• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

Kubrick à brac : 10 anecdotes à savoir

stanley kubrick

Kubrick est à l'honneur à la Cinémathèque Française à partir du 23 mars, avec une grande exposition qui nous vient d'Allemagne, et qui retrace le parcours de ses grands films. L'opportunité de découvrir un Kubrick off.

Découvrir Kubrick à la Cinémathèque, c'est l'occasion de voir les processus de réalisation de ses grands films, peu nombreux finalement, mais aussi l'opportunité de découvrir un Kubrick off, qu'on connaissait bien moins. La preuve en 10 anecdotes qu'on ignorait sur le grand cinéaste.

1-Kubrick a débuté comme photographe pour le magazine Look. Passionné de photographie, largement encouragé par son père, qui avait une chambre noire chez eux, Kubrick développe très tôt un coup d'œil particulier. Photographe attitré du journal de son lycée, il passe d'amateur à professionnel à 16 ans, lorsqu'il vend son premier cliché à Look, une revue appréciée pour ses images. Suite au décès de Roosevelt, il a su capter, dans les yeux tristes d'un marchand de journaux apitoyé par la grande nouvelle, le deuil de toute la nation américaine. An eye is born.

2-Stanley Kubrick a commencé par filmer... des documentaires. Fasciné par le milieu de la boxe, il consacra son premier documentaire à un boxeur en vogue  dans les années 50, Walter Cartier, The Day of the fight. Les deux hommes étaient originaires du même quartier de New York, le Bronx.

3-Il a honte de Fear and Desire, son premier long métrage. Enfin, c'est ce qu'on suppose, puisque de son vivant il refusait la projection de son film en noir et blanc tourné en 1953. Il a d'ailleurs racheté toutes les copies, sauf deux. Film de guerre autour de la violence des soldats qui se solde par l'assassinat d'une jeune femme, il est quasi impossible de le voir désormais. La Cinémathèque Française, souhaitant respecter le vœux du réalisateur, a donc décidé de ne pas le projeter lors du cycle consacré à Kubrick. Dommage.

4-Stanley Kubrick a rencontré sa femme sur un tournage. C'est 1958, en tournant en Allemagne le film militaire très controversé Les sentiers de la gloire que Stanley Kubrick rencontre l'actrice allemande Christiane Harlan (Susanne Christian de son nom d'actrice), la sœur de son assistant Jan Harlan, qui chante une chanson populaire allemande devant des soldats. Ce deuxième mariage (pour elle aussi) fut le dernier : c'est finalement grâce à Christiane Kubrick qu'a pu, entre autres, être montée l'exposition de la Cinémathèque, très riche en archives qu'elle avait gardées.



5-Il a  mis au point la Steadycam. Stanley Kubrick, avec l'aide de l'ingénieur Ed Di Giulio, a pu mettre au point des caméras spéciales pour les effets de ses films, particulièrement dans Barry Lyndon. Les scènes d'intérieur du film, qui se passe au XVIIIème siècle, sont entièrement éclairées à la bougie ; pour un bon rendu, Kubrick a donc utilisé un objectif Zeiss Planar FO.7, à la base utilisé par la NASA pour filmer l'espace, monté sur une caméra Mitchell BNC 35. Les deux n'étant pas compatibles, le technicien Di Giulio a dû détruire en partie la caméra. Aussi, dans Shining, une steadycam (un stabilisateur de caméra) est utilisée pour la première fois, mise au point par Garett Brown : dans les scènes mythiques où le petit Danny fait du vélo dans les interminables couloirs de l'hôtel, la caméra semble flotter. En effet, elle est montée sur ressort, ce qui lui donne une inquiétante légèreté bien angoissante.

6-Kubrick faisait réellement passer sa famille avant tout. La sortie d'Orange Mécanique en 1971, d'après le roman d'Anthony Burgess, a provoqué un tollé chez le public et les critiques : on accusait le film de violences gratuites, de montrer des images insoutenables. Si un fan d'Irlande a envoyé une lettre à Kubrick lui reprochant "trop de violence, pas assez de sexe", ce n'était certainement pas l'avis des nombreuses associations chrétiennes qui se sont plaintes. Mais lorsque sa famille reçu des menaces de mort, c'était trop pour le cinéaste : il a fini par demander le retrait du film des salles de Grande-Bretagne. La Warner Bros., fait unique, accepta de retirer le film... Après 61 semaines de projection, ce qui atteste le véritable succès commercial d'Orange Mécanique, envers et contre tous.

7-Stanley Kubrick était un grand joueur d'échec. Tous ses amis et collaborateurs sont d'accord sur une chose : de perfectionniste à fantaisiste, la qualité qu'on lui attribue le plus, c'est bien celle d'être un homme extrêmement intelligent. D'ailleurs, très tôt, il jouait au échec dans les parcs publics, pour gagner de l'argent. Enfin, durant les tournages, sa façon de souffler entre deux scènes était de jouer aux échecs. plus tard, il demanda à des historiens si finalement Napoléon, son héros, ne faisait pas de même entre deux batailles : une petite partie. On est stratégique ou on ne l'est pas, Monsieur Bonaparte.

8-Stanley Kubrick est mort avant d'avoir achevé sa plus grande œuvre. Passionné de Napoléon, donc, il avait monté une équipe d'historiens et d'assistants, une trentaine de personnes en tout, pour faire un travail d'archives et de reconstruction de la fin du XVIII, et du début XIXème, pour parler du grand empereur controversé. De recherches de costumes à des anecdotes historiques, Kubrick annonçait ce film comme le plus grand film de tous les temps, révolutionnaire, l'œuvre majeure de sa carrière. Malheureusement, le projet n'aboutit jamais. Un autre projet n'a jamais abouti : Aryan Papers, inspiré du livre de Louis Begley, Une éducation polonaise, qui traite des camps. En effet, après consultation aves ses producteurs à la Warner, ils laissèrent tomber le projet puisque la même année, Steven Spielberg sortait le chef-d'œuvre sur le même sujet : La liste de Schindler. Des rumeurs disent qu'Ang Lee serait favori pour reprendre le projet abandonné...

9-A.I, le film de Spielberg, était initialement celui de Kubrick. En effet, les réalisateurs sont profondément liés : Kubrick avait dès 1970 commencé à travailler sur le projet du film Artificial Intelligence, tiré d'une nouvelle de Brian AldissSuper-Toys Last All Summer Long, qu'il a fini par laisser à Steven Spielberg en 1995. C'est à la mort de Kubrick en 1999 que le projet pris réellement son envol, rendu d'autant plus possible pars les avancées technologiques. Sobrement dédicacé "For Stanley Kubrick" à la fin, A.I est un Spielberg au style de Kubrick : de long plans, un rythme lent, ce film est définitivement considéré comme un hommage au cinéaste. L'instant émotion et science-fiction.

10-Pour la solitude, Kubrick aime les cordes. Le lien entre l'image et la musique est toujours fondamental chez Kubrick. S'il utilisait beaucoup de musique classique ou contemporaine pour faire passer certains messages, on peut retenir, pour faire l'intello à un diner, son utilisation des cordes. Pour évoquer la solitude et le changement intérieur de ses personnages, Kubrick aimait accompagner la séquence d'instruments à cordes superbement orchestrés. Effet mélancolique absolument garanti, d'Orange Mécanique à Barry Lyndon en passant par Eyes Wide Shut, les grands moments de solitude sont teintés de tristesse ashkénaze : on sort les larmes et les violons.

Retrouvez l'exposition Kubrick à la Cinémathèque Française du 23 mars au 31 juillet 2011.

LIRE LA SUITE
Bethsabée Krivoshey
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.