• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

"Vue sur mer" : le film gênant réalisé par Angelina Jolie

"Vue sur mer" : le film gênant réalisé par Angelina Jolie

Dans "Vue sur mer", Angelina Jolie, des deux côtés de la caméra, met en scène une Côte d’Azur de carte postale, un Brad Pitt alcoolo et… elle-même ravagée par la dépression. Attention : objet filmique non identifié.

Sous le soleil exactement… En voyage dans l’Hexagone, un couple d’Américains fortunés pose ses valises dans un hôtel de charme situé sur la Côte d’Azur, à deux pas d’une crique enchanteresse. Lui, Roland, est un écrivain en panne d’inspiration qui, dès l’heure du petit déjeuner, noie sa crise créatrice dans de grands verres de gin. Elle, Vanessa, pose à peine un escarpin dehors et traîne toute la journée dans sa chambre, s’abandonnant à ses humeurs vagabondes et à sa dépression tenace. Qu’arrive-t-il à ces deux Américains des années 70 qui semblent tout avoir pour être heureux : le fric, la beauté, le temps de se dorer la pilule au soleil ? Le mystère plane, mais on devine que ces deux-là, qui ne se touchent plus sous la couette depuis des lustres et peinent à échanger trois mots sans entamer des engueulades King Size, ne sont pas très loin de la rupture. Bientôt, l’arrivée d’un jeune couple de Français dans l’hôtel, que Vanessa et Roland passent leur temps à espionner grâce à un petit trou judicieusement situé dans le mur mitoyen entre les deux chambres, provoque de nouvelles relations au sein du duo, singulièrement excité par son voyeurisme. Leur idylle en sortira-t-elle indemne ?

Un couple au bout du rouleau en quête d’émotions inédites et confronté à ses innombrables faiblesses… Le moins que l’on puisse dire est que dans Vue sur mer, son nouveau film en tant que réalisatrice, Angelina Jolie ne fait pas exactement les choses à moitié. La cinéaste se dirige elle-même dans la peau lasse de Vanessa, une héroïne à la fois ultra névrosée et ultra élégante, qui change de fringues cinq fois par jour et feuillette les magazines de mode de l’aube au crépuscule. Elle dirige aussi son mari Brad Pitt dans la peau imbibée d’alcool de Roland, un héros chiffonné qui ne trouve ni les mots pour écrire ni les mots pour communiquer avec sa moitié. Résultat : une crise conjugale de plus de deux heures où le spectateur, un rien stupéfait et lui aussi un rien voyeur, s’interroge inévitablement sur la dimension autobiographique de ce film en forme d’OVNI. Angelina et Brad, via leurs personnages de dandys épuisés, dévoilent-ils quelque chose de leur intimité brinquebalante ? Leur activité amoureuse et sexuelle se résume-t-elle à ce sinistre bilan exposé sur l’écran ? Suspense insoutenable, ou presque… Le reste du temps, Angelina Jolie met en scène ses personnages en accumulant les clichés lourdauds et les images de cartes postales. Le jeune couple de la chambre d’à-côté, incarné par les frenchies Mélanie Laurent et Melvil Poupaud, est assurément décoratif, mais sa profondeur psychologique pèse le poids d’une demi-plume. Le tenancier du bistrot (Niels Arestrup, en pleine auto caricature) où Brad, pardon Roland, picole dès potron-minet, enchaîne les méditations philosophiques avec une conviction minimale. On en passe et des pires. A la fois gênant d’un point de vue conjugal et terriblement mollasson d’un point de vue cinématographique, Vue sur mer s’est fait démolir par la presse américaine lors de sa sortie dans les salles d’outre Atlantique. Qui a dit que les Américains avaient toujours tort ?

Vue sur mer, d'Angelina Jolie, avec Angelina Jolie, Brad Pitt, Mélanie Laurent… Sorti le 9 décembre.

LIRE LA SUITE
Olivier De Bruyn
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.