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Trois raisons d'aller voir "Aux yeux de tous"

aux yeux de tous

Notre coup de cœur cinéma de cette semaine va "Aux yeux de tous" de Cédric Jimenez, thriller brillant sur fond de réflexion politique. On court !

Un scénario ultra-réaliste
673 000. C’est le nombre de caméras de surveillance que l’on peut compter en France, et une des “obsessions personnelles” de Cédric Jimenez, le réalisateur du film. “J’ai le sentiment de vivre dans une société de plus en plus oppressante, ou l’individu a de moins en moins de choix pour s’en sortir”. Alors plutôt que d’aller militer à Levallois-Perret, ville où l'on compte le plus de caméras, Jimenez a choisi d’en faire un film dénonciateur. Le pitch ? Un hacker qui a accès à toutes les caméras de vidéo surveillance et webcams de Paris découvre depuis chez lui via ses multiples écrans d’ordinateurs les auteurs d’un attentat meurtrier gare d’Austerlitz.  Les deux jeunes trentenaires qui ont posé la bombe (Mélanie Doutey et Olivier Barthelemy) vont se retrouver traqués par ce hacker fou, des rues de Paris à leur appartement. Car le hacker s’infiltre aussi dans leur chambre à coucher via la webcam de leur ordinateur. Un jeu du chat et de la souris qui les rend fous – et nous aussi.


Une prouesse technique
Dans Aux yeux de tous, pas de joli travelling bien cadré : les images ne sont que celles des caméras de surveillance. Plan large, plan serré, le hacker zoome, recule, fouille la rue, la pièce, au son nerveux du clavier qui cliquette. "Tout ce que fait ce hacker est totalement possible. J'ai simplifié le langage informatique et accéléré les différentes manipulations techniques afin de les rendre plus compréhensibles" explique Cédric Jimenez. Qui réussit le tour de force de rendre esthétique et captivant ce pari risqué, en retravaillant chaque image plan par plan et en alternant caméras de surveillance en couleurs et  noir et blanc...  Non seulement le film ne fait pas mal à la tête, mais monte en tension au fur-et-à-mesure qu’il se déroule sur une BO électro serrée et puissante. Un projet réalisé avec très peu de moyens mais beaucoup d’idées et de patience. Un beau pied de nez aux blockbusters formatés.
 

Une réflexion sur la société de l'ultra-transparence
Vaut-il mieux être le voyeur, le loser ou le méchant ? Vouloir protéger et surveiller les citoyens, n’est-ce pas empiéter sur les champs de la liberté personnelle ? En nous mettant dans la peau, et même plus, dans les yeux d’un hacker (sans jamais connaître ses motivations) le réalisateur place le spectateur dans une position voyeuriste. Mais nous sommes pourtant happés par la même curiosité que lui : savoir, fouiller, comprendre. Est-ce si différent de ce que nous faisons sur Facebook, nous, les stalkers des années 2000, qui espionnons nos ex et la vie de nos collègues ?
Du côté de la "vraie vie" ce n’est pas rose non plus : entre une société qui incite un jeune couple paumé à commettre l’irréparable, le complot politique noir (teinté d’Al-Qaïda) camouflé derrière cet attentat et l'omniprésence des caméras de surveillance, Jimenez ne ménage pas la France d’aujourd’hui. Et pourtant, le spectateur, à la fois juge et partie, se balade d'un personnage à l'autre, sans jamais vraiment pouvoir condamner. Glaçant.

 



Aux yeux de tous, de Cédric Jimenez
Avec Olivier Barthelemy, Mélanie Doutey, Francis Renaud
Sortie le 4 avril 2012

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Laurence Vély
Inread
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