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"Winter Sleep" : une Palme d'or bien méritée

"Winter Sleep" : une Palme d

Dans "Winter Sleep", le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan met en scène l’affrontement psychologique de trois personnages au fin fond de l’Anatolie. Un chef-d’œuvre qui n’a pas volé sa Palme d’or en mai dernier à Cannes.

Pas de doute : l’Anatolie, c’est très beau… En ces lieux désertiques et sublimes, Aydin, qui fut autrefois comédien, gère un hôtel de charme où se pressent touristes en quête d’authenticité et amateurs de contrées arides. Sorte de notable local, Aydin est également le propriétaire de plusieurs maisons dans les villages voisins, ce qui lui vaut d’être jalousé par les autochtones, qui peinent à joindre les deux bouts et lorgnent sur son opulent patrimoine. Mais il y a pire : malgré l’harmonie qui semble régner dans l’hôtel, les relations d’Aydin avec Nihal, sa jeune et ravissante épouse (Melisa Sözen, une révélation), et avec Necia, sa sœur acariâtre qui se remet très mal de son récent divorce, semblent marquées au fer rouge par l’incompréhension, le mépris, voire la haine. Le trio infernal règle bientôt ses comptes et l’addition est sévère. Leurs armes : les mots, qui blessent au plus profond et font oublier qu’hier l’amour a simplement pu exister.

Les distributeurs de films ont parfois de drôles d’idées. Couronné d’une Palme d’or en mai dernier à Cannes, Winter Sleep, la merveille signée par le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan (qui réalise ici son 8ème film après Uzak en 2002, Les climats en2008), n’a en effet rien du divertissement estival soulageant les neurones… Aucune raison de tourner autour du pot : les amateurs de distractions frivoles ont toutes les bonnes raisons de rester à la plage ou d’aller grignoter du pop-corn dans une autre salle de multiplexe. Pour les autres, par contre, qui aiment quand le cinéma se penche sur les états d’âme compliqués, le film a tout du must. Comment se défaire de ses liens (amoureux, familiaux) quand ces derniers ressemblent à des menottes qui entravent les poignets, l’âme et le cœur ? Comment continuer à vivre avec l’autre, que l’on ne supporte plus ? Comment trouver le courage de se réinventer, que l’on vive en Anatolie, à Paris, à Honolulu, ou aileurs ? En 3h16, le temps passe vite quand c'est  un chef-d’œuvre, Nuri Bilge Ceylan, tel un Ingmar Bergman turc, plonge profond dans les blessures de ses personnages paumés et regarde chaque spectateur dans le blanc des yeux. En vacances, ne pas avoir envie d’être reluqué ainsi se conçoit. Au retour, en revanche…

"Winter Sleep", de Nuri Bilge Ceylan, avec Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet AkbagSorti le 6 août.

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