kanye West  fait dans la simplicité, quitte à (sobrement) intituler un des morceaux "I Am A God". Son égo serait-il surdimensionné ? Pas si sûr. Car cet album, très audacieux, dévoile une facette de l’artiste bien plus complexe qu’il n’y paraît et surtout un fort penchant pour l’auto-dérision. Assurément, il prouve une nouvelle fois son talent avec ce bijou musical, enregistré en grande partie à Paris.

La production, à l’allure résolument "French Touch", est savamment léchée : on y trouve l’empreinte (prestigieuse) des Daft Punk, mais aussi de Gesaffelstein, Brodinski et Hudson Mohawké. Autrement dit, du lourd. C’est l’excellent "On Sight" qui ouvre l’album et donne le ton : Yeezus est dark, voire carrément anxiogène. Sur une prod nerveuse, Mc West balance sa rage au gré d’un flow aiguisé. Car il en a des choses à dire. Le racisme, la condition des Afro-américains, les médias ou encore les clichés concernant son mode de vie ou sa femme (la "bimbesque" Kim Kardashian) sont des thèmes récurrents notamment dans "Black Skinhead" ou "New Slave". Les rumeurs d’homosexualité qui courent à son sujet ? Il s’en moque allègrement dans "I’m In It". S’il fait la part belle aux sonorités électro, voire acid-house, il surprend en jouant sur les contrastes. Aussi le flow se mue-t-il en dancehall sur "I’m In It", tandis que la voix suave de Franck Ocean apaise l’instru si brute de "New Slave". L’album se clôt, paisiblement, sur les notes rétro et groovy du très bon "Bound 2".

Finalement, ce disque est un peu comme un train-fantôme, celui qu’on affectionnait tant, enfant. Installé au fond du siège, on ne sait pas ce qui va nous happer, on se méfie. A juste titre, car on est vite malmené. La routine ? Très peu pour Monsieur West. Dès les premières minutes, on ressent cette atmosphère tendue, pesante. Soudain, un cri strident. Un halètement. Puis les beats reprennent de plus belle, nerveux et âpres. Le rappeur, lui, exulte et crache son flow tribal. Palpitations. A la fin des dix morceaux, éreinté, on ne peut que saluer la performance. Yeezus est une attraction musicale délicieuse.

En somme, loin d’être à l’"West", Kanye a (encore) tout bon. En empruntant des chemins de traverse innatendus, il déroute et s’éloigne habilement du mainstream. L’album brille d’une esthétique incroyable, mais requiert néanmoins plusieurs écoutes pour s’en rendre pleinement compte. Kanye continue de faire du Kanye, à la différence qu’il semble avoir avalé du lion. Le jeune père de famille livre un disque intimiste, dense et révolté. Verdict ? Quand Kanye enrage, ça fait (très) mâle.

Yeezus de Kanye West, Def Jam/Universal, sortie le 18 juin.

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