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10 raisons de découvrir la k-pop

10  raisons de découvrir la k-pop

Il est temps de nous pencher sérieusement sur le phénomène musical du moment, j’ai nommé : la k-pop. Vous n’y connaissez rien, vous êtes intriguée, vous vous demandez ce qui est en train de se passer dans la pop musicale mondiale ? Cours de rattrapage.

1/ Parce qu’en 2012, vous ne pourrez pas y échapper
Cette année, la k-pop est sur tous les fronts. La kakoi ? La "korean pop" (prononcez "képop" pour ne pas avoir l’air stupide), aka la musique FM sud-coréenne, importée direct from Séoul dans vos oreilles. Alors oui, a priori, ça peut faire peur. Mais si vous avez appris à danser sur l’eurodance de Gaga, les tubes à la chaîne de Rihanna ou le nouvel "album" de Madonna, il n’y a pas de raison que ça se passe mal pour vous. Vous verrez, la k-pop, c’est l’union entre une certaine idée de la tradition coréenne et l’esthétique ultra-calibrée américaine. Et c’est pour ça que ça cartonne. Girls’ Generation, le girlgroup le plus populaire de Corée, est composé de 9 filles âgées entre 20 et 23 ans et représente une des grandes chances de la k-pop de s’exporter autour du monde : après un passage au show de David Letterman aux États-Unis, elles sont venues sur le plateau du Grand Journal, à l’occasion d’un concert collectif à Bercy. Les fans ne s’en sont toujours pas remis.
 

Girls’ Generation – The Boys, Le Grand Journal (9 février 2012)

2/ Parce que c’est l’éveil en direct d’un phénomène culturel
La k-pop existait depuis plusieurs décennies déjà en Corée du Sud. Mais depuis deux ans, et la généralisation de l’usage des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, et le réseau me2day, c’est le boum : la "hallyu" (la "vague culturelle") prend le monde d’assaut. L’Asie entière - Chine et Japon en tête - s’enflamme pour le phénomène tandis que l’Europe réclame des concerts à cor et à cri, et les obtient. Tout autour du monde, jour et nuit, les fans découvrent les clips (dits MV, pour "Music Video") en streaming, consultent des sites de news (Allkpop, Soompi) et admirent dans les émissions musicales locales les performances live de leurs "idols". Très fortement soutenue par l’industrie musicale coréenne qui ne censure aucune vidéo et encourage ses stars à être présents sur le web, la k-pop est peut-être le premier genre musical véritablement né d’Internet. Ainsi, et malgré la crise musicale impitoyable des années 2000, le marché est florissant au pays du Matin Calme : +10,4 % en 2010. Super Junior, groupe de 13 (!) membres a vendu près de 500 000 albums en 2011, et est à l’origine d’une des chansons les plus populaires des années 2000 en Asie : Sorry Sorry.
 

Super Junior – Sorry Sorry (2009)

3/ Parce que c’est le mariage réussi de la pop américaine et de l’excellence asiatique
Les esprits chagrins objecteront sans doute que "Oh, mais c’est de la musique préfabriquée". Demandez-leur, l’air dédaigneux, s’il existe une musique qui n’est pas fabriquée. Et demandons-nous ensuite si la valeur ne se cache pas parfois dans un genre qui arrive à fédérer tout autour du monde. Alors, certes, la kpop mais n’est pas à la pointe de la recherche musicale, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. Ce qu’on lui demande, ce sont précisément ces mélodies impitoyables qui restent en tête après une écoute, cette capacité à produire de l’émotion (le plus souvent une irrésistible envie de danser en yaourtant un simili-coréen) et des prestations étonnantes de précision, dans des décors d’un autre monde. Pop, rock, hip-hop, dance , disco, r’n’b, la k-pop ne fait pas de jaloux et pioche dans tous les courants musicaux existants, pour les ressortir en une enthousiasmante version made in Séoul. Ici, le groupe Girl’s Day se la joue très "ambiance urbaine". 2NE1, groupe de quatre nanas énervées menées par CL – dite la "Korean Lady Gaga"– envoie valser les convenances sur le son de grosses basses, dans un clip bling-bling à souhait. Waouh.
 

