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"L'ombre des femmes" : Clotilde Courau tire son épingle du jeu

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Dans son nouveau film, Philippe Garrel, le père de Louis, met en scène un couple en pleine crise de foi amoureuse et adultérine. Une fiction impressionniste qui permet à l’inattendue Clotilde Courau de briller de mille feux.

Pierre et Manon, plus si jeunes et sévèrement fauchés, mènent leur existence comme de vieux ados, sans se soucier outre mesure du fric qu’ils n’ont pas, de leur appartement parisien un rien délabré et de leur avenir social en ce bas monde. Documentaristes, ils bossent ensemble sur des projets de films peu rémunérateurs et semblent se satisfaire de leur amour qui comblent tous les vides et conjurent toutes les peurs. Une idylle idéale ? Il faut voir… Un jour, Pierre rencontre une autre fille, Elisabeth, et entame une liaison "suivie" avec elle, sans pour autant quitter Manon. Manon, elle, sent confusément que son mec n’est plus tout à fait le même et, vilainement délaissée, sort avec un autre type. Quand Pierre et Manon, toujours amoureux l’un de l’autre, découvrent leur infidélité réciproque, de violents conflits et incompréhensions menacent leur couple. En attendant pire, peut-être…

Un banal vaudeville ? Une prise de tête psychologico-conjugale prévisible ? Dans L’ombre des femmes, fidèle à sa manière ultra singulière dans le cinéma français (où il exerce son art depuis les années 60), Philippe Garrel, 67 ans, ne fait rien comme tout le monde et c’est tant mieux. Tourné dans un somptueux noir et blanc, ce film express (1 h 13), récemment présenté au Festival de Cannes ("Quinzaine des réalisateurs"), ignore les bavardages, les conventions, les couplets moralisateurs, et enregistre au plus près et au plus juste les élans et désirs capricieux de ses beaux personnages, à la fois hantés par de confuses envies d’ailleurs et soucieux de protéger leur union essentielle.
Minimaliste et épuré, L’ombre des femmes joue avec la suggestion, préfère s’attarder sur les regards, les attitudes et les silences plutôt que de "tout" disséquer à grand renfort de dialogues explicatifs. Cela fait bien longtemps que Philippe Garrel, le papa de Louis (qui assure la discrète voix off du film), ne s’adonne plus aux joies underground de ses lointains débuts. Mais son style et son regards, uniques en leur genre, continuent de s’imposer comme des OVNI dans le ciel du cinéma hexagonal. L’occasion pour le cinéaste impressionniste de confirmer qu’il sait filmer les acteurs, et surtout les actrices, comme personne. Après, entre autres, Catherine Deneuve (Le vent de la nuit), Clotilde Hesme (Les amants réguliers) ou Monica Bellucci (Un été brûlant), c’est au tour de Clotilde Courau, sans fard ni poses, de passer pour le meilleur à la moulinette garrelienne. Et de prouver, après plusieurs années très discrètes, que son talent de comédienne ne s’est pas évaporé. Une raison supplémentaire de découvrir ce film hors norme qui brille en noir et blanc.

"L’ombre des femmes", de Philippe Garrel, avec Clotilde Courau, Stanislas Merhar… Sorti le 27 mai.

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Olivier De Bruyn
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