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"Good Kill" : Ethan Hawke revient dans un film de guerre féroce

"Good Kill" : Ethan Hawke revient dans un film de guerre féroce

Dans le nouveau film d’Andrew Niccol, Ethan Hawke, à peu près génial, incarne un militaire U.S qui combat les talibans… depuis sa base de Las Vegas. Résultat : une fiction puissante sur la guerre "moderne" et ses impasses.

Tommy Egan, la quarantaine, vit dans une banlieue résidentielle clean et clinquante. A deux pas de la très frivole Las Vegas, il profite de l’existence en compagnie de sa ravissante épouse et, chaque week-end, invite ses voisins pour de sympathiques barbecues au soleil. La belle vie pour Tommy ? Derrière les clichés lénifiants, le quotidien de ce type taiseux n’est pas exactement de tout repos. Militaire de carrière, il rejoint tous les jours sa caserne, située à quelques kilomètres de la ville des casinos. En ces lieux où les hommes et les femmes en treillis jouent des coudes sans un sourire, le mutique Egan exerce ses talents comme pilote de drones. Derrière ses manettes, comme dans un jeu vidéo grandeur nature, il dirige des engins qui, à des milliers de kilomètres de là, en Irak ou en Afghanistan, réduisent en bouillie celles et ceux qui sont soupçonnés d’appartenir à la nébuleuse des Islamistes. Hier, le commandant Egan était pilote pour de vrai et risquait sa vie à chaque mission, aujourd’hui, il agit depuis un cockpit situé à 11 000 kilomètres de ses cibles et, une fois son job effectué, s’en retourne chez lui siroter une bière (plusieurs bières) et s’engueuler avec sa femme. Tommy, symbole vivant de la guerre moderne ? Il y a de ça. Et le symbole vivant, totalement dépressif et alcoolo, tire une drôle de tronche… Comme si les nouveaux codes militaires ne lui faisaient pas que du bien. Comme s’il n’était pas convaincu que la guerre propre vantée par sa hiérarchie soit si propre que cela.

Oubliez les refrains nationalistes binaires d’un certain cinéma hollywoodien, toujours prompt à honorer la grandeur de l’Amérique au combat. Dans Good Kill, Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca) signe un film 100 % critique où il met en scène un soldat U.S et quelques-uns de ses semblables aux prises avec d’innombrables contradictions. Costaudes, les contradictions… Les bien connues frappes chirurgicales le sont-elles autant que cela ? Les bavures induites par la chasse aux Talibans et autres barbus redoutables ne contribuent-elles pas à susciter de nombreuses vocations terroristes ? Quels sont les dommages collatéraux de cette nouvelle guerre sur la psychologie mal-en-point des snipers modernes comme Tommy Eggan ? Andrew Niccol pose ces excellentes questions en ne lâchant jamais d’une semelle son personnage fracassé. Au boulot où il n’en peut plus de dégommer tout ce qui bouge en appuyant sur des boutons, comme à la maison où, devenu parano, il perd peu à peu toutes les pédales… Résultat : un film de guerre féroce et singulier, bien plus passionnant et ambigu que le belliciste American Sniper, de Clint Eatswood, objet il y a peu de violentes polémiques. L’occasion pour Ethan Hawke, idéalement lugubre et mystérieux dans la peau de Tommy Egan, d’incarner l’un des rôles les plus marquants de sa prolifique carrière, récemment balisée par des prestations excitantes chez Richard Linklater (Boyhood, Before Midnight). Dans le genre dérangeant, une sorte de sans faute…

"Good Kill", d"Andrew Niccol, avec Ethan Hawke, Zoe Kravitz, Jake Abel… Sorti le 22 avril.

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Olivier De Bruyn
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