• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Gesaffelstein, le petit prince de l’électro

GESAFFELSTEIN © Elina Kechicheva / Parlophone

Pointu, aiguisé et dangereusement addictif, "Aleph" est le premier album de l’artiste. Décryptage de cette pépite musicale.

Gesaf', Einstein de l'électro
Derrière le pseudo se cache Mike Levy, 28 ans, beau gosse au teint diaphane qui fuit plateaux télés et interviews comme la peste. Son déclic musical a eu lieu lorsque ses doigts ont croisé la route d’un synthé et depuis, il n’a cessé de composer.

Collaborations avec son ami Brodinsky, Lana Del Rey (Blue Jeans), Cassius ("Les Enfants") ou encore Kanye West ("Blackskinhead", "Send It Up"), son parcours est un sans-faute et ce n’est sans doute que le début. D’autant que certains parlent déjà de lui comme l’inventeur d’un nouveau genre qui succèderait à la fameuse French Touch. Quoi qu’il en soit, Aleph, son premier album, sort dans les bacs et risque d’être un (lourd) pavé dans la marre électronique.

Une musique aussi noire que ses costards
Cet opus sombre et classieux, tout comme son créateur, ne laisse pas indifférent. En guise d’incipit, le titre "Out Of Line" ouvre le bal et d’emblée, le ton est donné. Bienvenue dans l’univers anxiogène de Gesaffelstein. Entre trous noirs et puits de jour, Aleph s’articule comme un labyrinthe musical dans lequel on peut vite perdre la tête. Cela dit, la cohérence et la rigueur, véritables fils d’Ariane dans ce dédale, sont telles qu’on ne peut s’égarer.

Produits avec maestria, les morceaux sont un entrelacs de nappes électro, beats agressifs et sonorités hybrides. Le tout baignant dans une atmosphère austère et angoissante à souhait, mais dans laquelle, bizarrement, on se sent bien. D’abord parce que les rythmes furieux affolent les corps, à l’instar de "Pursuit" ou du très nerveux "Trans". Dès les premières notes, le constat est sans appel : mouvements de nuques ou dandinage (voire pogos pour les plus réceptifs) assurés. Quant aux prods, déjà sanguinaires, elles se muent en mélodies inquiétantes dès lors qu’elles embrassent ces sons étranges et tombés de nulle part, comme dans le titre "Hellifornia". Follement décadente mais réussie, cette alliance évoque l’atmosphère glaciale que l’artiste avait insufflée à Yeezus, le dernier album de Kanye West.###Twitter###

D’ailleurs, Aleph pourrait être la bande originale parfaite d’un film d’épouvante. Coincé quelque part au milieu des beats tonitruants, l’auditeur est bringuebalé de tous côtés, happé tantôt par des voix mystérieuses ("Destinations"), puis par des sons psychédéliques ("Obsession"). Et soudain, changement d’ambiance. Pianissimo, la musique se fait nébuleuse ("Nameless") ou s’abreuve de chœurs mélancoliques ("Aleph"). Puis ça repart de plus belle. Compulsives, les pulsations de "Duel" reprennent le dessus et sonnent comme des upercuts.

En somme, point de répit. Jusqu’au morceau final, le troublant "Perfection". S’il s’ouvre sur une électro minimaliste, après plusieurs minutes de silence total, il laisse place à une douce ballade de piano. Tout en délicatesse, l’album se referme. Et comme à la fin d’un livre palpitant mais complexe, on ne souhaite qu’une seule chose,  s’y replonger pour mieux s’en abreuver.

"Aleph" de Gesaffelstein, Parlophone, sorti le 28 octobre.

LIRE LA SUITE
Julie Pujols Benoit
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.