• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir

"Saint Laurent" : le match des biopics

Yves Saint Laurent : Pierre Niney vs Gaspard Ulliel Pierre Bergé : Guillaume Gallienne vs Jérémie Renier Jacques de Bascher : Xavier Lafitte vs Louis Garrel Loulou de la Falaise : Laura Smet vs Léa Seydoux 6

Cinq mois seulement après le "Yves Saint Laurent" de Jalil Lespert, Bertrand Bonello monte les marches avec un nouveau biopic du grand couturier, "Saint Laurent" tout court. L’heure de compter les points est arrivée.

LIRE LA SUITE
1 /6

Yves Saint Laurent : Pierre Niney vs Gaspard Ulliel

Yves Saint Laurent : Pierre Niney vs Gaspard Ulliel

Génial et fragile, inconstant et attachant, futile et profond : Saint Laurent, c’est d’abord un rôle de rêve pour un jeune comédien qui veut faire la preuve de son talent. En la matière, on avait apprécié la prestation de Pierre Niney "de la Comédie française", qui incarnait l’artiste en grand sensible par-dessus tout. C’était avant de voir Gaspard Ulliel à l’œuvre. Déjouant les pièges de l’imitation, l’acteur compose une version moins effarouchée du personnage, n’éludant ni ses caprices ni sa méchanceté. Un Saint Laurent plus dark, plus charnel et plus complexe, qui renvoie a posteriori celui de Pierre Niney à la performance spectaculaire mais simpliste, et met Ulliel en course pour le prix d’interprétation.

--> Avantage Bonello

2 /6

Pierre Bergé : Guillaume Gallienne vs Jérémie Renier

Pierre Bergé : Guillaume Gallienne vs Jérémie Renier

Lui aussi pensionnaire de la Comédie française, Guillaume Gallienne brillait dans la version de Jalil Lespert, où il campait un Pierre Bergé directif mais amoureux, incarnant avec nuances l’inextricable écheveau d’intérêts financiers et affectifs qui l’unissait à Saint Laurent. Si Jérémie Renier, qui hérite du personnage dans le film de Bonello, ne démérite pas, il ne parvient pas à se hisser au niveau de son prédécesseur. La faute en revient en partie au scénario, qui relègue le personnage au second plan, mais aussi à l’interprétation rond-de-cuir et nasillarde de Renier, qui rappelle bizarrement celle qu’il proposait dans Cloclo, au point de créer une fâcheuse interférence. Erreur de casting.

--> Avantage Lespert

3 /6

Jacques de Bascher : Xavier Lafitte vs Louis Garrel

Jacques de Bascher : Xavier Lafitte vs Louis Garrel

Inconnu au bataillon, Xavier Lafitte ressuscitait avec une parfaite ambiguïté le dandy qui attisa la rivalité d’Yves Saint Laurent et de Karl Lagerfeld. Son visage, à la fois angélique et inquiétant, était une des révélations du film de Jalil Lespert. Reprenant le rôle dans celui de Bertrand Bonello, le beau Louis Garrel a le physique de l’emploi, mais semble mal à l’aise dans le costume de l’oiseau de nuit pervers qui entraîne Saint Laurent dans un tourbillon de drogue et de sexe anonyme et violent. Emprunté et vaguement ironique, l’Apollon germanopratin porte bien le costume, mais passe un peu à côté du personnage.

--> Avantage Lespert

 

4 /6

Loulou de la Falaise : Laura Smet vs Léa Seydoux

Loulou de la Falaise : Laura Smet vs Léa Seydoux

Ah, Loulou de la Falaise, son style inimitable, ses turbans, ses blouses d’aristo gitane, ses breloques dénichées aux puces… Difficile de redonner vie à l’élégance si personnelle de l’amie et inspiratrice de Saint Laurent, icône bohème de la mode des années 70-80. Laura Smet (chez Lespert) et Léa Seydoux (chez Bonello) l’imaginent grosso modo dans le même registre, celui de la bonne copine hippie chic, qui précède et crée la tendance sans se la jouer. Toutes deux plus sensuelles que leur modèle, les actrices délivrent au bout du compte des performances très similaires, loin d’être honteuses mais presque trop modestes, au risque de l’insignifiance.

--> Egalité

5 /6

Betty Catroux : Marie de Villepin vs Aymeline Valade

Betty Catroux : Marie de Villepin vs Aymeline Valade

Logique de caster un vrai top pour incarner le mannequin qui devint la muse de Saint Laurent à la fin des années 60 et resta sa proche jusqu’à sa mort. Côté Lespert, c’est la fille de, Marie de Villepin qui s’y colle. Si l’apprentie actrice a bien le physique très moderne de la vraie Betty, sa palette d’actrice reste limitée et nous laisse indifférent. Côté Bonello, Aymeline Valade descend du catwalk pour s’emparer du rôle avec davantage de fougue. Sexy à tomber, le mannequin utilise savamment son physique sculptural pour donner vie au côté extra-terrestre de Betty Catroux, qui terrassa Saint Laurent en dansant, éperdue et toute de cuir vêtue, sur la piste de Chez Régine. Sans chercher à psychologiser son personnage à outrance, Aymeline Valade parvient à restituer son magnétisme hors du commun. Et à doubler sa concurrente.

--> Avantage Bonello

6 /6

Mise en scène : Jalil Lespert vs Bertrand Bonello

Mise en scène : Jalil Lespert vs Bertrand Bonello

Avec Yves Saint Laurent, Jalil Lespert livrait un biopic classique, pour ne pas dire conventionnel. De l’enfance algérienne à la collection russe de 1976, le film, soutenu et adoubé par Pierre Bergé, déroulait un livre d’images aux aspérités peu prononcées, tout à la gloire du mentor, compagnon et financier de Saint Laurent. Sur le fond, le film n’avait pas grand-chose à dire et question réalisation, il n’y avait pas grand-chose à voir. Trois ans après le somptueux L’Apollonide, Bertrand Bonello entraîne le sujet dans un territoire plus risqué, où la vérité est relative et où la mise en scène est reine. Déconstruisant la temporalité comme les pièces d’un grand puzzle mental, le film, qui trouve également son point d’orgue en 1976, entremêle la jeunesse créative de Saint Laurent, ses années de dérive sexuelle et médicamenteuse, et sa vieillesse de génie meurtri, prisonnier de ses souvenirs. Alignant des séquences d’une virtuosité formelle ébouriffante, de la fabuleuse scène de drague Saint-Laurent/Bascher jusqu’au défilé final décuplé par un jeu de split-screen, Bonello signe un anti-biopic, où l’enfance ne vient pas bêtement au début mais à la fin quand, la mort approchant, le passé refait surface. Par-delà la biographie, ce Saint Laurent se transforme sous nos yeux en rêverie kaléidoscopique sur une époque, sur la nature du temps qui passe et sur le geste artistique qui cherche à lui résister. Plus rock, plus cru (on découvre que Gaspard Ulliel n’a rien à envier à Michael Fassbender), plus libre, le film de Bonello dégomme la version officielle de Jalil Lespert.

--> Victoire par KO pour le "Saint Laurent" de Bonello.

"Saint Laurent de Bonello", avec Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Louis Garrel, Léa Seydoux.... Sortie le 1er octobre.

Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.