Dans "Love and Bruises", le film sulfureux de Lou Ye, Tahar Rahim incarne un jeune ouvrier qui plonge dans une passion sensuelle et destructrice. Vous avez dit hot ? Vous n’avez encore rien vu… Voici trois excellentes raisons d’admirer l’acteur.

Tahar

1. Parce que Tahar sait jouer avec son corps.
Il s’appelle Mathieu, bosse sur les marchés parisiens pour une poignée d’euros et préfère se taire plutôt que de raconter n’importe quoi. Un jour, par hasard, Mathieu tombe sur Hua, une étudiante chinoise paumée et ravissante qu’il manque d’éborgner en remballant ses outils. Mauvais départ pour une rencontre ? Pas vraiment. Les deux échangent quelques mots, leurs numéros de portables, se retrouvent pour dîner, puis se planquent (à peine) derrière une palissade pour baiser frénétiquement, rageusement, passionnément. C’est la première fois et ce n’est pas la dernière… Dans Love and Bruises, le cinéaste Chinois Lou Ye ne filme en effet que ça. Ça ? La passion enivrante mais destructrice de deux personnages agités par la pulsion sexuelle. Résultat : un film intense qui donne l’occasion au (très) séduisant Tahar Rahim, deux ans et des poussières après le coup d’éclat du Prophète de Jacques Audiard, de se rappeler à notre meilleur souvenir en séduisant la très craquante Corinne Yam. Regard buté, nervosité du sentiment, hyper-sensibilité qui ne trouve pas les mots pour s’exprimer : Tahar Rahim, dans la (belle) peau de Mathieu, prouve qu’on peut en dire en plus long avec son (beau) corps qu’avec son langage. D’autant plus fort que, malgré les apparences, il n’apparaît jamais complètement à poil dans le film. Sa prestation n’en est que plus entêtante.

2. Parce que Tahar sait choisir ses films.
Mais où était donc passé le "Prophète" ? Pourquoi, malgré ses deux César récoltés en 2009, Tahar Rahim, unanimement salué comme l’espoir n°1 du cinéma français, a-t-il choisi de quasi disparaitre ? Fait rare dans sa corporation : Tahar, aujourd’hui 30 ans, se contrefout de multiplier les rôles et d’apparaître tout le temps sous les spots des projecteurs. De crainte de tourner n’importe quoi sous la direction de n’importe qui, l’acteur a donc décidé de prendre son temps pour choisir les bons rôles dans les bons films et de privilégier la diversité. Bonne nouvelle : ça marche ! Excellent, il y a quelques semaines dans Des hommes libres, un portrait de la communauté Maghrébine sous l’occupation, excellent aujourd’hui dans Love and Bruises, Tahar sera bien entendu excellent le 23 novembre dans Or Noir, de Jean-Jacques Annaud. Une méga-production internationale où, aux côtés d’Antonio Banderas, il campe un jeune prince arabe des années 30 qui lutte pour l’indépendance de son peuple et séduit toutes les filles à portée de regard. Trois rôles passionnants en trois mois et Tahar trois fois différent. Qui dit mieux ?

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