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Festival de Deauville 2015 : Zoe Cassavetes démonte le rêve hollywoodien

Zoe Cassavetes festival de deauville

8 ans déjà, depuis que son 1er film, "Broken English", a révélé le talent de réalisatrice de Zoe Cassavetes. À Deauville, elle a présenté son 2eme long-métrage, "Day Out of Days", un constat cruel sur la vie d’une actrice à Hollywood. Rencontre.

Réveil difficile

Elle a bientôt quarante ans, son mari l’a quittée pour une fille plus jeune et une carrière de movie star, son agent la néglige, et un réalisateur européen libidineux la force à prendre une douche devant lui dans une suite du Château Marmont lors d’un casting informel. De petites déceptions en grosses humiliations, l’héroïne de Day Out of Days se réveille un peu brutalement de son rêve de cinéma. Les gros bonnets sont grotesques, les réalisateurs cruels, les scénarios au mieux passables, les relations sociales boursouflées de faux-semblants… Ce film, baigné dans le soleil radieux de Los Angeles, dresse un portrait très sombre de l’industrie du cinéma, du point de vue d’une actrice à la croisée des chemins.

Comédienne cherche rôle

Venant d’une enfant bénie d’une des dynasties les plus flamboyantes, mais aussi les plus indépendantes et libres, du cinéma américain (son frère Nick Cassavetes a réalisé The Notebook et Triple Alliance, sa mère est Gena Rowlands, son père, le génial John Cassavetes, sa meilleure amie, Sofia Coppola), un constat aussi désespérant a de quoi interpeller. Radieuse sous le doux soleil de Deauville, juvénile dans une robe bleue fleurie, Zoe Cassavetes, 45 ans, enfonce le clou en affirmant avoir voulu faire un film "aussi proche que possible de la réalité." Vous croyiez avoir vu une satire, une exagération ? Même pas ! "J’ai écrit le film en pensant à toutes les actrices que je connais, à L.A. et ailleurs. Pour une qui a une vie super, tant d’autres galèrent… Il faut aimer ce métier très fort pour continuer. Et ça demande beaucoup de courage de finalement se résoudre à raccrocher les gants, car quand tu as la chance de tourner de bons films, c’est la meilleure drogue du monde."
Dur, dur, d’être une actrice. Pas évident non plus d’être réalisatrice indépendante, même quand on vient de la royauté hollywoodienne : interrogée sur le temps écoulé depuis son premier film, Cassavetes le dit tout net, " il est difficile de monter des films." Des années perdues sur un projet très ambitieux, la lassitude, et finalement cette idée de faire quelque chose de " facile, un petit film, écrit pour mon amie Alexia." Alexia Landeau l’actrice principale du film, et amie de longue date, qui irradiait déjà de sa présence cocasse et décalée le premier court-métrage de Zoe (Men Make Women Crazy Theory, 2000), joue ici une partition sur-mesure. Et la mise en abîme ne fait qu’alimenter le discours du film.

La liberté, une affaire de famille 

Biberonnée à un rêve de cinéma, Zoe Cassavetes poursuit l’Eden de ses parents dans un monde de plus en plus difficile pour les artistes indépendants : "Nous sommes drogués au cinéma ! Mon enfance a été tellement géniale, dans cette maison pleine de gens, d’amis, de créativité, sans se préoccuper d’argent, dans une atmosphère familiale." Reconnu comme un génie, son père John a passé sa vie à batailler pour créer un modèle de production intime, indépendant et sans entraves, et il est émouvant de voir sa fille tisser ce filon, quand le fils, Nick, s’est aventuré vers un modèle de cinéma plus traditionnel (stars à l’affiche et budgets plus conséquents).
Plus délicate, plus subtile, Zoe Cassavetes fait un cinéma personnel, fragile, qui a ses moments de bravoure et ses ratés, souffre de sa petitesse mais en tire aussi la grâce. Comme l’apparition surréaliste à l’écran de Melanie Griffith, qui joue la mère du personnage principal. Son visage transformé par la chirurgie, sa voix de petite fille, son aura de jeune actrice star des années 80… La réalité rejoint alors la fiction : "Quand je l’ai contactée pour le rôle, raconte Zoe, elle m’a dit ”tu ne crois pas que je suis un peu jeune pour jouer la mère ?” La boucle était bouclée.

Day Ouf of Days, de Zoe Cassavetes, avec Alexia Landeau, Melanie Griffith…

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Clémentine Goldszal
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