C’est le film à voir cette rentrée. "La guerre est déclarée", second long-métrage de Valérie Donzelli acclamé à Cannes, est extraordinairement vivant, bordélique et bouleversant. On fonce.

La guerre est déclarée

Parce que l’histoire nous cloue au sol
C’est l’histoire d’un bonheur, puis d’un malheur, qui comme tous les malheurs frappe banalement où on ne l’attend pas. Roméo et Juliette (Jérémie Elkaïm et Valérie Donzelli), joli couple de bobo parisiens, s’aiment, vivent ensemble puis font un enfant. Quand celui-ci a 18 mois, ils découvrent qu’il est atteint d’une grave tumeur au cerveau. C’est leur "parcours de combattants" que l’on va suivre.
Le film remplit une double fonction : raconter sans pathos et avec humour une histoire qui est réellement arrivée à Valerie Donzelli et Jéremie Elkaïm, et mixer avec vigueur les deux réalités d’un jeune couple des années 2010 en France : d’un côté les préoccupations du quotidien, la fête, les rires, les jeux, les amours… et de l’autre, une réalité, terrible, celle de la maladie et de la mort qui rôde sur leur enfant. Leur façon nietzschéenne de gérer cette épreuve (pour Valérie Donzelli, "la vie est une succession d’épreuve à surmonter") n’est pas sans rappeler La vie est belle de Roberto Benigni, qui brave les camps nazis en faisant le clown. Ou l’art d’activer sa pulsion de vie face à l’impensable. Autant dire que même si le film évite les écueils mélodramatiques, vous allez chouiner.

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