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"L’astragale" : Leïla Bekhti, belle et bouleversante

"L’astragale" : Leïla Bekhti, belle et bouleversante

Dans "L’astragale", le nouveau film de Brigitte Sy, Leïla Bekhti donne la réplique au charismatique Reda Kateb et confirme que les rôles de filles en quête d’émancipation lui vont comme un gant.

Le Paris populaire de la fin des années 50, très loin des ambiances guillerettes et frivoles généralement de mise au cinéma… Albertine, 19 ans, vient de s’évader de la prison où elle était incarcérée suite à un hold-up. Blessée au pied, recherchée par les flics, l’héroïne en fuite doit son salut à un garçon mystérieux : Julien, qui l’aide à se planquer chez des proches et dans les petits hôtels minables de la capitale. Si l’amour fou ne tarde pas à imposer ses lois anarchiques entre Albertine et Julien, l’existence du couple débutant n’a rien de simple. Lui, un malfrat, ne cesse de prendre la poudre d’escampette dans des directions inconnues pour se livrer à divers trafics. Elle, qui doit survivre avec les faibles moyens du bord, est contrainte de se livrer à la prostitution et attend désespérément le retour de son homme. Une fille soumise, Albertine ? En aucun cas… Eprise de liberté, amoureuse de l’amour, l’héroïne emprunte les chemins de traverse et s’abandonne à sa passion brûlante car elle est intimement convaincue, que sa rencontre avec Julien est la chance sa vie.

L’émancipation et ses pièges, la passion et ses faux semblants, la marginalité et ses risques… Dans son nouveau film, Brigitte Sy, déjà auteur en 2010 du palpitant Les mains libres (avec Ronit Elkabetz dans le rôle principal), adapte le récit autobiographique d’Albertine Sarrazin, écrivain décédée en 1967 à l’âge de 29 ans et égérie d’une certaine littérature radicale et libertaire. Résultat : un film ultra sensible et ultra singulier qui - heureuse nouvelle - ne ressemble à rien de connu dans le paysage du cinéma français. Tourné en noir et blanc, avec un budget modeste (ce qui ne se voit pas sur l’écran), L’astragale fuit les autoroutes de la reconstitution académique et privilégie un intimisme fiévreux qui hypnotise et touche en plein cœur. La cinéaste y met en scène avec une pudeur de chaque instant l’itinéraire de son héroïne enragée. Une jeune femme née en Algérie, abandonnée par ses parents, ignorant tout de ses origines et qui lutte pour sa liberté dans un contexte trouble, en rien favorable pour les filles qui refusent de se soumettre… Dans la peau d’Albertine, face à l’excellent Reda Kateb (l’homme qui monte dans le cinéma hexagonal), Leïla Bekhti profite de l’occasion pour signer l’une des plus brillantes prestations d’une carrière déjà balisée par plusieurs fictions majeures : Un prophète, de Jacques Audiard, Une vie meilleure, de Cédric Kahn ou encore Tout ce qui brille, de sa copine Géraldine Nakache. Blessée au corps et à l’âme, fragile et volontaire, belle et bouleversante, Leïla, alias Albertine, hante chaque plan ou presque de L’astragale et le film, intense et inclassable, ne trouve jamais à s’en plaindre. Nous non plus… 

"L’astragale", de Brigitte Sy, avec Leïla Bekhti, Reda Kateb… Sorti le 8 avril.

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Olivier De Bruyn
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