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"Foxcatcher" : la brillante métamorphose de Steve Carell

"Foxcatcher"  : la brillante métamorphose de Steve Carell

La relation tordue entre un champion de lutte et un inquiétant milliardaire… Même si le sport vous indiffère, cavalez dans les salles : "Foxcatcher", signé Bennet Miller, est un très grand film, d’ores et déjà l’un des plus puissants de l’année 2015.

1984, les Jeux Olympiques, de Los Angeles. Tout fier sur son podium, l’Américain Mark Schultz arbore une médaille d’or à son cou et écoute religieusement l’hymne national. Deux ans plus tard, changement d’humeur et de décor. Dans sa banlieue grise, Mark traine son ennui et, anonyme parmi les anonymes, tire le diable par la queue pour gagner quelques dollars. Cet sportif ultra performant (catégorie : la lutte), aurait pu devenir une sorte de héros dans un pays qui les adore, mais il est devenu une sorte de rien de tout… Aux Etats-Unis comme ailleurs, la lutte n’est en rien une discipline populaire et Mark, malgré son CV en or, s’adonne à son sport favori dans l’indifférence générale. Surprise : deux ans avant les Jeux Olympiques de 1988, il est contacté par un mystérieux milliardaire, John du Pont, qui lui offre tout ce qu’on lui avait refusé jusque-là : le pognon, des conditions d’entraînement idyllique dans sa gigantesque propriété de Pennsylvanie et, surtout, surtout, la reconnaissance qui lui a toujours fait défaut. La reconnaissance ? A voir… L’étrange du Pont, solitaire, cocaïnomane et en proie à de multiples névroses, cherche surtout à se forger sa propre statue de bienfaiteur, d’éleveur de champion et de grand patriote devant l’éternel. Un mentor très discutable pour le très musclé, mais très naïf Schultz… La relation entre les deux hommes ne tarde pas à devenir une affaire de déraison et de coups tordus. De quoi faire passer la lutte pour une distraction enfantine.

Le sport en général et la lutte en particulier vous indisposent ? Aucune importance ! Avec Foxcatcher, inspiré par une histoire vraie et récompensé par un prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, l’excellent Bennett Miller (Truman Capote, Le stratège) ne s’intéresse que pour l’anecdote aux choses du muscle. Le cinéaste préfère zoomer sur la folie d’un mégalomane, sonder la fragilité d’un type à la carrure de colosse et examiner à la loupe les relations troubles entre ces deux hommes mal-en-point. Avec son duo désaccordé, le cinéaste gagne sur tous les tableaux : puissance psychologique, scénario diabolique, mise en scène brillantissime. Surtout, Bennett Miller ne s’est vraiment pas trompé en choisissant ses acteurs. Face au bloc Channing Tatum, idéal dans le peau du lutteur encombré par ses frustrations et ses peurs, Steve Carell, dans celle de John du Pont, offre une prestation sidérante, tout en ambiguïtés et pulsions dérangeantes. Une composition inoubliable qui rappelle que l’ex star comique et comédien fétiche de Judd Apatow (40 ans toujours puceau, En cloque, mode d’emploi) excelle sur tous les rings. Une médaille d’or pour Steve, au moins…

"Foxcatcher", de Bennett Miller, avec Channing Tatum, Steve Carell, Mark Ruffalo… Sortie le 21 janvier.

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Olivier De Bruyn
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