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"Madame Bovary" : Mia Wasikowska crève l’écran

"Madame Bovary" : Mia Wasikowska crève l’écran

Dans cette énième adaptation du classique de Flaubert, Mia Wasikowska crève l’écran de la première à la dernière scène. La preuve que l’actrice sait tout faire, même surprendre dans les partitions les plus prévisibles.

Elle est jeune, ravissante, naïve et, à sa sortie du couvent, elle s’imagine un avenir radieux. Une vie où, comme dans les romans à l’eau de rose qu’elle dévore avec frénésie, l’ennui n’aura jamais le droit de pointer le bout de son vilain nez. Hélas pour elle, plus dure sera la chute… Mariée à un médecin de campagne simplet, le dénommé Charles Bovary, la juvénile Emma s’installe avec ce dernier dans un bled du bocage normand où il ne se passe jamais rien. Ou si peu. Une fois qu’elle a réaménagé sa demeure avec soin, une fois qu’elle a usé toutes les touches de son piano en enchaînant des gammes répétitives, une fois qu’elle a acheté toutes sortes de toilettes qui, dans son trou provincial, ne lui serviront jamais à rien, il ne reste plus à Emma qu’à contempler sa déroute. Son bon bougre d’époux n’a aucune ambition. Son horizon se limite aux deux rues qui jalonnent ce foutu bled normand où les surprises brillent par leur absence. Sa vie, jusqu’au tombeau, risque bien de rimer avec morosité et aigreur. Que faire pour échapper à la dépression ? Prendre un amant ou deux ? Claquer tout l’argent du foyer en dépenses superflues ? Se flinguer afin d’écourter les souffrances ? Emma opte pour les deux premières options. Pour la troisième, elle verra plus tard…

L’argument vous rappelle vos années de baccalauréat ? Logique, puisque, comme le titre du film l’indique, Sophie Barthes, dans Madame Bovary, adapte le chef-d’œuvre inusable de Flaubert, publié en 1856, et, depuis cette date, moult fois commenté, analysé, décortiqué. Un chef-d’œuvre également moult fois adapté au cinéma, entre autres par Claude Chabrol en 1991 avec Isabelle Huppert dans le rôle-titre. Quoi de neuf dans cette nouvelle version, mise en scène par une réalisatrice française qui bosse dans le cinéma indépendant américain ? A vrai dire, pas grand-chose. Sophie Barthes, sage et consciencieuse, dépeint fidèlement chaque étape du chemin de croix de son héroïne : Emma qui se ruine, Emma qui s’abîme dans la mélancolie, Emma qui s’ennuie, Emma qui se fait duper par ses deux amants : les médiocres Léon Dupuis et Marquis D’Andervilliers, deux types qui plébiscitent sa jolie silhouette, mais se contrefoutent de son âme en peine. Alors, juste un élégant livre d’images ? Pas que… La Madame Bovary version 2015 compte en effet un merveilleux atout dans son jeu. Ce dernier porte un nom : Mia Wasikowska, qui, sans jamais en rajouter dans le registre éploré, donne vie à Emma avec une grâce et une subtilité qui parviennent à captiver et à surprendre, même si le spectateur connaît le scénario comme sa poche. Par la seule force d’un regard, d’un geste ou d’une attitude, Mia est Emma et rend sensible l’accablant destin de son héroïne en ce bas monde. Après avoir charmé, entre autres, Tim Burton (Alice au pays des merveilles), Gus Van Sant (Restless), Jim Jarmusch (Only Lovers Left Alive) et David Cronenberg (Maps To The Stars), Mia Wasikowska, qui vient tout juste de fêter ses 26 ans, prouve une nouvelle fois qu’elle ignore la médiocrité. Rien que pour son interprétation ambiguë et sensuelle, cet énième détour par la case "Bovary" n’est pas complètement inutile.  

"Madame Bovary", de Sophie Barthes, avec Mia Wasikowska, Henry Lloyd-Hugues, Ezra Miller… Sorti le 4 novembre.

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Olivier De Bruyn
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