L'interview duo de Géraldine Nakache et Leïla Bekthi

Elles sont dans votre Glamour ce mois-çi. Deux ans après "Tout ce qui brille", elles posent leurs valises à New York et racontent l’histoire de 5 copains en vadrouille dans la Grosse Pomme. On les a rencontrés quelques jours avant la sortie du film.

Geraldine Nakache et Leila Bekhti
© Matias Indjic -

Après le succès de Tout ce qui brille, comment appréhendez-vous la sortie de Nous York ?
Géraldine Nakache : Avec Hervé Mimran (co-réalisateur), c’est notre second film ensemble alors on sait que les gens vont faire la comparaison. On ne peut pas y échapper. En tout cas, je vous assure qu’on stresse tout autant que pour le premier !
 
Leïla Bekhti : On a forcément envie que ça plaise, que ça touche les gens. On espère que ceux qui ont aimé Tout ce qui brille nous suivront aussi sur Nous York. Mais on a le trac ensemble alors ça passe mieux.

Dans Nous York, chacun peut reconnaître sa propre bande de potes. Est-ce que vous avez l’impression d’être la voix de cette génération de jeunes de 25 à 30 ans ?
Géraldine Nakache : On ne prétend pas faire un film générationnel. On tente de raconter ce qu’on connaît bien. On s’inspire de nos potes, des histoires qu’on entend autour de nous… Mais on a conscience que tous les trentenaires français ne ressemblent pas à ces cinq personnages. Un film, c’est un point de vue et Nous York raconte notre vision des choses. Et puis moi, avant d’être la voix d’une génération, je suis la voix de Céline Dion. Blague ultra relou, désolée.

Leïla Bekhti : Moi, je suis juste comédienne, je veux raconter des histoires. Je ne prétends pas dire aux gens ce qu’ils doivent penser. Ce ne serait pas très sain.

Quel message vous voulez faire passer dans le film ?
Géraldine Nakache : Le film raconte ce moment charnière où tu réalises que tu deviens pilier : à 20 ans, ce sont tes parents qui te transmettent ton héritage culturel puis à 30, tu prends conscience que c’est à toi de transmettre ces choses là. Tu te poses alors beaucoup de questions sur tes choix : qu’est ce que je veux faire de ma vie, avec qui je veux finir mes jours…

Leïla Bekhti : Pour moi, le sujet du film c’est la quête d’identité. On raconte l’histoire de cinq personnages qui vont enfin apprendre à dire "je". Ils font partie d’une génération qui se définit par le groupe et pendant ces 15 jours à New York, ils vont commencer à faire des choix pour eux. New York, c’est la ville de tous les possibles et pourtant, tout ne sera pas possible tant qu’ils n’auront pas réglé leurs problèmes.

Le film n’est pas seulement une comédie. Certains pourraient verser une petite larmichette…
Géraldine Nakache : On ne rit jamais plus que lorsqu’on a pleuré un peu avant.  Les moments les plus émouvants sont vite balayés par des scènes plus légères. Comme dans la vie en somme, on se cache toujours un peu pour pleurer.

A la ville comme à l’écran, vous formez une vraie bande de potes : ça change quoi cette proximité sur un tournage ?
Géraldine Nakache : Tout et rien. En tant que réalisatrice, on va plus oser dire "M’enfumes pas, je te connais. Là, tu n’étais pas sincère." On est même plus exigent parce qu’on se connaît et qu’on sait de quoi l’autre est capable.

Leïla Bekhti : On n’a pas accepté de bosser avec Géraldine et Hervé parce que ce sont nos amis mais parce que ce sont de grands réalisateurs. C’est un luxe de travailler sur des projets qu’on aime avec des gens qu’on aime. Mais sur le plateau, on respecte le poste de chacun : si Géraldine veut faire 25 prises pour la même scène, je le fais et je me tais.

Sur le tournage, vous avez vécu ensemble pendant 2 mois. On veut savoir qui faisait la vaisselle ?
Géraldine Nakache : Notre Monica dans Friends, c’était Leïla. Elle nous faisait des petits plats comme à la maison. Au départ, on voulait se la jouer New-yorkais, se rendre dans le dernier bar éphémère qui n’ouvre qu’un quart d’heure puis on s’est vite calmé. On a eu besoin de retrouver un cocon, d’acheter notre Sopalin en bas de notre immeuble. A partir de ce moment-là, on s’est senti un peu plus chez nous.