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"Manchester by the Sea" : quand Casey Affleck crève l’écran

"Manchester by the Sea" : quand Casey Affleck crève l’écran

Pourvu qu’il n’ait pas l’oscar?! Ce n’est pas qu’on lui veuille du mal, bien au contraire. Mais dans "Manchester by The Sea", la prestation de Casey est tellement inouïe qu’on craint pour lui une canonisation prématurée. Petit retour sur son parcours singulier.

C’est un vœu pieux pour cette nouvelle année : entendre encore parfois "Casey Affleck ? Qui c’est, celui-là ?", histoire de le garder encore un peu dans notre panthéon cinématographique personnel où cohabitent réalisateurs maudits et acteurs indé. Rien ne semble plus vain que de dire du bien d’un comédien que tout le monde vénère. Pourtant, trophées et autres statuettes dorées risquent fort de pleuvoir sur Casey, 41 ans, après la sortie de Manchester by The Sea, film américain à petit budget dans lequel il joue un gardien d’immeuble apathique nommé Lee Chandler. Un gars bizarre que rien n’atteint, ni les crises d’hystérie des locataires à propos d’une baignoire bouchée, ni les reproches de son patron. Convoqué un jour par un notaire, il se voit proposer, par testament interposé, une drôle de mission : devenir le tuteur de son neveu ado dont le père vient de mourir. Mais Lee refuse formellement que le gamin de son frère vienne combler le vide de sa vie.

La vie comme au cinéma

Pas facile à jouer, le vide ! Casey y parvient pourtant de façon magistrale, laissant affleurer d’infinis tourments sous son masque impassible. Et la scène de retrouvailles entre Lee et son ex (Michelle Williams), casse-gueule au possible, est l’une des plus belles performances d’acteur que l’on ait vues à l’écran. A l’issue du film, on s’interroge tout de même : comment Casey a-t-il fait pour se mettre dans un tel état – de chagrin et de repli sur soi – devant une caméra ? Au magazine américain Variety, l’acteur a fait un aveu aussi sincère qu’étonnant : "Le tournage est arrivé à un moment de ma vie pas très marrant. Ce n’était pas difficile de jouer quelqu’un à qui sa famille manque terriblement car j’étais moi-même loin de la mienne. Et c’était techniquement un tournage très éprouvant. Il y avait peu d’argent et beaucoup de conflits. Demandez à n’importe qui dans l’équipe, il vous dira sans doute que ce n’était pas une partie de plaisir. Dans mon cas, il y avait une corrélation entre mon travail et ce je vivais dans ma vie. La culpabilité que j’éprouvais à faire de la peine à mes enfants. Et ce film parle de ça : de la peine et de la culpabilité. "

Boosté par Matt Damon

Casey a eu de la chance. Car c’est Matt Damon, le producteur du film, qui s’était approprié le rôle de Lee. Mais ayant déjà signé pour Seul sur Mars, il a suggéré un autre acteur au réalisateur Kenneth Lonergan : "J’étais prêt à investir dans le film à condition que le rôle principal soit tenu par quelqu’un avec qui j’ai grandi et que j’aime profondément, a confié Matt Damon. Quelqu’un qui soit un excellent comédien." Autant dire Ben Affleck, son meilleur ami ? Non, c’est à Casey auquel Matt pensait. Plus jeune et plus petit que son frère (l’un mesure 1,75?m, l’autre 1,92?m), plus réservé, moins populaire, mais dont le talent n’a pas échappé pour autant à Hollywood. En 2008, Casey a été nommé aux oscars dans la catégorie "Meilleur acteur dans un second rôle" pour L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Dans le film, le lâche, c’est lui, face au gentil Brad Pitt avec qui il avait déjà échangé quelques répliques dans les Ocean’s Eleven, Twelve et Thirteen : "Brad était devant la caméra et moi je passais mon temps en arrière-plan dans un hangar à empiler des jetons de poker", a raconté l’acteur à Variety.

Une tendance à l’autodénigrement

Pas du genre à se faire mousser, Casey (récemment séparé de sa compagne, la sœur de Joaquin Phoenix). On peut même compter sur lui pour détailler tout ce qui n’a pas marché dans sa vie :
un projet avorté de musée futuriste sur lequel il a planché quelques années. Un autre projet de restaurants végétaliens franchisés qu’il a abandonné. Sans compter un film en forme de faux documentaire sur la vie d’un acteur – Joaquin Phoenix – qui veut se lancer dans le rap, et auquel personne n’a rien compris. Une posture que cette loser attitude ? C’est ce que semblait insinuer le présentateur Stephen Colbert, lors de son talk-show, en février dernier, en demandant à Casey s’il avait fait exprès de venir aussi mal habillé. "J’ai simplement perdu ma valise à l’aéroport", avait répondu l’acteur, visiblement embarrassé. D’ici la cérémonie des oscars (en mars prochain), peut-être retrouvera-t-il son nœud papillon.


"Manchester by The Sea", de Kenneth Lonergan. Sortie le 14 décembre.

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Erick Grisel
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