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3 bonnes raisons d'aller voir "Poulet aux prunes"

1 - Parce que Marjane Satrapi prend des risques 2 - Parce que l’imaginaire est roi 3 - Parce que les acteurs s’amusent (et nous aussi)

Trois ans après son irrésistible "Persepolis", Marjane Satrapi revient aux affaires avec "Poulet aux prunes". Encore l’adaptation d’une de ses BD ? Oui, sauf que tout a changé…Voici trois bonnes raisons de dévorer ce délicieux "Poulet".

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1 - Parce que Marjane Satrapi prend des risques

1 - Parce que Marjane Satrapi prend des risques

A sa place, d’autres ne se seraient pas posés tant de questions… Après le triomphe international de Persepolis, Marjane Satrapi aurait pu surfer sur sa propre vague et continuer d’adapter ses BD en respectant la grammaire du film d’animation. Oui, mais voilà : Marjane n’aime pas se répéter… Toujours accompagnée par son fidèle complice Vincent Paronnaud, la cinéaste a déchiré les recettes prévisibles pour concocter un nouveau plat avec des ingrédients inédits. Inédits et épicés. Résultat : Poulet aux prunes, un film tourné en "images réelles" et interprété par des acteurs en chair et en os, en premier lieu Mathieu Amalric et Chiara Mastroianni. Elle y raconte l’histoire abracadabrante de Nasser, un musicien inconsolable depuis que son plus beau violon a rendu l’âme. Las de traîner sa déprime dans le Téhéran de 1958, Nasser s’enferme dans sa chambre et s’abandonne à ses délires. Le film épouse ses derniers et… il fait bien. Poulet aux prunes embarque en effet dans une histoire libertaire et 100 % inventive qui ridiculise la concurrence. Par  exemple, et à tout hasard, le bourratif Tintin de Spielberg qui sort également ce mercredi sur les écrans. Aucune hésitation : en plat du jour, commandez le "Poulet" !

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2 - Parce que l’imaginaire est roi

2 - Parce que l’imaginaire est roi

Voilà un film qui brûle les feux rouges, emprunte les sens interdits, ignore sciemment le code de la route cinématographique… Un film libre, donc, qui réduit en confettis le spectacle désolant de la réalité et les lois barbantes de la chronologie. Les méditations de Nasser l’entraînent à revenir sur son passé de musicien émérite, à visualiser son enterrement cocasse, à se remémorer les bribes d’une histoire d’amour impossible, à imaginer façon loufoque l’avenir de ses mômes, à convoquer Socrate, Fellini et beaucoup d’autres. Le tout (hier, aujourd’hui, demain) finit par s’assembler dans un puzzle captivant où certains fragments sont prohibés : par exemple ceux qui ont pour nom sérieux et ennui.
Marjane Satrapi n’a pas besoin de recourir à des substances illicites pour filmer sans temps morts… Les potions magiques de l’imaginaire, de l’humour et de l’audace, elle est tombée dedans quand elle était toute petite, en Iran, et elle continue d’y puiser le meilleur de son inspiration pour ses aventures françaises. Et le bonheur pour l’esprit l’est aussi pour l’œil. Téhéran, reconstitué en studio, s’impose comme une merveille visuelle qui se fout de la vraisemblance et préfère surprendre en reflétant les élucubrations psy et la fantaisie de Nasser.

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3 - Parce que les acteurs s’amusent (et nous aussi)

3 - Parce que les acteurs s’amusent (et nous aussi)

Les acteurs se bousculent pour jouer chez Marjane Satrapi et ils ont bien raison. Si Mathieu Amalric, dans la peau du personnage principal, et la toujours divine Chiara Mastroianni (dans le rôle de sa fille !) se font très joliment remarquer, leurs acolytes, même pour quelques scènes, font tous preuve d’une égale motivation. Mentions très spéciales à Edouard Baer, hilarant ange de la mort, et à Jamel Debbouze, désopilant fumeur d’opium, visiblement ravis de batifoler dans un film aussi audacieux. Côté filles, impossible d’échapper à la prestation de la sublime Golshifteh Farahani, qui interprète l’amour de jeunesse de Nasser. Le dernier tiers de Poulet aux prunes lui est consacré et on comprend alors très bien pourquoi le héros, en des temps anciens, est tombé raide amoureux de son charme silencieux, de son sourire craquant et de ses grands yeux noirs. Ne pas tomber aurait été pire qu’une faute de goût : un scandale sentimental…

Poulet aux prunes, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Sortie le 26 octobre.

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