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"The Big Short", un film au casting masculin alléchant

"The Big Short", un film au casting masculin alléchant

Christan Bale, Ryan Gosling et Brad Pitt, devant la caméra de Adam McKay, s’amusent comme des fous dans un film décapant sur la crise financière de 2008 et le système bancaire qui déraisonne. Efficace et insolent.

Quand il était gamin, comme la plupart de ses contemporains, il ne jurait que par les joies viriles du football américain et la consommation addictive de blockbusters. Pas si simple quand on a la malchance de porter un œil de verre, qui ne permet pas exactement d’observer la vie comme tout un chacun... 30 ans et des poussières plus tard, il n’a pas changé. Sorte d’éternel ado, il plébiscite le heavy métal le plus radical, joue de la batterie à ses heures perdues, porte des jeans d’une propreté douteuse et, inévitablement, avec son regard fixe, n’inspire qu’une confiance modérée à ses interlocuteurs. Michael Burry, la quarantaine, n’a pourtant rien d’un marginal, mais tout d’un homme de son temps puisque, tel un piranha de la finance, il batifole tout à son aise dans le bocal mal famé de Wall Street. En 2005, Burry s’aperçoit avant tout le monde qu’une catastrophe économique est en cours. Anticipant la crise des subprimes qui anéantira les marchés trois ans plus tard, il invente un système sophistiqué : "les couvertures de défaillance", auquel personne (ni les banques, ni les actionnaires de son fonds de pension) ne comprend que couic. Un système qui lui permettra, pense-t-il, de s’en sortir à bon compte quand la crise surviendra et provoquera la panique partout sur la planète. Tout comme Burry, une poignée de financiers, plus malins que leurs pairs, comprennent que le cataclysme est proche. Parmi eux, un "hedge funder" ronchon qui passe son temps à engueuler ses collaborateurs, un ancien trader retiré des affaires et qui semble désormais mépriser le Dieu Dollar, deux jeunes blancs becs qui rêvent d’un avenir mirobolant dans la finance…

Réunir un casting de mâles inégalables et trousser une tragicomédie incisive sur la crise économique : Hollywood n’a vraiment peur de rien et, en l’occurrence, Hollywood a raison… Dans The Big Short, Christian Bale (génial dans la peau du boursicoteur à l’œil de verre) et ses camarades de jeu - Brad Pitt en financier repenti, Ryan Gosling en requin des Bourses, Steve Carell en agité du bocal bancaire - s’en donnent à cœur joie dans ce récit apocalyptique sur les dérives incontrôlables des marchés. Les quatre acteurs incarnent avec brio ces esprits libres et cyniques qui, quand le pire advient - ô surprise -, en viennent à s’interroger sur la moralité des manipulations financières. Si la mise en scène m’as-tu-vu d’Adam McKay (Very Bad Cops) n’est pas toujours à la hauteur du scénario (inspiré par le best-seller du journaliste américain Michael Lewis : Le casse du siècle), le film, grâce à sa description féroce d’un "système" mortifère et à ses comédiens surmotivés, passionne de bout en bout. Et si l’on ne pige pas tout à l’intrigue, aucune raison de paniquer… Cette incompréhension est 100% logique, nous raconte The Big Short, puisque l’économie contemporaine ne comprend pas elle-même comment elle génère ses propres poisons. Voir le cinéma U.S et ses plus grands acteurs s’amuser (et s’indigner) autour de ces peu frivoles thématiques n’a vraiment rien d’une mauvaise nouvelle.

The Big Short, de Adam McKay, avec Christian Bale, Ryan Gosling, Brad Pitt… Sortie le 23 décembre.

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Olivier De Bruyn
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