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"Lolo" : Julie Delpy signe la meilleure comédie de la saison

"Lolo" : Julie Delpy signe la meilleure comédie de la saison

Dans sa nouvelle comédie, Julie Delpy met en scène les relations toxiques entre une mère célibataire et son fils pervers narcissique de 20 ans. Résultat : un film furieusement incorrect où tout le monde en prend pour son grade.

Elle travaille dans la mode, tutoie Karl Lagerfeld, habite dans un coquet appartement parisien et tout semble lui sourire. MaisViolette, la quarantaine, a beau afficher un profil de bobo épanouie, son existence sentimentale ne tourne pas exactement rond. Célibataire, l’héroïne multiplie les aventures médiocres et ne s’entend finalement qu’avec un seul mec : Lolo, 20 ans, son fils adoré, qui, derrière ses grands airs de séducteur et de dandy libertaire, cultive de sévères névroses. Vivant toujours chez sa chère maman, Lolo n’a pas du tout envie de quitter cette dernière et supporte très mal l’idée que sa génitrice puisse tomber amoureuse. Conséquence : quand Violette ramène un mec chez elle, Lolo fait tout (vraiment tout) pour pourrir la vie du mâle inopportun. Aveuglée par son amour maternel, Violette ne voit rien aux manigances de sa progéniture. Ou préfère ne rien voir… Le jour où elle entame une relation sérieuse avec Jean-René, un provincial un rien ahuri, mais pourvu de quelques solides atouts (solides atouts en premier lieu sexuels), Lolo pressent qu’un grand danger le menace et se déchaine pour que ledit Jean-René prenne rapidement la poudre d’escampette. Début d’une relation à trois aussi tordue que destructrice.

Quatre ans après Le Skylab, une fiction farfelue et autobiographique, où elle évoquait sa propre famille, Julie Delpy est de retour des deux côtés de la caméra avec une comédie décapante et une nouvelle fois "familiale" où elle bouscule quelques tabous. Lolo, sans jamais se départir de sa légèreté de ton, dépeint une relation toxique entre un vieux gamin supérieurement intelligent et supérieurement pervers (Vincent Lacoste, juste parfait) et une mère qui se refuse à admettre l’évidence (Julie Delpy herself). L’occasion pour la cinéaste de s’amuser avec les innombrables ridicules de ses personnages, tous englués dans leurs faux-semblants, et de radiographier un amour mère/fils qui rime avec folie pas forcément douce… Outre l’examen hilarant de ce « couple » mortifère, Julie Delpy met itou en scène l’amitié de son héroïne avec Ariane (Karin Viard, virevoltante) sa copine de toujours, et en profite pour dégainer des dialogues épicés. Les deux quarantenaires parlent en effet de tout : l’âge, les inconvénients d’avoir de grands enfants et surtout le cul… "J’ai furieusement envie de me faire ramoner la cheminée", raconte Ariane à Violette, qui, de son côté, n’en finit pas de vanter les mérites de l’organe sexuel de son Jean-René d’amant (Dany Boon, pour une fois vraiment drôle). Dans le paysage si souvent prévisible de la farce tricolore, Lolo fait figure d’heureuse exception, tant le genre rechigne à mettre en scène des personnages féminins qui évoquent crûment leurs désirs et ne se contentent pas d’être de décoratives silhouettes. Pour cela et pour tout le reste, on remercie Julie Delpy qui, avec cet insolent Lolo, signe, et de loin, la meilleure comédie de la saison.

"Lolo", de Julie Delpy, avec Julie Delpy, Dany Boon, Vincent Lacoste… Sorti le 28 octobre.

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Olivier De Bruyn
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