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"Ma vie avec Liberace": bling, amour et grosses moumoutes

Ma vie avec Liberace : Bling, amour et grosses moumoutes

Steven Soderbergh est de retour à Cannes. Lauréat de la Palme d'or pour "Sexe, mensonges et vidéo" en 1989, le réalisateur se penche sur l'histoire d'amour démesurée entre Liberace, star américaine du music hall et Scott Thornton, son amant.

Viva Les Vegas
1977. Liberace (Michael Douglas) est le pianiste le plus kitchissime de la planète. Sur son piano totalement recouvert de strass, repose un immense (et immonde) candélabre doré (d'où le titre original du film, Behind the candelabra). Les mamies l'adorent pour ses reprises cuculs de grands génies comme Chopin. Les gays le vénèrent pour sa passion immodérée du bling et des costumes flamboyants. Forcément, il vit à Las Vegas dans un palace aussi kitch que lui. Gay jusqu'au bout de ses ongles manucurés, "Lee" cache à ses fans son attirance pour les beaux jeunes hommes. A l'instar de Rock Hudson, autre star homo dans le placard, il s'invente des amours hétérosexuels, protégé par son agent. Armé d'une libido impressionnante, Liberace se lasse de ses amants qu'il éconduit pour de la chair fraîche. Quand il rencontre Scott Thornton (Matt Damon), un adonis californien qui rêve de devenir vétérinaire, Liberace sort le grand jeu. Le pianiste ultra doué est drôle, exubérant, riche mais il se sent terriblement seul : il a besoin de Scott. Le jeune homme, un peu prude et naïf, tombe sous le charme. C'est le début d'une liaison secrète et d'une folle histoire d'amour.

L'amour dure cinq ans
Cinq années pendant lesquelles Scott se transforme peu en peu en poupée Ken pour Liberace. Car quand la star est amoureuse, "more is more". Généreux, il couvre Scott de bijoux, de cadeaux et lui achète même une maison. Bizarre, il veut l'adopter secrètement car il rêve d'avoir des enfants et le beau blond n'a pas de famille, (sa mère vit dans un hôpital psychiatrique). Complètement égocentrique, il lui "ordonne" de subir une opération de chirurgie esthétique pour mieux lui ressembler. Prêt à tout pour "Lee", Scott accepte de changer de visage. Il accepte aussi de devenir son chauffeur, d'enfiler un ridicule uniforme de lumière, de prendre de mystérieuses pilules pour maigrir. Bref, un amour absolu et étouffant. Enfermé dans leur bulle, le couple finit par manquer d'air. Las de son adonis accro à la coke, le maestro le remplace froidement par une version plus jeune et moustachue.

Michael forever
Si Soderbergh a pu décevoir ces derniers temps (Piégée, Magic Mike), il revient en grande forme (et porté par des dialogues très drôles) avec cette fable tendre et cruelle. Ma vie avec Liberace (quel titre affreux!), c'est aussi l'occasion de se souvenir que Michael Douglas est un acteur génial. A grands renforts de sourires ultra bright et de moumoutes parfaitement laquées, l'acteur de Wall Sreet délivre une performance parfaite et délirante qui mériterait un prix d'interprétation (même si le festival n'a pas vraiment l'habitude de récompenser ce type de performances pseudo légères). Comme d'habitude, Matt Damon est implacable que ce soit en slip moulant ou en amant naïf. Et mention spéciale à Rob Lowe, hilarant dans la peau d'un chirurgien esthétique tellement lifté qu'il ne peut plus plus bouger son visage.

Ce ne sera peut-être pas le film le plus mémorable de cette quinzaine, mais si comme Steven Soderbergh l'a annoncé, Ma vie avec Liberace est son dernier film, il réussit brillamment son départ à la retraite très anticipée.

Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, prochainement.

 

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Nathalie Dépret
Inread
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