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Interview : Channing Tatum change de registre

Channing Tatum : "Faire Foxcatcher, c’était terrifiant."

Sur la Croisette pour présenter "Foxcatcher", où il retourne son image de bestiau sans cervelle, Channing Tatum nous a séduites par son intelligence. Qui l’eût cru ?

Channing Tatum n’est pas l’homme que vous imaginez. Avec son corps hypertrophié et son visage poupin de chippendale reconverti en nouveau G.I Joe, l’ex-danseur de 34 ans se traîne une réputation de gros tas de muscles. Une étiquette qu’il fait tout pour décoller en se diversifiant au maximum, passant sans faiblir de l’action pure et dure (White House Down) à la romance (Je te promets), et de la comédie (21 Jump Street) au thriller (Effets Secondaires). En 2012, en participant à l’écriture de Magic Mike, basé sur son propre passé de go-go dancer, il démontre à ceux qui en doutaient qu’il a aussi un cerveau.

Présenté en compétition au Festival de Cannes, Foxcatcher devrait marquer un nouveau jalon dans cette entreprise de légitimation. Dans le drame signé Bennett Miller (remarqué pour son Capote, en 2005), inspiré d’un fait divers, l’acteur incarne Mark Schultz, champion de lutte qui tombe sous le joug de John du Pont, un industriel richissime et tordu (Steve Carell à contre-emploi). Quelque part entre The Master et Ma Vie avec Liberace, ce film glaçant révèle la capacité de Channing Tatum à explorer des zones ambigües, où son incontournable présence physique se double de profondeur émotionnelle. Super balèze, mais aussi très réfléchi, c’est ainsi que l’acteur nous est apparu durant l’interview qu’il nous a accordée dans un salon du Carlton. Place à Channing, en chair et en neurones.

Avez-vous conscience que votre prestation dans ce film va surprendre ?


C’est le plus beau compliment qu’on puisse me faire. J’aime être là où on ne m’attend pas. Je veux aller vers les projets qui me font peur. Faire Foxcatcher, c’était terrifiant. Le fait que ce soit une histoire vraie, que certains protagonistes soient encore vivants, la gravité des faits… Les personnages font partie d’une élite d’individus qui consacrent toute leur vie à leur discipline. Ils ont connu le triomphe et la tragédie. Et vous, vous devez faire tenir leur existence entière dans deux heures de film. Oui, c’est terrifiant.

On sent que vous cherchez à changer de registre à chaque film. Par peur d’être catalogué "Monsieur Muscles" ?


Vous savez, je n’ai pas fait d’école de comédie, je n’ai pas eu la chance de pouvoir m’échauffer. Je me suis formé sur le tas. C’est pour ça que je n’aime pas me répéter. Une fois que j’ai appris quelque chose, je veux apprendre quelque chose de nouveau. J’ai envie d’évoluer, d’essayer différentes choses, de jouer, d’écrire, de réaliser, de produire… Porter ces différentes casquettes permet d’accéder à plusieurs niveaux de compréhension de ce métier.

Quelle place occupe votre physique dans votre travail d’acteur ?

Tout le monde a une présence physique, même si elle ne s’exprime pas dans la force. Vous pouvez comprendre beaucoup de choses d’une personne rien qu’en la regardant marcher, s’asseoir, vous serrer la main. J’aime jouer avec mon corps. Mais j’ai aussi appris que l’immobilité fait partie de l’engagement physique. Un jour, j’ai passé une audition avec Kenneth Brannagh, avec lequel j’avais très envie de travailler. Il a tout de suite vu que j’étais un acteur physique. Alors il m’a demandé de m’assoir et de jouer toute la scène sans bouger. Ça m’a obligé à faire les choses complètement différemment. Et j’ai appris quelque chose sur moi-même.

En quoi votre expérience d’athlète a-t-elle nourri votre interprétation du lutteur de Foxcatcher ?
 

J’ai fait des arts martiaux toute ma vie et du football américain pendant dix ans. J’ai l’esprit de compétition. Donc je comprends très bien ces hommes pour qui le sport est une obsession, une dévotion absolue. Ca va au-delà du fait de gagner et de recevoir des récompenses, c’est un besoin qui était là bien avant, un besoin de reconnaissance.

Votre personnage entretient un rapport pervers avec celui joué par Steve Carrel. Avez-vous quand même profité de ses talents comiques sur le tournage ?

Je ne sais pas ce que ça fait de travailler avec Steve Carell. Nous étions tellement dans nos personnages qu’on pourrait presque dire que je le rencontre aujourd’hui pour la première fois. Je pense que Bennett Miller ne m’en voudra pas si je dis qu’on ne s’est pas amusés du tout sur le tournage de Foxcatcher. C’est une chose douloureusement belle que de donner vie à une telle histoire. Ça fait mal de la regarder, ça fait mal d’y penser, mais on s’est donné à fond pour le faire. Tout n’est pas obligé d’être fun.

Venir présenter le film à Cannes, par contre, c’est plutôt fun, non ?

C’est incroyable. Même avant de devenir acteur je rêvais de venir ici ! C’est un des seuls endroits au monde où les gens s’intéressent vraiment aux films. La plupart des questions sont adressées au réalisateur, et je trouve ça génial. Après tout c’est lui qui a fait le film, pas les acteurs. Mon travail a changé le jour où j’ai compris qu’un film, ce n’est pas juste l’histoire d’un personnage. C’est un ensemble qui passe par la vision d’un réalisateur.

Justement, vous n’avez pas été tenté de réaliser la suite de Magic Mike (ndlr : attendue en 2015) ?

Mon partenaire Reid Carolin et moi, on essaye de tout faire. Le premier film, on l’a écrit ensemble… enfin moi je parlais et lui il écrivait. On aurait bien aimé réaliser Magic Mike XXL, mais on avait peur de refaire du Soderbergh, alors on a laissé la mise en scène à Gregory Jacobs. On préfère réaliser notre truc à nous. Next time !

"Foxcatcher" de Bennett Miller, avec Steve Carell, Channing Tatum, Mark Ruffalo... Sortie en novembre 2014.

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