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Sara Forestier : "Je me colle une sacrée pression !"

Sara Forestier

Dans "Télé Gaucho", la comédie délirante de Michel Leclerc, Sara Forestier incarne une ingénue ingérable et surprend une fois encore. Rencontre.

Deux petites années après Le nom des gens, qui lui valut un César de la meilleure actrice, Sara Forestier, 26 ans, retrouve Michel Leclerc pour Télé Gaucho, une comédie stimulante sur la création d’une chaine de télévision indépendante dans les années 80. Elle y incarne Clara, une héroïne libre de corps et d’esprit, dialogue avec Eric Elmosnino, Maïwenn, Emmanuelle Béart et confirme son amour pour les partitions farfelues. Elle s’explique.

Après ton César en 2010, on s’attendait à te voir beaucoup sur les écrans, or cela n’a pas été le cas. Pourquoi ?
Les films que je tourne aujourd’hui correspondent vraiment à mes goûts, ce qui n’était pas toujours le cas il y. a encore cinq ans. Après Le nom des gens, je n’ai pas tourné pendant un an. Tout ce que l’on me proposait me semblait fade. Puis de beaux projets sont arrivés : Une nuit, de Philippe Lefebvre où j’incarnais une flic aux côtés de Roschdy Zem ; Gainsbourg, vie héroïque de Joan Sfarr, où je jouais France Gall. Ces films-là avaient une personnalité et un ton singulier. On ne rencontre pas tous les jours de telles aventures et ce sont elles que je recherche en priorité.

Deux ans après Le Nom des gens, tu retrouves Michel Leclerc. Une histoire de fidélité ?
Michel et moi, on s’est bien rencontrés. Dès que l’un trouve une idée, elle stimule illico la créativité de l’autre. Quand je découvre ses scénarios, je visualise immédiatement mon personnage : sa silhouette, sa couleur de cheveux, son tempérament. Sur Télé Gaucho, j’ai tout de suite vu Clara, qui, à mon sens, devait être une fille décalée, presque un personnage de bande dessinée.

Dans Télé Gaucho comme dans Le nom des gens, la politique occupe une place importante. Le sujet te passionne ?
Je n’ai pas une grande culture politique et je ne pense pas que l’on puisse s’engager sans réelle connaissance. Par contre, je suis sensible à certains sujets, en premier lieu l’éducation. J’ai d’ailleurs écrit un scénario sur ce thème, en particulier sur l’illettrisme. Je compte bien le mettre en scène moi-même.

Pourquoi cet intérêt ?
Parce que l’éducation est la base. Parce que l’éveil à la curiosité est une nécessité pour ne pas être dans le position de celui qui avale tout sans jamais s’interroger sur le pourquoi et le comment des choses. Je suis effrayée par le manque de curiosité...

Bahia, ton personnage dans Le nom des gens, rééduquait ses ennemis politiques par le sexe. Clara, dans Télé Gaucho, affiche une sensualité très décontractée…
Heureusement, on ne me propose pas que des films où les héroïnes vivent à poil (rires). Par contre, et cela a un rapport avec mon âge, on m’offre aujourd’hui des vrais rôles de femmes, où la question de la sexualité rentre en ligne de compte. Tant mieux !

Ton plus grand fantasme de cinéma, ce serait quoi ?
J’ai des fantasmes irréalisables, par exemple celui de jouer dans un film de Charlie Chaplin. Sinon, je m’envisage toujours au présent. Mon fantasme consiste donc à réaliser ce film auquel je tiens tellement. Ce sera le cas l’an prochain. 

Est-il vrai que tu tombes systématiquement malade à chaque début de tournage ?
Oui, à cause de mon anxiété. Elle entraine de la fatigue et la fatigue provoque à son tour des maladies ridicules : des grippes, des angines. Cette année, toutefois, je me suis autorisée une dérogation et je n’ai souffert de rien sur mes tournages. J’ai dû fixer mon stress ailleurs…

Pourquoi une telle anxiété ?
J’ai toujours envie de bien faire. Je m’investis à fond et je ne  sais jamais si je vais arriver à accoucher de mes personnages. En fait, je me colle une sacrée pression. Encore heureux, c’est mon métier ! Si je ne le prenais pas très au sérieux, autant arrêter et faire autre chose.

"Télé Gaucho" de Michel Leclerc, avec Sara Forestier, Eric Elmosnino, Maïwenn, Emmanuelle Béart… Sortie le 12 décembre.

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Olivier De Bruyn
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