Le film de la semaine : "Django Unchained" : Tarantino déchaîné !

Le cinéaste culte revient aux affaires avec "Django Unchained", un western de près de trois heures où il s’en donne à cœur joie. Ses acteurs (Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio…) sont ravis de l’accompagner. Et nous ?

JF2
© DR -

Comme le temps passe… Le 27 mars prochain, Quentin Tarantino fêtera son cinquantième anniversaire. A cet âge presque canonique, beaucoup de cinéastes abandonneraient l’agitation de leurs jeunes années pour le pantouflage et une infusion quotidienne de tisane. Oubliez les calmants : avec Django Unchained, son nouveau film pétaradant, Tarantino prouve qu’il n’a rien perdu de sa fougue juvénile, puisqu’on le retrouve quasiment dans le même état extatique que lors de ses débuts en 1992 avec Reservoir Dogs. Tant mieux ! 

Ça raconte quoi ?
Le sud des Etats-Unis, deux ans avant que la guerre de Sécession ne déchire l’Amérique… Un dentiste ambulant, le docteur King Schultz, arpente les routes dans une carriole brinquebalante sur laquelle trône une gigantesque molaire. L’homme cache bien son jeu. Indifférent aux gencives de ses contemporains, il exerce en fait ses talents dans un autre métier, beaucoup plus lucratif : chasseur de primes. Suite à une rencontre hasardeuse et musclée, le faux doc’ unit bientôt son destin à celui d’un esclave black qu’il libère de ses chaînes. Lui, c’est Django, un type qui ne vit que pour une obsession : retrouver son épouse, elle-même esclave. Les deux héros collaborent, avec un double objectif : crouler sous le pognon (Schultz), sauver l’amour de sa vie des griffes de l’enfer raciste (Django). Début d’une aventure délirante et (très) agitée.

Pourquoi c’est bien ?
Plus inventif, on ne peut pas… Dans Django Unchained, avec ses deux personnages que tout semble a priori séparer (Schultz est un tchatcheur de folie, Django un modèle de mutisme), Quentin Tarantino mitonne un somptueux western débraillé qui, malgré sa durée (2h44), ne souffre d’aucun temps mort. Sur leur route, le dentiste fou et l’esclave affranchi multiplient les rencontres et les aventures, toutes également surprenantes. Parmi les clous du spectacle : l’affrontement avec des ahuris du Ku Klux Klan embarrassés par leurs cagoules blanches mal tricotées (l’épouse de l’un d’entre eux s’est emberlificoté les aiguilles) et le long séjour dans la plantation de l’omnipotent Calvin Candie, un raciste psychopathe dont le calme apparent dissimule les plus viles pulsions. Si, dans la peau de ce dernier, Leonardo DiCaprio excelle, le prix d’interprétation revient néanmoins conjointement à l’impassible Jamie Foxx (Django) et à l’intarissable Christoph Waltz (Schultz), d’ores et déjà candidats au titre honorifique du meilleur duo mâle de l’année. Dans ce contexte viril où l’hémoglobine coule à flots, la douce et ravissante Kerry Washington (la copine de Django) apporte l’indispensable touche féminine qui ne gâche rien à l’affaire. Pas de doute : si de Pulp Fiction à Inglourious Basterds, vous avez toujours aimé les films de Tarantino, vous adorerez Django Unchained.

« Django Unchained », de Quentin Tarantino, avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio ... Sortie le 16 janvier.