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Hommage : ma nuit avec David Bowie

Hommage : ma nuit avec David Bowie

Alors que le chanteur est décédé d’un cancer le 10 janvier 2016 à l’âge de 69 ans, notre chef de rubrique culture Erick Grisel revient sur son premier souvenir de l’artiste.

La première fois que je suis sorti en boîte de nuit à Paris, c’était avec lui.  Enfin presque… Quand, tel un sésame, se sont ouvertes devant mes yeux ébahis les portes du Privilège, extension souterraine du Palace, Let’s Dance de Bowie faisait chavirer la piste de danse. Garçons et filles à l’unisson sur le son de Nile Rodgers. Le paradis, l’Olympe, le septième ciel pour l’ado que j’étais  - 17 ans, une chemise à col pirate, des cheveux en pétard -  déclinaison masculine de Bécassine à Paris, assez naïf pour hurler "Let’s Dance, c’est top !" (oui, on disait "top" à l’époque). Un peu plus tard dans la soirée, des potes plus âgés ont ricané, ceux-là même qui s’éclataient sur le méga tube quelques minutes plus tôt. Pffft ! Bowie, ce n’était pas Let’s Dance ! (14 millions d’exemplaires vendus, son plus grand succès.) Bowie, c’était Space Oddity, les tournées pailletées et peinturlurées en Ziggy Stardust ( son alter ego sur scène), l’extra-terrestre du film l’Homme qui venait d’ailleurs, la drogue et la luxure, la quintessence du glamrock, bref, celui qui avait ringardisé les Beatles en jouant lui, le premier, la confusion des genres. J’ai donc potassé mon petit Bowie (expliqué aux nuls), écouté en boucle les joyaux Heroes et Ashes to Ashes et pris en grippe cette rime trop facile mise par Serge Gainsbourg dans la bouche d’Isabelle Adjani, et qui va ressusciter mille fois ces jours-ci : "Beau oui, comme Bowie".

Ce qu’il était beau, pourtant, Bowie. A sa façon étrange, pas très charnelle (à l’inverse de Jagger), œil amoché dans sa jeunesse par un coup de poing de gamin, épaules d’anguilles jamais boostées par les salles de gym. A sa musique, je n’accrochais plus trop, peu importe, tout avait été fait. Fair play, il nous avait épargné les confidences sur le divan d’Oprah, l’autobiographie de l’ex-drogué repenti, les compilations médiocres, les démentis outrées à de prétendues coucheries, les poursuites en paternité… Personnage austère, sûrement pas très marrant dans la vie, poursuivi mollement par les paparazzi qui l’ont montré de temps en temps dans les rues de Londres, col d’imper relevé, ermite perdu dans la grande ville. Vampire dandy dans le film Les Prédateurs, il semblait épargné par le temps jusqu’à ce que soudain, Catherine Deneuve, éplorée, découvre qu’il n’était pas éternel. Comme nous, aujourd’hui.

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Erick Grisel
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