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Michelle Williams : portrait d’une actrice rare

Michelle Williams : portrait d’une actrice rare Héroïne très discrète Michelle rebelle ?

Dans "Suite Française", adapté du roman d’Irène Némirovsky, l’Américaine prouve une fois encore l’étendue de son talent.

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Michelle Williams : portrait d’une actrice rare

Michelle Williams : portrait d’une actrice rare

Est-elle incorrigiblement mélancolique ? Ou ses yeux noisette, que l’on croirait toujours un peu brillants de larmes, son demi-sourire, ses traits délicats, sa carrure très menue, sont-ils autant de faux indices qui donnent à Michelle Williams l’air éternellement triste alors que, derrière la façade, caracolerait une personnalité fantasque ? Comme souvent, la réalité est sans doute entre les deux. Et un élément public de sa biographie persiste à associer son image à celle d’un malheur immense : en janvier 2008, Heath Ledger, le père de sa fille Matilda née en 2005, meurt d’une overdose de médicaments. Le couple est alors séparé depuis plus d’un an, mais le public demeure estomaqué de voir cette histoire d’amour commencée sous ses yeux (ils se sont rencontrés en 2005 sur le tournage du Secret de Brokeback Mountain) prendre un tour aussi tragique. Veuve éternelle du grand acteur disparu, Williams endosse dignement sa figure publique, sans jamais se répandre ni se complaire.

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Héroïne très discrète

Héroïne très discrète

Mais là n’est pas la seule explication à sa fragilité apparente. Il y a sa discrétion, d’abord : pas de "personal stylist", elle a longtemps été l’une des seules actrices de son envergure à n’avoir signé aucun contrat avec une grande maison de luxe… Elle est aujourd’hui le visage de Louis Vuitton, mais son image est préservée : celle d’une jeune femme frêle, mal à l’aise devant les flashs, introvertie. Une délicatesse rare qu’elle partage avec Natalie Portman, Rooney Mara, Kristen Stewart… Autant d’actrices dont on suppose que le jeu est pour elles plus un processus introspectif que d’exubérante extraversion. Et puis il y a ses rôles, ceux que l’on retient d’elle tout du moins : une femme amoureuse dans Le Secret de Brokeback Mountain, une femme en désamour dans le sublime Blue Valentine, avec Ryan Gosling… Dans le très beau film de Sarah Polley, Take this Waltz (mystérieusement inédit en France), elle était une épouse, encore, mais cette fois adultère et coupable. Dans Shutter Island, de Martin Scorsese, elle hantait les rêves de Leonardo DiCaprio ; dans I’m Not There, elle prêta ses traits de poupée sixties à Edie Sedgwick, icône tragique de la Factory. Cerise sur le gâteau, en 2011, Michelle Williams incarne au cinéma la plus flamboyante et la plus triste des comédiennes. My Week with Marilyn lui vaut de remporter le Golden Globe de la meilleure actrice et une avalanche de nominations, dont une aux Oscars (sa troisième).

 

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Michelle rebelle ?

Michelle rebelle ?

Quel chemin parcouru pour cette native du Montana, qui s’installe à Los Angeles dès ses 15 ans pour devenir actrice. Après quelques années d’errance (elle fait même une apparition en 1993 dans Alerte à Malibu !), son premier rôle important, dans la série télé Dawson, aurait pu être une prison. Elle en fera un tremplin. Installée à New York (un véritable parti pris intello dans une industrie du cinéma concentrée sous le soleil de la côte ouest), Williams poursuit sa carrière avec un discernement et un engagement bluffants. Relativement rare (elle a tourné en moyenne un film par an depuis 2011), cette star pas vedette choisit ses rôles avec soin. Une discrétion qui donne encore plus de poids au personnage de Lucile Angellier, qu’elle interprète dans Suite française, l’adaptation franco-britannique du magnifique roman d’Irène Némirovsky. Le rôle, très subtil, d’une jeune Française de bonne famille qui s’entiche du soldat allemand qui occupe sa maison réquisitionnée pendant l’été 1940, requérait une performance ténue et dense. "Michelle peut faire beaucoup avec des gestes très subtils, raconte le réalisateur, Saul Dibb. Elle est très puissante tout en restant très humble. J’ai tout de suite pensé à elle pour le rôle, et elle a accepté très vite". Si le film pêche par certains aspects (notamment l’utilisation de l’anglais, écueil courant mais définitivement insurmontable pour une intrigue sur la Seconde Guerre mondiale entièrement sise en France), Michelle Williams y déploie comme à son habitude un jeu réservé et fin, d’une discrétion qui va comme un gant à son personnage de jeune fille rangée, mais se fissure sous les assauts de la passion. Sage jusqu’à ce que la surface éclate, Michelle Williams cache bien des choses derrière son joli visage triste.

"Suite française", de Saul Dibb. Sortie le 1er avril.

 

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