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Housse de Racket : l'interview de la maturité

Housse de Racket

Victor le Masne et Pierre Leroux des Housse de Racket sortent aujourd'hui leur deuxième album, Alesia. Après le succès de leur titre teenage Oh Yeah!, ils reviennent bien décidés à prouver qu'ils se débrouillent mieux en musique qu'en tennis.

3 ans se sont écoulés depuis la sortie de votre premier album, Forty Love. Vous avez le sentiment d'avoir changé ?
Victor :
Effectivement, trois ans ont passé entre Forty Love et Alesia. On a beaucoup tourné à l'étranger, et on s'est frottés à d'autres groupes, comme des petits anglais de 17 ans qui te mettent une grosse claque dans des bars pourris d'Angleterre, on a vu mille groupes, on a rencontré mille personnes et on s'est souvent dit : "Ah oui, en fait, c'est ça la musique". On a vraiment continué à apprendre plein de choses pendant tout ce temps.
Pierre : En réalité, on a écrit Alesia tout de suite après la sortie de notre premier album. Très vite, on a un peu eu le sentiment que Forty Love ne nous ressemblait pas vraiment. Cette fois, on savait vraiment ce qu'on voulait, ce qu'on ne voulait pas, et ce qu'on ne referait pas. Disons qu'on a beaucoup tiré de leçons de toute cette période.

Vous êtes donc plus satisfaits de ce deuxième album ?
Pierre : Oui, il nous ressemble vraiment. Forty Love était un véritable patchwork de références, de clins d'œil et de tout ce qu'on avait pu composer sur de nombreuses années. Souvent, ce genre d'albums "concept" manquent de cohérence. Sur Alesia, on s'est affranchis de tout ça. On a vraiment le sentiment d'avoir trouvé "notre son".
Victor : C'est aussi parce qu'on s'est plus canalisés. On a travaillé sur les 4 mêmes claviers, avec à peu près toujours le même type de sonorités, on a quasiment toujours utilisé la même reverb... Dans Alesia, on a mis de la côté l'aspect narratif, très présent sur Forty Love dont l'univers tourne autour du tennis, pour privilégier l'aspect musical. Le fait de l'avoir écrit en peu temps a aussi beaucoup contribué à son homogénéité. Bref, oui, on en est plus satisfaits.
 

En voyant le succès qu'avait Forty Love, ça vous a fait quoi ?
Victor : Evidemment, c'était super de voir que notre musique marchait mais on s'est un peu sentis victimes d'un malentendu. Le nom du groupe, le clip de Oh Yeah, les polos de tennis... Tout ça a un peu gadgétisé notre musique. On avait envie de crier sur les toits qu'il y avait d'autres morceaux que Oh Yeah dans cet album, même si on a eu la chance d'être hyper exposés grâce à ce titre. On hallucine encore de voir le succès qu'il a eu, et encore aujourd'hui, il nous rapporte de l'argent.
Pierre : Ouais, c'est pas non plus Born To Be Alive ! Mais donc, si Alesia est venu si vite dans nos têtes, c'est aussi parce qu'on avait un peu envie de rétablir une vérité. Aujourd'hui, on est hyper fiers d'avoir été au bout de ce qu'on voulait. Et on est plus que ravis d'abandonner le concept du tennis...

Parlez-nous de Château, le premier single tiré de l'album ?
Victor : Pour Château, on avait vraiment envie de quelque chose de nouveau. L'un de nos amis, un vidéaste qui travaille beaucoup avec des images d'archives, nous a proposé le concept du bal de promo. On a adoré ces images super rétro, ça collait vraiment avec l'atmosphère nostalgique du morceau.
Pierre : D'ailleurs pour l'album en entier, on avait cette envie d'obscurité, voire de déshumanisation. Pour nous, seul Zdar (de son vrai nom Philippe Cerboneschi, moitié de Cassius et producteur, ndlr.) pouvait nous apporter cette touche. On a eu la chance de pouvoir travailler avec lui. Par la suite, Gildas Loaec, le fondateur de Kitsuné, a pris connaissance de notre travail. De fil en aiguille, on en est arrivés à signer chez Kitsuné.



Pendant ces 3 années, avez-vous voyagé ?
Pierre : Surtout en Angleterre. Il faut savoir que c'est assez dur de jouer là-bas : on t'accueille avec une bière et une chips, mais en même temps, personne ne triche. Là-bas, ils ne rigolent pas avec le rock. L'offre y est tellement importante qu'il faut accepter les contraintes et surtout faire ses preuves... On a aussi été au Japon, le public est vraiment différent.
Victor : Et les conditions techniques, aussi, sont différentes. L'Angleterre, c'est "marche ou crève". Au Japon, ou en Asie en général, tu es aux petits oignons. Toutes ces dates à l'étranger nous ont beaucoup appris sur notre propre musique. Prochainement, on part en tournée aux USA et en Scandinavie. Comme on a envie de s'exporter un maximum, on est ravis de bouger partout.

On a dit beaucoup de choses sur vous dans les médias. Qu'est-ce qui vous a le plus énervé ?
Pierre : Je crois que sont toutes les réflexions sur nos soi-disant "pistons" qui m'ont le plus déçu. Dans le clip de Oh Yeah, on apparait plusieurs fois en polo Lacoste, que la marque nous avait prêtés spécialement pour le clip. Comme le tennis est un sport taxé de bourgeois, on nous a associé directement à ce milieu. Un jour dans un papier, un type a sorti : "Ils n'ont même pas de site internet, ça se voit qu'ils n'ont jamais galéré." Ca m'a rendu fou, après toutes ces années passées à porter des kilos de matos ou à jouer à des Fêtes de la musique minables devant trois pèlerins qui nous jetaient des bières dessus. Enfin heureusement, on a aussi eu tout plein de compliments...
Victor : Ah oui, et puis il y a aussi eu cette histoire ! Pour le clip de Synthétiseur, on a pas mal eu recours à l'imagerie franc-maçonne. Sur internet, certains se sont excités en disant qu'on étaient des Franc-maçons, etc. Sauf que nous, on trouvait juste ce genre de symboles super beaux. Entre ça et les polos Lacoste, ça nous a fait réfléchir. Désormais, on fera plus attention !

Alesia de Housse de Racket, Kitsuné, sortie le 22 août.

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Marine Benoit
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