• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Interview : Leïla Bekhti confidential

Leila bekhti 3

A l'occasion de la sortie de la Source des Femmes, film poignant sur des femmes marocaines qui se rebellent contre leur condition, nous avons pu poser quelques questions à Leïla Bekhti depuis New York, où elle tourne actuellement. Rencontre.

Comment tu as réagi quand Radu Mihaileanu, le réalisateur de La source des femmes, t’a proposé le rôle ?
A la base, il m’a appelée pour me demander des conseils avant de me demander si j’accepterais d’interpréter Leïla. J’étais émue, je ne savais pas trop quoi dire. Et dix minutes après, j’étais dans le métro et je lui ai envoyé un texto pour m’excuser parce que mon "merci" n’était pas à la hauteur de ce que je ressentais. Dès qu’il m’a raconté l’histoire du film j’ai tout de suite compris que c’était un prétexte. Dans ses films, Radu parle toujours d’une communauté pour faire écho à ce qui se passe dans le monde. La source des femmes est un film sur l’autre, sur la capacité à se comprendre, à s’aimer. Il n’y a pas plus universel qu’un film sur l’amour.

Comment as-tu préparé ton rôle ?
Si j’avais dû jouer une femme de confession juive ou chrétienne, j’aurais abordé mon personnage exactement de la même manière. On est arrivés un mois avant le début du tournage, pour faire ce qu’on appelle des ateliers : on s’est imprégné des lieux, des gens, on les a regardés vivre. On a appris à marcher dans cet endroit comme si c’était chez nous. Et j’avais un coach. Et plus le personnage a des failles, plus je me sens bien. J’ai aimé Leïla pour ça.

La source des femmes, c’est un tournant dans ta carrière ?
Je ne pense pas comme ça. C’est vrai que c’est le rôle qui m’a demandé le plus de travail : j’ai dû apprendre une langue qui n’était pas la mienne, parce que je parle algérien mais là il s’agissait de marocain. Je suis partie longtemps, j’étais loin de chez moi… j’étais vraiment en immersion.

Tu retournes souvent en Algérie ?
Oui, c’est très important pour moi. Mais j’ai la chance de ne jamais m’être sentie tiraillée entre mes deux cultures. C’est grâce à mes parents et à ma grand-mère, qui habitait avec nous.

Que fais-tu en ce moment à New York ?
Je suis en train de tourner dans le nouveau film de Géraldine Nakache, Nous York, une chronique très drôle dans le même esprit que Tout ce qui brille. Et puis c’est surtout ma première fois à New York. C’est juste une ville magique, elle me donne tellement d’énergie ! Quand je ne tourne pas, je veux tout voir. Tiens, l’autre jour on est partis en Solex à Brooklyn, je vois des expos, des comédies musicales. J’ai vu The Book of Mormon, des auteurs de South Park. , j’attends des copines qui viennent dormir "chez moi mais" je ne sais pas encore je vais les loger. Je suis devenue une vraie New-Yorkaise !

Tu es toujours assez lookée…  
La mode m’intéresse beaucoup. Par exemple j’aime beaucoup Balenciaga, je trouve cette marque chic et sobre. J’ai beaucoup de pièces fortes de chez eux, comme leur blouson en cuir. Ce que fait Nicolas Guesquière est vraiment magnifique. Mais même si j’aime prendre soin de moi, , ça fait trois jours que je suis en jean-baskets. Pour moi ça fait partie du travail d’être bien habillée, c’est le minimum que je puisse faire. Et puis ça reste avant tout un réel plaisir.

C'est difficile de gérer ta vie privée maintenant ?
Pour beaucoup de comédiens qui deviennent connus, l’entourage change et on passe des proches aux courtisans. J’ai la chance d’avoir toujours les mêmes amis. On se bagarre pour payer l’addition, on s’engueule, ils ne me disent jamais que je suis un génie quand je sors une phrase pourrie. Mes copines ne sont pas comédiennes, on parle de tout. Mais je reste tout de même vigilante parce que j’ai appris que rien n’était jamais acquis, surtout avec ceux qu’on aime. Puis il faut dire que les quelques gens qui me reconnaissent dans la rue sont tellement bienveillants…

Quel est ton film culte ?
Une séparation, d’Asghar Farhadi. C’est un film extraordinaire. Mais aussi Gloria de Cassavettes, Bernie d’Albert Dupontel, Le Parrain de Coppola. J’adore aussi Vincent François Paul et les Autres, de Claude Sautet. Ce n’est pas qu’un film de potes, c’est un film sur la dignité.

Et tes rêves de cinéma ?
D’être toujours émerveillée par ce qui m’arrive. Parce que, quand je serai blasée, ce sera la fin de tout. Je veux encore faire des rencontres, je veux jouer des personnages différents. Si j’ai choisi ce métier, c’est pour vivre plein de vies en une. Et j’ai encore envie d’en vivre mille !

C’est quoi une journée type de Leïla Bekhti ?
Déjà, je suis une grosse dormeuse, j’ai besoin de dix heures de sommeil. Leïla, ça veut dire “la nuit” et pour moi, la vie appartient aux gens qui se lèvent tard. Ensuite, je prends un gros ptit déj, sinon je deviens méchante. Après, je fais tout  en musique. Je ne suis pas du tout organisée, alors les papiers et les trucs à régler, c’est tout au dernier moment. J’ai un principe : ce qui peut être fait aujourd’hui peut être repoussé à demain ! Et après, ça dépend. Je vais beaucoup au cinéma, mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est faire des restos avec mes copines. On teste sans cesse de nouveaux endroits. Ma sœur est traiteur, c’est elle qui m’a donné le goût de la bonne nourriture. Enfin, j’envoie mon millième texto à mon frère pour lui dire que je l’aime. J’envoie un milliard de textos par jour. Et puis le soir je me promène dans Paris. J’adore Paris la nuit…

Tu es croyante ?
Oui.

Ta définition de la liberté ?
L’accès au savoir.

Un objet dont tu ne te sépares jamais ?
Mon Blackberry.

A quoi servent les hommes ?
A nous combler. Sans les hommes de ma vie, je ne serais pas grand-chose.

Tu as des secrets ?
Beaucoup…

LIRE LA SUITE
Nicolas Beguin
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.