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"Party Girl", "FLA"... Quand Cannes sort des sentiers battus

Le Festival de Cannes 2014, en version pas si sage

Quand la compétition officielle du Festival de Cannes nous ennuie, on met le cap sur les sélections parallèles, où de jeunes réal’ font bouger les lignes du cinéma à papa. Cette année, on y découvre un jeune septième art français en pleine effervescence.

Même à Cannes, il y a des réveils difficiles. Commencer sa journée par Mr. Turner, experte mais assommante biographie du peintre anglais d’une durée déraisonnable de 149 minutes, peut vous mettre de mauvais poil pour le reste de la journée. Mike Leigh, Ken Loach, les frères Dardenne… La compétition a ses abonnés, grands cinéastes aussi incontestables qu’attendus.
Heureusement, il y a les sélections parallèles, tremplins pour auteurs moins expérimentés mais plus turbulents, où émergent cette année une famille de jeunes réalisateurs français portés par un même désir de capter la réalité contemporaine. Sous la double influence Cassavetes-Pialat, cette génération prouve qu’un autre cinéma est possible, plus libre, plus ouvert, plus léger financièrement, et plus en prise avec son époque. Saisir la vie dans son expression la plus brute et la transformer en matière de cinéma, c’est ce que partagent Party Girl, Faire l’amour et Bande de filles.

"Party Girl", tout sur sa mère

Présenté dans la catégorie Un Certain Regard, Party Girl marche sur un fil étroit entre documentaire et fiction. L’acteur et metteur en scène Samuel Theis, coréalisateur avec les diplômées de la Fémis Marie Amachoukeli et Claire Burger, y recrée une version fictionnalisée de la vie de sa mère, Angélique, ici dans son propre rôle, celui d’une entraîneuse qui a passé l’âge et se laisse tenter par la demande en mariage d’un client amoureux. Dans un genre naturaliste ponctué de quelques éclats de transe stylistique, le film saisit le regard d’un fils sur sa mère. Le procédé est d’autant plus productif que Samuel Theis (repéré dans la série Un Village français, où il joue le soldat allemand Kurt) y apparaît également dans sa peau, celle du fils qui a changé de milieu en s’installant à Paris. Dénué de toute condescendance, ce décalage entre le lieu d’où l’on vient et celui d’où l’on regarde crée un espace fictionnel inédit, qui donne une nouvelle définition du cinéma social. Et vibre d’une émotion palpable, à la fois cinématographique et réelle.



"Bande de filles", somptueuse réalité

On pourrait dire la même chose de Bande de filles, même si le style est radicalement différent. Dans son troisième film, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, la réalisatrice du magnifique Tomboy, Céline Sciamma, y déploie une mise en scène aussi sophistiquée que celle de Party Girl est documentaire, pour saisir au vif mais en majesté la vie d’un groupe de nanas de banlieue contaminées par la violence. Avec un casting 100% black (dont la superbe Karidja Touré) et des dialogues plus vrais que nature, la réalisatrice parvient à refléter la société telle qu’elle est sans jamais donner dans les clichés du misérabilisme. Suite de séquences virtuoses, dont un match de football américain que Céline Sciamma a voulu en hommage à la série Friday Night Lights dont elle est fan, Bande de filles refuse de se priver des artifices de la fiction pour aller chercher la vérité. Le résultat, c’est un film magnifique à regarder, qui, lui, regarde le monde droit dans les yeux.

"Faire l’amour" (et la guerre)

Cinéma guérilla : c’est ainsi que Djinn Carrénard, coréalisateur de FLA (Faire l’amour) avec son inséparable binôme Salomé Blechmans, définit sa démarche. Auteur de Donoma, film pirate réalisé avec un budget de base de 150 euros, le duo et son collectif de potes artistes reviennent avec un deuxième film un peu moins fauché, mais toujours animé par l’esprit romantico-insurrectionnel du premier. Entre Paris et Perpignan, on y suit au galop les sentiments exacerbés d’une poignée de personnages unis et désunis par le hasard et les circonstances. 2h45 d’échanges nerveux, filmés comme à l’arrache, mais remontés avec des effets de pellicules qui font du film un objet à la fois réaliste et poétique. Bouillonnant de jeunesse, d’énergie et d’une diversité qui se pose comme une évidence, le film de Carrénard et Blechmans ne cherche même pas à parler du monde d’aujourd’hui, il l’incarne. Sans se poser davantage de question. Du cinéma physique, qui vous laisse épuisé mais heureux.

 
"Party Girl" de Samuel Theis, Marie Amachoukeli et Claire Burger avec Angélique Litzenburger, Joseph Bour… Sortie le 3 septembre 2014.
"Bande de filles" de Céline Sciamma avec Karidja Touré, Assa Sylla… Sortie le 22 octobre 2014.
"FLA (Faire l’amour)" de Djinn Carrenard et Salomé Blechmans avec Azu, Laurette Lalande, Maha… Sortie le 3 septembre 2014.
 
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