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Cannes 2016 : "The Last Face", le pire film du festival ?

"The Last Face", le pire film du festival ?

Les stars Charlize Theron et Javier Bardem n’ont rien pu y faire : candidat à la Palme d’or, "The Last Face" a été couvert de huées. De quoi souffre le cinquième film de Sean Penn pour mériter un tel traitement ? Notre diagnostic.

Sean Penn n’a pas toujours été un mauvais cinéaste. En 1991, il fait ses débuts derrière la caméra avec ce qui reste son plus beau film, The Indian Runner. Les trois œuvres suivantes (Crossing Guard, The Pledge, Into the Wild) sont plus ou moins réussies, mais jamais indigentes. Avec The Last Face, ça y est, l’acteur-réalisateur-baroudeur a franchi la ligne rouge. "Sean Peine", "le nanar de la compèt", "scandaleux" : à la sortie de la projection de presse, nos confrères se déchaînaient sur Twitter. Et on ne pouvait pas vraiment les contredire. Explications.

Une love story très, très chargée

Au service de Médecins du monde, les docteurs Wren Peterson (Charlize Theron) et Miguel Leon (Javier Bardem) tombent amoureux sur le terrain ensanglanté de la guerre au Libéria. Mais l’amour normal est-il possible quand on côtoie quotidiennement l’horreur absolue ? De cette question pertinente, Sean Penn tire un mélo dégoulinant, où les sentiments sont systématiquement soulignés par des effets de mise en scène cheap, des rivières de musique emphatique et des répliques qui pèsent des tonnes. Charlize Theron et Javier Bardem surnagent comme ils peuvent dans cet océan de mièvrerie. Bref, on se croirait dans Le Docteur de son cœur, chef-d’œuvre de la collection Harlequin. Comment ça vous ne l’avez pas lu ?

La guerre façon Nescafé

Le pire, c’est la manière dont Sean Penn, dans un carton d’introduction très embarrassant, dresse un parallèle entre le défi de la relation amoureuse et les tensions interethniques dans l’Ouest africain. Cette analogie pour le moins hasardeuse, martelée tout au long du film ("la résilience des réfugiés nous inspirait une intimité enivrante", sic) donne le ton d’un film dans lequel les aléas du couple font sans cesse écran à la réalité de la guerre qui fait rage derrière, comme en toile de fond. Peut-être Sean Penn le militant a-t-il voulu, cru, se servir d’une histoire d’amour pour révéler les atrocités dont sont victimes les populations du Libéria et de Sierra Leone. Mais en appliquant aux scènes de massacre la même esthétique publicitaire qu’aux scènes de romance, il édulcore son coup de force, et donne l’impression inverse, insupportable, que la guerre n’est qu’un décor aux amours de deux Occidentaux en exil.

Les stars hollywoodiennes d’abord

Drôle d’idée que de vouloir parler de l’Afrique en guerre en ne filmant 'vraiment" que des stars hollywoodiennes. La caméra réserve tous ses gros plans à Charlize Theron et Javier Bardem, sexy même quand ils ont passé trois jours dans la boue et le sang sans se laver les dents, tandis que les "populations locales" se contentent de plans larges qui les réduisent à un groupe de victimes implorantes dont ne se détacherait aucune individualité (à l’exception d’un père et de son fils qui font office de ressort scénaristique plus que de personnages à part entière). Même les rôles secondaires les plus "remarquables" sont réservés à des Occidentaux campés par Jean Reno (inénarrable dans le rôle d’un docteur nommé Love) et Adèle Exarchopoulos (très bien, elle, au milieu de cette galère). Cette éviction de la réalité subjectivement vécue par les habitants des théâtres de guerre africains est ce qu’il y a de plus douteux dans The Last Face.

Un pamphlet en roue libre

Naïf ou prétentieux ? Les deux mon capitaine. Sean Penn, dont on connaît les engagements, a visiblement voulu faire de ce cinquième film une tribune à l’adresse du monde occidental, qui prend corps dans le discours prononcé par Wren Peterson à la fin du film. Mais dans son élan, ce chien fou de Sean a oublié qu’un film n’est pas un tract politique, et qu’il faut un peu de finesse pour fondre un message dans une œuvre de fiction. Sur la sincérité, on lui laissera le bénéfice du doute. Mais son mauvais goût a vraiment du mal à passer. 

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