Quoi de neuf cette semaine au cinéma ?

Gros films et outsiders, stars et nouveaux visages, scènes X et dialogues fun : chaque semaine, Glamour.fr voit l’actu ciné autrement.

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La fille : Marion Cotillard dans De rouille et d’os.

En route vers le prix d’interprétation ?
Attention : à partir d’aujourd’hui la planète people ne tourne plus dans le même sens. Et sa capitale survoltée s’appelle Cannes. Les photographes de tout l’univers jouent des coudes et du zoom sur la Croisette, les marques de cosmétiques ne savent plus où donner de l’égérie, les limousines travaillent plus pour gagner plus, les bouteilles de champagne se descendent au goulot, les journalistes s’excitent comme des poux sous cocaïne, les mannequins se crêpent le chignon pour monter les marches avant leurs copines, on en passe… Ce soir, le festival, 65ème du nom, déplie son tapis rouge et (on avait failli l’oublier) accueille la fine fleur du cinéma mondial jusqu’au dimanche 27 mai, jour du palmarès. Une affaire qui n’intéresse qu’une poignée de privilégiés ? Non, pas. Cette année, bonne nouvelle, plusieurs films présentés en compétition sortent simultanément dans les salles. Ainsi De rouille et d’os, de l’excellent Jacques Audiard (Sur mes lèvres, Un prophète) qui, entre autres mérites, donne l’occasion à Marion Cotillard d’incarner son plus beau rôle à ce jour. Ce qui n’est pas exactement rien.

Dans le nouveau cru d’Audiard, Marion est Stéphanie, une fille un peu perdue qui vit (mal) sur la Côte d’Azur avec un mec qu’elle n’aime plus et un boulot qu’elle adore : dresseuse d’orques dans un parc d’attractions. Un jour, catastrophe, un terrifiant accident réduit Stéphanie en bouillie. Quand elle se réveille à l’hôpital, l’héroïne s’aperçoit qu’elle a été amputée des deux jambes. Comment (sur)vivre après ça ? Un type étrange rencontré par hasard, Ali, l’aidera peut-être à lutter contre l’envie sournoise d’en finir. Avec un tel sujet, beaucoup de cinéastes auraient sombré dans le misérabilisme et les surenchères larmoyantes. Audiard ne mange pas ce pain rassis-là et signe un film nerveux, sombre, incroyablement puissant, dont on met plusieurs heures à se remettre après l’avoir vu. Dans la peau de Stéphanie, fille bouleversante ravagée dans son corps et son âme, Marion Cotillard n’en fait jamais trop et se dresse (si l’on ose dire) à la hauteur de son génial cinéaste. On ne serait pas étonnés de retrouver l’un et l’autre à l’heure du palmarès. En attendant, le film sort dans les salles le jeudi 17 mai. Il ne faut pas le rater.

De rouille et d’os, de Jacques Audiard, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaert. Sortie dans les salles prévue le 17 mai 2012.