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"American Sniper": quand Eastwood fait polémique

"American Sniper": Clint s’en va en guerre ?

Objet de violentes polémiques aux Etats-Unis, où il triomphe dans les salles, le nouveau Clint Eastwood met en scène l’histoire vraie de Chris Kyle, un sniper qui dézingue les ennemis de la nation américaine en Irak. Douteux ou pas ?

Quand il était enfant, au fin fond du Texas, Chris Kyle défendait avec ses poings son petit frère timide et freluquet. Elevé par son père dans le culte des armes à feu, il a appris à ne jamais se poser de questions concernant la violence et l’autodéfense. Si on l’attaque ou si l’on cherche des noises à ses proches, il ne discute pas, il frappe… Des années plus tard, Chris Kyle, devenu trentenaire, se retrouve bien démuni. A part les rodéos, les beuveries avec ses potes et les films débiles à la télé, l’homme viril ne sait pas quoi faire de son existence. Il trouve sa voie en s’engageant dans l’armée, qui recrute à tour de bras histoire d’aller défendre la bannière étoilée en Irak et de combattre les Djihadistes fanatiques. Sur place, au sein de la troupe d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle ne tarde pas à être affublé d’un surnom : la légende. Explication : l’homme est un tireur d’élite exceptionnel, un sniper qui descend avec la régularité du métronome ceux qui menacent les soldats américains sur le "théâtre d’opération". Protéger ses compatriotes en treillis avec son fusil est l’obsession de Chris Kyle, au point d’en oublier sa femme, rencontrée peu avant son départ, et qui s’angoisse au pays en attendant ses permissions.

American Sniper est-il brûlot guerrier et nationaliste ? Depuis qu’il est sorti dans les salles américaines et qu’il triomphe au box office (300 millions de dollars de recettes en sept semaines d’exploitation), il n’en finit pas de susciter les polémiques et de valoir à son auteur, le vétéran Clint Eastwood (84 ans), des accusations de bellicisme et d’hystérie anti musulmane. En adaptant le récit autobiographique du plus "grand" sniper de l’histoire militaire américaine (on lui attribue 200 victimes), le réalisateur ne prend que très peu distance avec le "mythe" Chris Kyle. S’il décrit les troubles psychologiques de son personnage (pour qui la guerre est une addiction), s’il prend soin de montrer à quel point il peine à renouer avec la réalité quand il rentre au bercail (tant pis pour madame), il s’efforce aussi et surtout de prouver que Chris Kyle mérite bel et bien l’appellation de "héros".
Et là, il y a comme un souci… En deux heures douze de film, Clint Eastwood ne montre jamais son protagoniste en passe de commettre une "bavure" ou en proie à un conflit moral dans l’exercice de ses fonctions guerrières. Quand il exécute femmes et enfants, c’est que ces derniers menacent de balancer des roquettes ou des grenades sur les soldats et qu’il s’agit donc de défendre les siens. Dans American Sniper, Chris Kyle ne se trompe jamais et ne doute jamais du bien fondé de sa mission. La guerre d’Irak, selon le film, obéit à une logique strictement binaire. D’un côté, le bien qui accomplit toujours le bien au nom du meilleur. Et de l’autre, le mal, qui commet toujours le mal au nom du pire.
Si la mise en scène impressionne (Clint Eastwood, ce n’est pas un scoop, est un immense cinéaste) et si les acteurs méritent tous les éloges (Bradley Cooper, impeccable en soldat buté ; Sienna Miller, impeccable en héroïne paniquée), American Sniper ressemble à un "pur" film de propagande sur le fond. Un genre que l’on peut apprécier, mais avec modération.

American Sniper, de Clint Eastwood, avec Bradley Cooper, Sienna Miller… Sorti le 18 février.

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