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"Crazy Amy" : une bonne comédie américaine

Crazy Amy : Judd Apatow,

Dans "Crazy Amy", Judd Apatow, dresse le portrait décapant d’une femme qui refuse toutes les compromissions. Résultat : un film nerveux où l’ingérable Amy Schumer écrabouille le "moralement correct".

Elle picole beaucoup plus que de raison. Elle enchaîne les aventures sexuelles avec des types qui ne lui donnent pas toutes les nuits l’occasion d’hurler de plaisir (elle s’endort parfois en pleine action). Elle avance dans la vie avec un humour énorme en guise de bouclier contre la bêtise universelle… Amy, la trentaine, fidèle aux enseignements de son père qui, dès sa plus tendre enfance, lui a fermement déconseillé la monogamie, mène une existence sentimentale et érotique résolument anarchique et semble ne pas s’en plaindre. Rayon boulot, elle bosse en tant que journaliste dans un magazine masculin où tous les coups sont permis, même et surtout les pires. La rédactrice en chef, une sorte de réincarnation de Cruella, n’aime rien tant que traumatiser ses troupes en leur refilant des sujets d’enquête irréalisables ou en faisant en sorte que chaque journaliste haïsse son prochain. Un métier à plein-temps où elle excelle. Un jour, Amy, déconfite, se retrouve chargée d’une mission improbable : dresser le portrait d’un médecin du sport qui, paraît-il, accomplit des miracles avec sa clientèle, en gros les basketteurs les plus célèbres des Etats-Unis. Aussi passionnée par les choses du sport que par les collections de timbres, Amy tente maladroitement de donner le change et se prend d’affection, voire plus, pour le doc. Au point d’envisager de changer radicalement de vie ? Il faut voir.

Judd Apatow, le retour… Dans Crazy Amy, le réalisateur, plus que jamais efficace dans son rôle de poil à gratter du cinéma américain, dresse le portrait d’une héroïne furieuse qui, fâchée avec les prétendues "bonnes mœurs" et les innombrables facettes du "politiquement correct" , prend le parti de n’en faire qu’à sa tête. Comme dans ses précédentes comédies (40 ans, toujours puceau ; En cloque, mode d’emploi), Apatow, via son Amy ingérable, passe à la moulinette les hypocrisies et faux-semblants de ses contemporains. Ses cibles favorites : les mecs, tous plus ou moins empêtrés dans leur bêtise crasse, leur machisme ronflant et leurs ridicules en pagaille. Sorte de brûlot féministe et trash, Crazy Amy multiplie les scènes décapantes qui taillent en pièces les mâles, à l’exception notable du médecin sportif qui, malgré ses allures de vieux garçon, vaut beaucoup mieux que ses pairs. Même si le Apatow nouveau pêche par manque de rythme et se traîne parfois en longueur (il dure 2 h 05), Crazy Amy contient néanmoins plus de scènes surprenantes et drôles que 99,9 % des comédies américaines visibles sur les écrans. En prime : la prestation volcanique de l’incroyable Amy Schumer, scénariste du film, star transgressive aux Etats-Unis (grâce, entre autres, à ses talents dans le stand-up et à ses apparitions cathodiques quasi punk), et qui prouve avec bonheur que les héroïnes de cinéma, aux Etats-Unis comme ailleurs, gagnent à être autre chose que des potiches et des silhouettes filiformes. Merci à elle.

"Crazy Amy", de Judd Apatow, avec Amy Schumer, Bill Hader, Tilda Swinton… Sorti le 18 novembre.

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Olivier De Bruyn
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