Girl’s Day – Nothing Lasts Forever (2010)

4/ Parce que ça regorge de chorégraphies impitoyablement entraînantes
C’est probablement ce qui saute le plus vite aux yeux du néophyte exposé à un clip de k-pop : l’exécution millimétrée des chansons par des grappes de performers infatigables. Ici encore, il y en a pour tous les goûts. Les girlsbands héritent souvent de gestuelles mignonnes, sexy et synchronisés, tandis que les garçons tablent plus sur les effets acrobatiques de groupe pour en mettre plein la vue. Dans tous les cas, le plaisir des yeux est total, et la Corée bouge au rythme des chorégraphies qui deviennent une signature, un signe de reconnaissance dans les clubs de la capitale, voire les régiments militaires. Les garçons d’Infinite ont rendu le mouvement dit du "scorpion ", extrêmement populaire. T-ara, groupe de sept filles mignonnes, a remis l’été dernier la disco au goût du jour avec le tube Roly Poly. Trois ans plus tôt, le groupe Wondergirls envoûtait l’Asie avec le single sixties Nobody.
 

 

Wonder Girls – Nobody (2008)

Girl's Day- Nothing Lasts Forever (2010)

5/ Pour un cours de marketing avancé      
Il ne faut pas croire que tout ce résultat étonnant est venu de nulle part. Le parcours pour devenir une idole en Corée relève de celui de l’athlète de haut niveau. Trois grandes maisons d’entertainment se partagent le marché : SM, YG et JYP, chacune avec ses spécialités. Le processus, très strict, suit un modèle tout tracé : repérés dès la pré-adolescence lors d’auditions, les jeunes stars intègrent ensuite les programmes d’entraînement durant plusieurs années (de 3 à 8 ans). Cours du soir de chant/danse/comédie, vie en communauté dans des dortoirs, école, relooking : l’esprit de groupe est mis en avant, et la volonté de caractère des "trainees" est mise à l’épreuve. Une fois sortis de cette période, les apprenties stars sont intégrés dans des groupes aux concepts différents, où ils occuperont une place bien précise (lead singer, lead dancer…), permettant aux fans de les identifier et de les idéaliser – précisément le concept de l’"idol ". Le résultat : des performers aux capacités quasi-illimitées qui savent aussi bien chanter que danser, jouer la comédie dans des dramas (les séries locales), des publicités ou des émissions de variétés. Le système est très bien huilé et rapporte gros.
 

Girls’ Generation – Genie

6/ Parce que c'est une source intarissable d'inspiration vestimentaire
Oubliez tout ce que vous connaissez sur la mode, la k-pop va s’occuper de votre cas. Dans les clips comme sur scène, les "concepts" se succèdent. Les groupes de filles, en particulier, sont extrêmement versatiles et peuvent, d’un MV sur l’autre, porter des tenues venues d’un autre monde. Le groupe T-ara excelle en particulier dans ce domaine, passant des tenues de cuir (« I Go Crazy Because of You »), aux costumes indiens (« Yayaya »). Mais 2NE1 se démarque sans conteste, allant même jusqu’à taper dans l’œil du styliste Jeremy Scott grâce à aux looks… osés des membres. Entre couleurs tapageuses, matières folles (paillettes !) et ensemble téméraires, la kpop n’a peur de rien. Alors, on n’est pas obligée de se faire un total look, mais le vent de fraîcheur est bienvenu.
 


