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"L’affaire SK1" : un bon polar servi par Raphaël Personnaz

" L’affaire SK1 " : un bon polar servi par Raphaël Personnaz

Dans "L’affaire SK1", son brillant premier essai, Frédéric Tellier revient sur la traque et l’arrestation du tueur en série Guy Georges. Un film puissant incarné magistralement par Raphaël Personnaz, l’acteur qui monte dans le cinéma français.

Le début des années 90, à Paris. Un jeune flic, Franck Magne, intègre la prestigieuse brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres. Accueilli avec perplexité par les policiers qui travaillent en ces lieux depuis des lustres, il entame son parcours en enquêtant sur le viol et l’assassinat d’une jeune fille. De fil en aiguille, il relie cette sinistre affaire à plusieurs autres qui se déroulent avec une régularité hélas métronomique dans l’Est de Paris. Franck Magne ne se doute pas que son travail de fourmi, durant huit interminables années, mènera à l’arrestation du tueur en série Guy Georges, un violeur et assassin qui fit régner la terreur dans la Capitale tout au long de la décennie 90.



Les faits divers n’en finissent décidément pas d’inspirer le cinéma français. Après, à la fin 2014Vie sauvage, avec Mathieu Kassovitz et La prochaine fois, je viserai le cœur, avec Guillaume Canet, un nouveau film marquant envahit les écrans en ce tout début d’année : L’affaire SK1, signé par un néophyte dont il faut retenir le nom : Frédéric Tellier. Le psychopathe Guy Georges et sa traque mouvementée : le sujet était a priori casse-gueule et propice aux glauques surenchères, mais le résultat est passionnant. Pour mener à bien son projet, Frédéric Tellier s’est documenté de longues années, entre autres auprès des flics de la PJ, de Frédérique Pons, une des avocates de Guy Georges et de Patricia Tourancheau, journaliste qui a suivi l’affaire pour le quotidien Libération. Le film reflète, pour le meilleur, ce minutieux travail préparatoire. Errements de la police et de la justice dans la recherche du meurtrier, volonté des avocats de ne pas céder à la folie médiatique concernant le monstre : mêlant habilement les époques et alternant scènes d’enquête et scènes du jugement, L’Affaire SK1, non content d’évoquer avec précision le terrifiant fait divers, rend compte avec une attention rarissime de la réalité quotidienne des enquêteurs avec son lot de galères, erreurs et errances.

Si l’intelligence du scénario et de la mise en scène impressionnent, L’affaire SK1 ne serait toutefois pas ce qu’il est - d’ores et déjà un des films noirs marquant de l’année 2015 - sans les prestations de ses épatants acteurs et en premier lieu de celui qui squatte le rôle principal : Raphaël Personnaz, alias Franck Magne. Après avoir enchanté à la fin de l’année dernière dans Une nouvelle amie, de François Ozon et Le temps des aveux, de Régis Wargnier, l’acteur de 33 ans confirme aujourd’hui aux côtés de Nathalie Baye et Olivier Gourmet, qu’il excelle dans tous les genres, y compris les plus sombres. Et qu’il mérite d’incarner autre chose que les séducteurs lisses et décoratifs, registre où il fut longtemps cantonné pour cause de belle gueule juvénile. Personnaz : un physique ? Oui, mais aussi et surtout un sacré talent de comédien audacieux. Le cinéma français n’en a pas fini avec lui et il n’y a aucune raison de s’en plaindre. 

"L’affaire SK1", de Frédéric Tellier, avec Raphaël Personnaz, Olivier Gourmet, Nathalie Baye… Sorti le 7 janvier.

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Olivier De Bruyn
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