• Minute Crush
  • Calendrier de l

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Mai 2016 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

"Carol" : Rooney Mara sauve les meubles

"Carol" : Rooney Mara sauve les meubles

Retour sur la critique du film "Carol" qu’avait signée nos journalistes lors du Festival de Cannes 2015.

En 2002, Todd Haynes réalisait Loin du Paradis, superbe pastiche des mélos Fifties à la Douglas Sirk. En housewife vibrante de désir pour son jardinier noir, Julianne Moore y brûlait sous la glace des conventions de l’Amérique WASP. Et le film, reproduisant minutieusement des codes et une esthétique datés tout en grattant la surface de la norme sociale, livrait un commentaire postmoderne sur le verrouillage de la société d’hier, et d’aujourd’hui encore, à la manière de la plasticienne Cindy Sherman dans ses séries de photos. On avait en quelque sorte le beurre, l’argent du beurre et les larmes de la crémière : beauté formelle, matière à réfléchir et l’émotion en prime. Si Carol est le jumeau en projet de Loin du Paradis, il ne porte de la réussite de son prédécesseur que des traces fugitives.

Dans le New York beatnik des années 50, on y assiste à la rencontre amoureuse entre Therese, une jeune aspirante photographe, et Carol, une bourgeoise mariée pour la forme, mais qui préfère les femmes. Il y avait là de quoi tirer un nouveau mélo flamboyant, mais cette histoire d’initiation saphique, adaptée d’un roman de Patricia Highsmith, reste inerte dans son corset trop serré. La faute à la mise en scène : tout est irréprochable mais scolaire, sans la pointe d’ironie, l’excès d’intensité qui fait basculer le joli dans le beau. La faute aussi à Cate Blanchett, qui tient, face à la convaincante Rooney Mara, le rôle de Carol : toute engoncée dans son statut de diva, l’actrice ne tombe jamais le masque pour se montrer peau nue. Pas même dans LA scène de sexe, empotée au possible, où elle semble plus occupée à tourner à la caméra certaines parties de son corps qu’à découvrir celui de sa partenaire. On sera bien plus émoustillé trois-quarts heure plus tard, dans une scène de bureau où, revendiquant ses préférences au risque de perdre la garde de son enfant, elle se révélera enfin sensuelle et bouleversante. Mais trop tard.

"Carol" de Todd Haynes, avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson... Sorti le 13 janvier.

LIRE LA SUITE
Clémentine Goldszal et Caroline Veunac
Inread
Loginnn

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.