Kara – Step (2011)
 



F(x) – Nu Abo (2010)



Shinee – Lucifer (2010)



2NE1 – I Don’t Care (2009)

9/ Parce que, comme dans tout show-business qui se respecte, il y a des scandales juteux
Dans une culture obsédée par les apparences et le respect de la hiérarchie, la marge de manœuvre est étroite pour les jeunes adultes. Ainsi, portés par leur désir de vivre de la musique, ils avalent toutes les couleuvres d’un business en forme de jungle. Les contrats d’idols avec les maisons de disques dépassent souvent les cinq ans, et ils ne touchent qu’une marge minime des revenus phénoménaux engrangés. En 2009, trois des membres du groupe DBSK se retournent contre la SM et la poursuivent en justice en dénonçant leurs contrats d’exclusivité, ainsi que la répartition inégale des revenus. Les trois artistes partants deviennent JYJ, et les deux rescapés prennent le nom de TVXQ. Depuis, c’est la guerre : SM fait traîner en longueur les procès contre JYJ, et les empêche de promouvoir leur musique. Sinon, à quelques exceptions près, les idols sont toutes "officiellement" célibataires jusqu’au mariage, ne fument pas et ne boivent pas. Parfois, la réalité apparaît : en 2011, le groupe Big Bang a connu deux gros scandales. Le membre Daesung a été impliqué dans un accident de voiture qui a fait un mort, et G-Dragon a été testé positif à la marijuana. À côté des excès des stars américaines, la k-pop reste certes très "sage", mais les réactions de la conservatrice Corée restent fascinantes à observer.
 


DBSK – Mirotic (2009)


Big Bang – Love Song (2011)

10/ Parce que la k-pop est une porte d’entrée vers la culture coréenne
Le fun de la k-pop est en train d’amener la Corée sur le devant de la scène, qui jusque-là trustée par la Chine et le Japon. De plus en plus d’étudiants s’orientent en fac de coréen et passent leurs vacances à Séoul dans l’espoir de pister leurs stars préférées, et de faire du tourisme. Mais il y a aussi la cuisine (kimchi et bibimpap, yum), la musique traditionnelle, l’histoire (notamment les relations avec son frère ennemi du Nord), et bien sûr, la scène musicale coréenne… indie. Eh oui.

The Moonshiners - 모í?? 맨í??í?? (ë??물ì? í??ë?? 보이) (2012)

7/ Parce que les "bands" font leur grand retour dans la pop
Avatar de nos amours d’enfance (ne mentez pas, on a toutes dansé sur G-Squad et les Spice Girls), le concept du boysband/girlsband semble de nouveau avoir la cote : regardez One Direction, ce groupe de jeunes minets anglais qui retourne tout sur son passage, aidé par une vague de fans énamourées sur Internet. Dans la k-pop, il y a quelques soloistes, mais la grande majorité des « idols » sont placées dans une formation entre 4 et 9 chanteurs. Derrière cela, une volonté d’équilibrage : on va mettre un très bon chanteur, un très bon danseur, un très bon acteur, une très belle "face" chargée de représenter le groupe.

Big Bang – Bad Boy (2012)

8/ Parce que les hipsters eux-mêmes avouent aimer ça
US Spin, Stereogum, Pitchwork… On ne compte plus les blogs indie auto-proclamés "de référence" qui ont déclaré leur amour à la k-pop. Bien souvent, ils tentent de se justifier et invoquent le second degré, mais leur étude minutieuse des clips les trahit. Eux aussi, ils sont accros. HyunA, jeune chanteuse de 19 ans membre du groupe 4Minute, a sorti un single solo en 2011. Le succès incroyable du titre n’a eu d’égal que sa réception scandalisée par le gouvernement coréen, qui a censuré les passages télé de la demoiselle pour cause d’excès d’allusions sexuelles. Eh oui, au pays du Matin Calme, dans une industrie et un gouvernement dominés par les hommes, il ne faut pas aller trop loin. (On espère pour leur santé mentale qu’ils n’ont pas vu le clip « We Found Love » de Rihanna qui recense à peu près tout ce qui est inacceptable en Corée).

HyunA – Bubble Pop (2011)

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Mélanie Wanga
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