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"Je ne suis pas un salaud" : Nicolas Duvauchelle touche en plein cœur

"Je ne suis pas un salaud" : Nicolas Duvauchelle touche en plein cœur

Dans le nouveau film d’Emmanuel Finkiel, Nicolas Duvauchelle est Eddie, un trentenaire en perte de repères qui ne sait plus où donner de la tête… Résultat : le plus grand rôle de l’acteur à ce jour et une fiction ultra puissante.

Il boit plus que de raison, enchaîne les jobs précaires, se remet mal de sa séparation récente, tente de s’occuper comme il peut de son enfant, lui qui peine à s’occuper de lui-même… Pas de doute : l’existence d’Eddie, la trentaine, n’est pas au beau fixe. Un soir de beuverie, alors qu’il drague une fille, le héros mal-en-point est victime d’une agression qui le laisse sur le carreau, salement amoché. Hospitalisé, Eddie renoue le dialogue avec son ex et décide de se racheter une conduite. Il s’installe de nouveau avec la femme qu’il aime, s’astreint à ne plus boire, renoue avec le monde du travail. Parallèlement, interrogé par la police, il prétend reconnaître celui qu’il a agressé : Ahmed. Le "bon" coupable, vraiment ? Même s’il prétend le contraire, Eddie n’est plus certain de ses souvenirs, doute, culpabilise, et ne sait plus comment se sortir du piège qu’il s’est tendu à lui-même.

Mis en scène par un cinéaste "ordinaire", il y a fort à parier que le scénario de Je ne suis pas un salaud, le film ultra puissant signé Emmanuel Finkiel, aurait suscité son lot de dérives complaisantes et d’épanchements lugubres. Mais le Français n’est pas un cinéaste ordinaire et c’est tant mieux. Son film - noir et toujours juste - frappe fort en dressant le portrait d’un homme fâché avec lui-même et celui de notre époque qui ne sourit pas aux plus fragiles. Partenaire indissociable du cinéaste dans la réussite du film, Nicolas Duvauchelle, dans le meilleur rôle de sa carrière, interprète son personnage en crise avec une rare intensité et, sans jamais trop en faire, touche en plein cœur. A ses côtés, Mélanie Thierry, alias Karine, est au diapason de son partenaire et, par la grâce d’un seul regard ou d’une seule attitude, incarne magistralement les peines et désirs qui étreignent son héroïne. Ce duo imparable donne le meilleur de lui-même à cette fiction rude et bouleversante. Pas exactement une comédie, certes, mais assurément l’un des plus beaux films offerts par le cinéma français en ce début d’année.

"Je ne suis pas un salaud", d'Emmanuel Finkiel, avec Nicolas Duvauchelle, Mélanie Thierry, Marine Cayon… Sorti le 24 février.

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Olivier De Bruyn
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